‹ Œuvres de La Bruyère (volume 2)Chapitre 391 sur 861 · EMPRUNTER DE · texte numérisé non relu

EMPRUNTER DE

Ils veulent qu'on leur explique les vices extrêmes par le défaut ou

par l'excès entre lesquels chaque vertu se trouve placée, et duquel de ces deux extrêmes elle emprunte davantage. (1, 11.)

S'il est capitaine de galère, il se contente de coucher indifféremment avec les autres sur de la natte qu'il emprunte de son pilote. (I, 76.)

y ai emprunté de lui (du public) la matière de cet ouvrage. (I, io5.)

Il emprunte de l'argent de ses collègues. (I, 58.)

ÉMULATION (voyez II, 40, l. i et 2) :

On n'écoute plus sérieusement la parole sainte : c'est une sorte d'amusement...; c'est un jeu où il y a de V émulation et des parieurs. (II, 220.)

Athènes étoit libre;... ses citoyens étoient égaux ;... re/n;//a?(o« d'une cour ne les faisoit point sortir d'une vie commune. (I, 26.)

Carro Carri débarque avec une recette '[J émulation de cet homme a

peuplé le monde de noms en O et en I. (II, 199 ; voyez I, 34, l. ii.)

U'émulation de ne se point rendre aux offices divins ne sauroit être plus vive ni plus ardente. (II, 177.)

i" EN, pre'position :

Ils haïssent autant à les voir avec de la céruse sur le visage, qu'avec de fausses dents en la bouche. (I, 172.)

Le berger..., la houlette d'or en ses mains. (I, 386.)

N'ayant point à cette heure de passion en la tête plus violente que celle de vous contenter. (II, 490-)

Ce qu'il a fait en une affaire où il a su que vous preniez intérêt. (I, 35 1.)

Cliton n'a jamais eu en toute sa vie que deux affaires, qui est de dîner le matin et de souper le soir. (Il, 56.)

En pleine paix et dans une tranquillité publique,... des citoyens entroient dans les temples.... avec des armes offensives. (I, 24.)

D'où vient que l'on rit si librement au théâtre, et que l'on a honte d'y pleurer?... Est-ce une peine que l'on sent à laisser voir que l'on est tendre, et à marquer quelque foiblesse, surtout en un sxijet faux? (I, 137.)

Voyez I, 3o3, l. lo; II, 62, l. i4; H, 78, /. 10; II, 266, /. 7 ; etc.

En, marquant des rapports que l'usage actuel remplace d'ordinaire par ceux qu'expriment «, cJiez^ de^ /^^''> sur :

Irène se transporte à grands frais en Epidaure. (II, 23.)

Il le prie de se mettre en sa place. (I, 357; voyez II, i85, /. i; II, a65, /. 20.)

Ils se persuadent d'être quittes par là en leur endroit de tous les devoirs de l'amitié. (I, Sog.)

Les charlatans en qui il se confie. (II, 96.)

La stupidité est en nous une pesanteur d'esprit qui accompagne nos actions et nos discours. (I, 62; voyez I, 128, /. 10.)

Des négligences qu'on ne peut comprendre en lui si grand homme.

(I, 140; voyez I, 3oo, /. 14, etc.)

Un auteur prouve que les anciens nous sont inférieurs en deux

manières, par raison et par e\emj)le. (I, 117.)

Un homme d'esprit.... sauroit se tourner et se plier en mille manières agréables. (I, 348; voyez I, 29, /. i5; II, 62, /. i3.)

Il consume son bien ew des aumônes, et son corps par la pénitence. (II, 90.)

S'ils se promènent par la ville et qu'ils rencontrent en leur chemin des philosophes, des sophistes, des escrimeurs.... (I, 45.)

Si vous êtes si touchés de curiosité, exercez-la du moins en un sujet noble. (I, 317.)

En, emplois divers :

Il défait le magistrat, même en cravate et en habit gris, ainsi que le bourgeois e« baudrier. (I, 177 et 178; voyez I, 177, note 2.)

