‹ Œuvres de La Bruyère (volume 2)Chapitre 127 sur 861 · Pronoms personnels · texte numérisé non relu

Pronoms personnels

Voyez,, au Lexique, Je, Tu, II, Se, Soi.

1° Emploi des cas indirects :

Ce m'est une chose toujours nouvelle de contempler avec quelle férocité les hommes traitent d'autres hommes. (II, 61.)

La neutralité entre des femmes qui nous sont également amies.... est un point difficile. (I, 188.)

Un fils qui lui vient de naître. (I, 73.)

S'il lui meurt un petit chien. (I, 74.)

Le mariage, qui devroit être à l'homme une source de tous les biens, lui est souvent, par la disposition de sa fortune, un lourd fardeau. (I, 265.)

[Il] est hors du péril.... de condamner une action dans un pareil cas, et dans toutes les circonstances où elle lui sera un jour inévitable. (II, 1 10.)

Il fait de fausses offres,... qui lui sont une occasion de faire des

demandes exorbitantes. (I, SyS.)

Ce ne seroit pas être en vain sur la terre, ni lui être lui fardeau inutile.

(Il, 249-)

Je crus qu'il ne seroit pas inutile de lui distinguer (au public) la

première augmentation par une autre (marque) plus simjjle. (I, iio.)

Un tissu d'énigmes leur seroit une lecture divertissante. (I, 124.)

Un homme de talent..., s'il est.... d'un bon commerce, il /ewr est

(aux jeunes gens) luie leçon utile. (II, 94 ; voyez ibidem, l. 4.)

Ce leur est assez. (II, i53.)

2" II, le, au sens neutre :

Goûtez bien cela • // est de Léandre, et il ne me coûte qu'un grand merci. (I, 194.)

Ce qui se lit entre les deux étoiles n'est pas dans le grec, où le sens est interrompu, mais il est suppléé par quelques interprètes. (I, 69, note 6.)

INTRODUCTION GRAMMATICALE. xli

Tous les temps ne sont qu'un instant, comparés à la tlurée de Dieu.... S'il est ainsi,... qu est-ce que le cours de la vie d'un homme? (II, 272.)

Parler sans cesse à un grand que Ton sert, en des lieux; et en des temps où il convient le moins. (I, 212.)

C'a été autrefois mon entêtement, comme // est le vôtre. (I, 242.)

Épouser une veuve, en bon francois, signiGe faire sa fortune; il n'opère pas toujours ce qu il signifie. (I, 266. )

Ce qu'il sait bien qu'il lui sera demandé, et qu'il ne veut pas octroyer.

« Diseurs de bons mots, mauvais caractère » : je le dirois, s il n avoit

été dit. (I, 33o.)

J'ai différé à le dii-e, et j'en ai souffert ; mais enfin // m'échappe. (I, 182.)

On ne saurolt en diminuer la réputation (la réputation de mes écrits) -, et si on le fait, qui m'empêchera de le mépriser? (II, 108.)

Le est pris de même au sens neutre quand il se rapporte à un adjectit ou à un particij)e, qu'ils soient ou non, employés substantivement :

Il est habillé des plus belles étoffes. — Le sont-elles moins toutes déployées dans les boutiques? (I, iSg.)

Les belles choses le sont moins hors de leur place. (II, 171.)

Cela ne s'appelle pas être grave, mais en jouer le personnage; celui qui songe à le devenir ne le sera jamais. (II, gl.)

Les fourbes croient aisément que les autres le sont. (II, 20.)

Une troupe d'excommuniés (les comédiens), qui ne le sont que par le plaisir qu'ils leur donnent (aux chrétiens). (II, 173.)

On pourrait encore expliquer le ])ronom par le neutre cela, dans l'exemple suivant, iiù il se rapporte à l'idée rendue par un nom pluriel :

Les enfants des héros sont plus proches de /'êtie (d'être héros) que les autres hommes. (II, 122.)

Ce Tryphon qui a tous les vices, je l'ai cru sobre, chaste... : je le croirois encore, s'il n'eût enfin fait sa fortune. (I, 262.)

11 faudrait dans ce dernier exemi)le deux le (ou plutôt le et tel) j)our marquer le double rapport à Trjplion et aux adjectifs sobre^ chaste.

"i" Rapport des pronoms de la V personne à des noms employés d'une manière indéterminée :

S'il (un homme d'esprit) a de la laideur, elle ne fait pas son imjjression. (Il, 94.)

