LIT LEXIQUE DE LA BRUYÈRE
Leur roi,... à qui ils semblent avoir tout l'esprit et tout le cœur appliqué. (I. 828 et note 4.)
On croit être responsable à soi-mi'me de son élévation et de sa fortune : celui qui ne l'a point faite à la cour est censé ne l'avoir pas dû faire, on n'en appelle pas. (I, 3o6.)
De si grands travaux et de si heureuses missions ne seroient pas à leur s^ré payées d'une abbaye. (II, 229.)
Leur son de voix et leur démarche sont empruntées. (I, 171 et note i.)
Il y a de petites règles, des devoirs, des bienséances attachées aux lieux, aux temps, aux personnes. (II, gS et note i.)
Chacun.... admire un certain poëme ou une certaine musique, et siffle toute autre. (I, i36.) — Dans les éditions antérieures à la 8* : tout autre.
Tel est ouvertement injuste..., qui cache son amour ou son ambition, sans autre \ue que de la cacher. (I, 2i3.)
L'on n'exige pas des âmes malignes qu'elles aient de la douceur et de la souplesse ; elle ne leur manque jamais, et elle leur sert de piège pour surprendre les simples. (II, 16.)
.... Persuadés que les hommes n'ont point d'usages ni de coutumes qui soient de tous les siècles, qu'e//ej changent avec les temps, etc. (I, 24.)
C'est un noir attentat, c'est une sale et odieuse entreprise, que celte que le succès ne sauroit justifier. (II, ia3.)
Accords divers avec gens dans une même phrase j selon la place :
Etre en liaison avec de certaines gens contre certains autres. (II, 102.)
Neutre après deux noms de genres différents :
D'où vient cette contrariété? Est-ce du caractère de ces personnes, ou de l'incertitude de nos jugements, ou même de tous les deux? (II, ii4-)
Voyez ci-dessus, j). xxxvir et xxxvin, Adjectif pris substantivement au sens neutre.
Demi employé comme adjectif et prenant le genre du nom qui le suit :
Une demie lieue. (II, a6i et note 3.)
Pluriel remarquable avec son :
Les esprits forts savent— ils qu'on les appelle ainsi par ironie? Quelle plus grande foiblesse que d'être incertains quel est le principe de son être? (II, 237-, voyez ci-après, p. lxii, le a** exemple de la sjllepse de nombre.)
Avec on^ la Bruyère semble avoir hésité pour l'accord entre le singulier et le pluriel : On les maltraite (les anciens), semblable à ces enfants drus et forts d'un bon lait qu'ils ont sucé, qui battent leur nourrice. (I, 117.)
Semblables dans les éditions 4-6; semblable dans les suivantes.
B. Accord du verbe :
a) Verbe au singulier, quoique se rapportant à plusieurs sujets ou à un pronom relatif qui les remplace :
L'ordre et la structure cfiange. (II, 147.) — Editions 7 et 8 : changent. Le bien et le mal est en ses mains. (I, 38y.) Le blanc et le rouge les renJ affreuses (les femmes). (I, 172.) L'expt'rience confirme que la mollesse ou l'indulgence pour soi et la dureté pour les autres nest qu'un seul et même vice. (I, 207.)
Le dédain et le rengorgement dans la société attire précisément le contraire de ce que l'on cherche, si c'est à se faire estimer. (I, 235.) Les fonds ou l'argent des ])articuliers y coule sans fin. (II, 182.) Notre vanité et la trop grande estime que nous avons de nous-mêmes nous fait soupçonner dans les autres une fierté à notre égard qui y est quelquefois, et qui souvent n'y est pas. (II, 35.)
Un peu d'esprit et beaucoup de temps à perdre lui suffit. (I, i85.)
INTRODUCTION GRAMMATICALE. lv
Nous ne pourrions pas marquer un plus grand ctonnement que celui que nous donne la justesse de leurs réponses, et le bon sens qui paroît quelquefois dans leurs discours. (Il, 88.)
Renoncer à toute hauteur et à toute fierté, qui convient si peu aux foibles hommes. (II, 63.)
C'est une chose monstrueuse que le goût et la facilité qui est en nous de railler. (II, 38.)
b) Accords diversement remarquables :
Verbes ayant des sujets séparés par ou :
Le paysan ou l'ivrogne fournit quelques scènes à un farceur. (I, i38.) Le dégoût ou l'antipathie.... ne sauraient nuire. (II, i45.) Il n'y a guère qu'une naissance honnête, ou qu'une bonne éducation,
qui rendent les hommes capables de secret. (I, 244-)
Dans les deux derniers exemples, les verbes sont au singulier : l'un, saurait, dans
les 6', 7' et 8° éditions; l'autre, rende, dans les huit premières.
Verbes ayant pour sujets des pronoms démonstJ-atifs ou relatifs :
C'éloit les cuisses et les intestins. (I, 76, note 3.)
Cet exemple nous offre l'emploi, très-fréquent, du verbe au singulier entre ce et un sujet j)luriel. Dans les deux suivants, nous avons des singuliers, assez, ordinaii'cs aussi autrefois, après le partitif «« suivi d'un complément pluriel régi par de et d'un relatif:
L'une des meilleures critiques qui ait été faite sur aucun sujet est celle duCid. (I, 125.)
L'un des plus gi'ands magistrats que Ja France ait nourri depuis ses commencements. (II, 467 et note i.)
Voici encore quelques accords à remarquer, de verbes construits avec ce ou avec qui. Dans les deux derniers, on peut regarder le qui comu«e ayant la valeur neutre du latin quod :
Les coureurs n'ont jdu discerner si ce qu'ils ont découvert à la campagne sont amis ou ennemis. (I, 82.)
Sa terre, ou ce qu'il possède feront envie. (I, 255.)
Une âme vile et mécanique, à qui ni ce qui est beau ni ce qui est esprit ne jrtM/-o/c«/ s'appliquer sérieusement. (II, 85.)
La vie des héros a enrichi l'histoire, et l'iiistoire a embelli les actions des héros : ainsi je ne sais qui sont plus redevables, ou ceux qui ont écrit l'histoire à ceux qui leur en ont fourni une si noble matière, ou ces grands hommes à leurs historiens. (I, 116.)
Petits hommes..., qui vous donnez sans pudeur de la hautesse et de l'éminence, qui est tout ce que l'on pourroit accorder à ces montagnes....
Cliton n'a jamais eu en toute sa vie que deux affaires, qui est de dîner le matin et de souper le soir. (Il, 56.)
Voyez ci-dessus, p. xlviii, l'exemple d'un verbe pluriel avec deux infinitifs sujets.