‹ Œuvres de La Bruyère (volume 2)Chapitre 110 sur 861 · PREFACE. XV · texte numérisé non relu

PREFACE. XV

che de nos études » (II, 494) '• q"i ^^^^ l'objet suivi, constitue le cours régulier de nos études, des études dont je m'occupe avec mon élève ; je ne sais si la Bruyère se serait exprimé ainsi ailleurs que dans le style rapide d'une lettre.

Masquer, au sens neutre : a Jouez-vous? masfjiicz~yo\is7 II faut répondre » (II, lao); « Ménophilc.... masque toxite l'année, quoique à visage découvert » (I, 3i6).

« Une âme vile et mécanique » (II, 85). L'Académie, dans ses deux premières éditions (1694, 1718), donne au mot, comme opposé à libéral, le sens de « sordide et mesquin » ; dans les deux suivantes (1740, 1762), celui d' « ignoble et bas » -, dans la 5"^ (1798), celui à' ignoble seulement; et elle ne conserve aucun de ces sens dans sa dernière (i835). La suite de la phrase de la Bruyère explique la double épithète : vile et mécanique^ par « à qui ni ce qui est beau ni ce qui est esprit ne sauroient s'appliquer sérieusement ».

« La vie de la cour est un jeu sérieux, mélancolique, qui applique » (I, 025) : l'épithète mélancolique rend ici l'idée de tristesse, avec une nuance amoindrissante, qui s'applique bien à ce mélange dont parle Bossuet lorsqu'il dit ' qu'on trouve à la cour, quand on enfonce, « un sérieux aussi triste qu'il est vain. »

Montre, fréquent encore dans la locution « faire montre de », mais ne se prêtant plus guère, au même sens, à être employé seul, comme ici : « Le nom de ce panégyriste semble gémir sous le poids des titres dont il

est accablé Quand, sur une si belle montre, l'on a seulement essayé du

personnage, etc. » (II, 228). — Comparez I, 260 : « Le marchand fait des montres ».

Monument, dans son sens primitif, latin, de marque, marque publique, que l'Académie lui reconnaissait dans sa première édition (1694), mais ne lui reconnaît plus maintenant : « Il les dépose (les cheveux de son fils) dans le temple comme un monument d'un vœu solennel qu'il a accompli » (I, 78).

Moral, au sens où nous dirions de morale, traitant des mœurs : « Un ouvrage moral » (I, 114) ; « Un auteur moral » (II, J^So); dans une acception analogue : « Corneille est plus moral. Racine plus naturel » (I, 142): il appelle Corneille moral, parce qu'on trouve, dit-il, dans ses pièces « des maximes, des règles, des préceptes ».

Nu, c'est-à-dire n'ayant pas fait toilette : « L'homme de lettres est trivial...; il est vu de tous, et à toute heure, et en tous états, à table, au lit, nu, habillé » (I, 249); comparez la phrase de Saint-Simon citée au Lexique : « tout nu en robe de chambre ».

Obligeamment, avec ménagement, avec indulgence : « Le faux dévot ou ne croit pas en Dieu, ou se moque de Dieu; parlons de lui obligeamment : il ne croit pas en Dieu » (II, 247 et 248).

Opiniâtre , où nous disons plutôt opiniâtre : « Des haines longues et opiniàtrées » (II, 5o).

Oraison, discours oratoire : « Les caractères.... sont inévitables dans Yoraison » (II, 4-^7) ; par extension, la langue où le discours est écrit : a Vous avez des écrivains habiles en l'une et en l'autre oraison » (II, 465) : c'est-à-dire en français et en latin. On lit dans le premier chapitre du de Officiis de Cicéron : utriusque orationis, par quoi plus d'un interprète a entendu : « du latin et du grec ».

Ordre, rang assigné par la naissance, la condition : « Il semble que le mariage met tout le monde dans son ordre » (I, iSg). — Rang dans l'affection et droits limités que donne la nature des relations: « Glycère.... res-

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