Un pasteur en linge fin et en point de Venise. (II, 173.)

Il y a un tel livre qui court, et qui est imprimé chez Cramoisy en tel caractère, il est bien relié et en beau papier, il se vend tant. (I, 126.)

Si vous entrez dans les cuisines, où l'on voit réduit en art et en méthode le secret de flattter votre goût, etc. (I, 253.)

Toucherai-je aussi votre dernier choix (Fénelon)? Quelle grande acquisition avez-vous faite en cet homme illustre ! (Il, 4^3.)

Il y a quarante ans que je n'étois point, et qu'il n'étoit pas eji moi de pouvoir jamais être. (II, 252.)

On ne voit point mieux le ridicule de la vanité.... quV/? ce qu'elle n'ose se montrer. (II, 3i.)

Il s'ouvre et parle le premier, pour en découvrant les oppositions.... prendre ses mesures. (I, 374.)

Un homme.... que j'ai vu en quelque part. (I, 2i5, variante.^

En, suivi de noms communs sans article :

Qui mettra des vaisseaux en mer? (II, 27$.)

Tomber de Saturne en terre. (II, 262.)

Cet homme, propre à être montré en chambre pour de l'argent. (II, i44-)

Un homme en place doit aimer son prince, etc. (I, 35o.)

L'on court les malheureux pour les envisager-, l'on se range en haie, ou l'on se place aux fenêtres pour obsei'ver, etc. (I, 317.)

S'il les trouve avec vous en conversation, il vous coupe. (I, 358.)

Il entre en verve, mais il en sort. (II, 66.)

Quand le peuple est en mouvement, on ne comprend pas par où le calme peut y rentrer. (I, 365.)

Vous me peignez un fat, qui met l'esprit en roture. (II, 85.)

Orante plaide depuis dix ans entiers en règlement de juges. (II, i83.)

Se trouve-t-il en campagne (à la campagne), il dit à quelqu'un qu'il le trouve heureux d'avoir pu se dérober à la cour. (II, 11.)

Un pasteur frais et en parfaite santé. (II, 173.)

Ne dites-vous pas en commun proverbe : a des loups ravissants, des lions furieux »? (II, T28.)

2° EN, pronom (voyez T) :

a) En, de lui, d'elle, d'eux, d'elles, de nous, de vous, se rappoi'tant à un nom ou à un pronom pre'cédent :

Nous sommes.... fort avant dans la vie de François I*"".... J'apporte tout le soin dont je suis capable pour Ven rendre instruit. (II, 5o6.)

C'est par foiblesse que l'on hait un ennemi, et que l'on songe à s'e/i venger. (I, 211.)

Le capital pour une femme n'est pas d'avoir un directeur, mais de vivre si uniment qu'elle s'ew puisse passer. (I, 181.)

Un être souverainement parfait, qui est Dieu, et une religion qui le

lui indique (à l'âme) et qvil lui en est une caution sûre. (Il, 238.)

Il seroit bien dur qu'un grand chanoine fût sujet au chœur, pendant que le trésorier et le grand vicaire s'e« croient exempts. (II, 176.)

Quand le peuple est en mouvement, on ne comprend pas par où le calme peut y rentrer; et quand il est paisible, on ne voit pas par où le calme peut en sortir. (I, 365.)

L'Académie françoise.... n'a jamais.... rassemblé un si grand nombre

EN] DE LA BRUYÈRE. lal

de personoages illusties.... qu'il est" facile aujourd'hui d'y en remarquer. (II, 440.)

Supposons une meule de moulin qui tombe du soleil sur la terre;... supposons.... qu'elle conserve toujours cette même vitesse, sans en acquérir et sans en perdre. (II, -261.)

L'esprit de la conversation consiste bien moins à en montrer beaucoup qu'à en faire trouver aux autres. (I, aaS.)

II est appliqué et.... j'e« suis content. (II, 495.)

Il vieillit sans déchoir de son autorité;... les enfants, les héritiers, la bru, la nièce, les domestiques, tout en dépend. (I, i85.)

