PREFACE. V
d'architecture militaire, la tribune royale (II, i5i). Je ne parle pas du courtisan qui gratte à la porte royale (I, 3oi), comme dans le Remerciment au Roi, de Molière (vers 4o) : l'usage a passé, mais le mot n'a rien de vieux ni dans sa forme ni dans son acception.
D'autres termes établissent, dans les rangs, les conditions, les emplois, des distinctions que nous ne connaissons plus, comme celles que nous avons dans cette phrase : « Yeut-on.... qu'il fasse de son père un Noble honime^ et peut-être un Honorable homme, lui qui est Messirepyy (I, aSa.) Ailleurs il est question de la grande et de la petite robe (I, 277): du simple officier, membre d'une cour inférieure, qui se fait magistrat, c'est-à-dire arrive à une haute charge de judicature (I, 265) ; du président de t Election, du prévôt de la maréchaussée (II, 45o); de chefs de fruiterie dans le service du château (I, 3oo) ; du laquais, du laquais de grande taille, sous le nom à^estafîer (I, 348); nous trouvons appliqué à un duc et pair le titre de Fotre Grandeur (II, 10), que nous ne donnons aujourd'hui qu'aux évêques. Le masculin bailli est resté historiquement d'un fréquent usage, mais non le féminin baillive '^11, 4^0), désignant la femme du bailli.
Frappent aussi comme mots rares les termes de blason : pièce honorable, suppôts, cimier (II, i65), fasce (II, i34), métal, armes pleines, litres^ porter deux et une, etc. (I, 281); les dignités des chapitres de chanoines : le cheffecier, le maître du chœur, Vécolâtre (II, 175 et 176), le p7-é<>ôt de la collégiate (II, 45o); des pièces du vêtement ou de l'armure: fraise (II, 204), collet {ibidem et I, 161), petit collet (II, 49), canon (II, i5o), genouillère (II, i3o), hoqueton des archers (11,71), pourpoint à ailerons ti chausses à aiguillettes {\\, 146); dans le nombre il en est qui sont antiques tout autant pour notre auteur que pour nous, comme le ou la saye (II, i5o), le bas de saye (I, 378). Je ne relève pas « le bourgeois en baudrier » (I, 178) : là encore c'est la mode qui a passé, et non l'acception qui a vieilli. Le mot ruelle ne s'applique plus à rien d'actuel, mais il est très-familier aux lettrés par sa fréquente rencontre chez les écrivains. Celui de questionnaire (I, 180), ou bourreau donnant la question, n'a non plus d'emploi, grâce à Dieu, que pour le passé. C'est un progrès aussi, il me semble, que le maître n'ait plus à nommer mutinerie son insistance à « réduire >) un élève paresseux, fût-il prince (II, 5o4). Ont encore disparu, avec les périphrases qui les désignent, les faiseurs d'horoscope « qui tirent la figure » (II, 201), et les gens « qui connoissent le passé par le mouvement du sas » [ibidem). Enfin il faut une certaine érudition pour n'être pas arrêté par le vieux mot de coteaux (I, 346), employé aussi par Mme de Sévigné (tome II, p. 5 19), au sens de gourmets raffinés, formant comme un ordre, une secte de gastronomes.
Les termes de droit et de procédure ne manquent pas dans les Caractères^ mais je n'en remarque guère qui ne soient toujours usités