La présomption est qu'il a do l'esprit, et s'il est vrai qu'il n'en manque pas, la j)résomption est qu'il /'a excellent. (II, ii3.)

Ce ne sont point.... des maximes que j'aie voulu écrire : elles sont comme des lois dans la morale, et j'avoue que je n'ai ni assez d'autorité ni assez de génie pour faire le législateur. (I, m.)

Ceux qui écrivent par humeur sont sujets à retoucher à leurs ouvrages : comme elle n'est pas toujours fixe..., ils se refroidissent bientôt pour les expressions et les termes qu'ils ont le plus aimés. (I, 118.)

Tout est tentation à qui la craint. (1, 180.)

L'un a raison et l'autre ne Ca pas. (I, 226.)

Si celui qui est en faveur ose s'en prévaloir avant qu'e/Ze lui échappe — (1,307.)

Si vous êtes si touchés de curiosité, exercez,-/a du moins en un sujet noble. (I, 317.)

Il n'y a personne au monde qui ne dût avoir une forte teinture de philosophie. Elle convient à tout le monde. (II, G3.)

Ils.... en dirent tant de mal (de cette harangue), et le persuadèrent si fortement à qui ne lavoit pas entendue (II, 442-)

XLii LEXIQUE DE LA BRUYERE.

Il a les yeux ouverts sur tout ce qui vaque, jjoste, abbaye, pour les demander. (I, 307.)

Il n'y a pas lieu de relever les exeiiij)les où le représente un nom précédé de l'indéfini un :

Un homme de la cour qui n'a pas un assez beau nom, doit l'ensevelir sous un meilleur -, mais s'il /'a tel qu'il ose le porter, il doit alors insinuer qu'il est de tous les noms le plus illustre. (I, 3o5.)

D'un vilain homme. — Ce caractère suppose toujours dans un homme une extrême malpropreté.... Vous le verrez quelquefois tout couvert de lèpre.... (I, 70.)

Dans la phrase suivante, il y a passage du sens généiMl au sens particulier :

On le voit tantôt, pour s'exercer au javelot, le lancer tout un jour con tre l'homme de bois, tantôt tirer de l'arc, etc. (I, 86.)

4° Rapport à des pronoms indéterminés :

Si quelqu'un se hasarde de lui emprunter quelques vases, il les lui refuse souvent. (I, 69.)

Chacun.... croit penser bien...; il en est moins favorable à celui qui pense.... aussi bien que lui. (II, a34.)

5° Nous, vous, se rapportant à on, ou pris au même sens indéterminé que ce ])ronom :

L'on aime à être ^ti, à être montré, à être salué, même des inconnus : ils sont fiers s'ils l'oublient; l'on veut qu'ils nous devinent. (II, 36.)

Le poëme tragique vous serre le cœur dès son commencement, vous laisse à peine dans tout son progrès la liberté de respirer et le temps de vous remettre, ou s'il vous donne quelque relâche, c'est pour vous replonger dans de nouveaux abîmes et dans de nouvelles alarmes. (I, i38.)

Les cxeiii}>Ies suivants nous montrent un emploi analogue des possessifs, soit adje- -• tifs soit j)rononis :

Le meilleur de tous les biens, s'il y a des biens, c'est le repos, la retraite, et un endroit qui soit son domaine. (I, 326.)

Vivre avec ses ennemis comme s'ils dévoient un jour être nos amis, et vivre avec nos amis comme s'ils pou voient devenir nos ennemis. (I, ao8.)

Il semble qu'aux âmes bien nées les fêtes, les spectacles.... rapprochent et font mieux sentir l'infortune de nos proches ou de nos amis. (II, 38.)

L'on ne trouve rien de bien dit ou de bien fait que ce qui part des siens. (I, 276.)

Si, content du sien, on eut pu s'abstenir du bien de ses voisins, onavoit poiu" toujours la paix et la liberté. (I, 368.)

6° Omission du pronom :

Comme les hommes ne se de'goiîtent point du vice, il ne faut pas aussi se lasser de leur reprocher. (I, io5.)

De le leur reprocher dans les éditions de Coste et dans plusieurs éditions modernes. Ils ont plus d'esprit que ne porte leur condition. (I, 349-)

7" Pronom surabondant. Voyez ci-après, p. lx, Pléonasme, i".

8° En, y. Voyez au Lexique.

9" Construction des pronoms personnels. Voyez ci-après, p.LXiv, 2".

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