Un bon plaisant est une pièce rare ; à un homme qui est né tel, il est encore fort délicat d'e« soutenir longtemps le personnage. (I, 21 5.)

Une femme qui n'a jamais les yeux que sur une même personne, ou qui les en détourne toujours, fait penser d'elle la même chose. (I, 190.)

Je ne haïrois pas d'être livré par la confiance à une personne raisonnable, et à' en être gouverné en toutes choses. (I, 212.)

Les femmes se préparent pour leurs amants, si elles les attendent; mais si elles en sont surprises, elles oublient à leur arrivée l'état où elles se trouvent. (I, lyS.)

Il (le plénipotentiaire) ose promettre à l'assemblée qu'il fera goûter

la proposition (à sa cour), et qvi'il n'en sera pas désavoué. (I, Sjô.)

Les hommes sont-ils assez équitables pour.... ne nous pas faire désirer.... que Dieu existât, à qui nous pussions..., avoir recours quand nous en sommes persécutés ou trahis ? (II, 243.)

Tel a assez d'esprit pour exceller dans une certaine matière et en faire des leçons (II, io5.)

Le philosophe consume sa vie à observer les hommes, et il use ses esprits à en démêler les vices et le ridicule. (I, 127.)

Combien d'hommes sont morts sans qu'on en ait parlé! (I, i5i.)

Il faut des fripons à la cour...; mais l'usage en est délicat, et il faut savoir les mettre en œuvre. (I, 3 18.)

Il est souvent plus utile de quitter les grands que de s'en plaindre. (I, 340.)

Il (Racine) ne l'en dépossède pas (ne dépossède pas Corneille du théâtre), il est vrai ; mais il s'y établit avec lui : le monde s'accoutume à en voir faire la comparaison. (II, 462.)

Cent autres formules de pareils compliments sont-elles si rares.... que je n'eusse pu les trouver,... et en mériter des applaudissements? (II, 44o-)

Il emploie les paroles les plus flatteuses pour adoucir ceux qui se plaignent de lui, et qui sont aigris par les injures qu'ils en ont reçues. (I, 35.)

Il est vieux et usé dit un grand ; il s'est crevé à me suivre : quVw faire? (I, 340.)

Une affaire de rien, et qui ne mérite pas qu'on s'en remue. (I, 322.)

On ne se parle à l'oreille que pour dire du mal de nous,... l'on ne rit que pour s'en moquer. (II, 3fi.)

Ils se fâchent contre vous et s'en dégoiitent. (I, 3ii.)

Voyez, I, 302, /. I et 2; I, 3iO, l. avant-dernière et dernière; I, 320, /. 16; I, 323, l. 18; I, 341, /. 7 et 19; 1, 343, /. q; I, 349, /. 2 et 20 ; 1, 35o, l. 5 et 8; I, 352 l- 16; II, 46, /. 3; II, 114, l. i5 et i(j; ÎI, I 19, l. I; II, 125, /. (Htint-dernière; II, l33, /. 21; H, 198, l. i; II, 202, l. 5; II, 226, /. 22; II, 274, L 25 et 26; II, 45?, «. l3; II, 466, /. dernière; II, 5ll, /. 10.

b) Enj tenant la place d'un nom indéterminé qui précède : Us n'ont point d'opinion qui soit à eux..., ils en empruntent à mesure qu'ils en ont besoin. (I, SSg.)

Si celui qui est en faveur ose s'en prévaloir.... (I, 807.)

r'i4 LEXIQUE DE LA LANGUE [EN

Les petites règles qu'il s'est prescrites..., il ne les romproit pas

pour une maîtresse, si le régime lui avoit permis d'en retenir. (II, 54.)

Ils se feroient alors une plus grande affaire de leur établissement qu'ils ne s'en font dans l'état où sont les choses. (II, aS.)

Les enfants ne veulent point souffrir de mal, et aiment à en faire.

Pensant mal de tout le monde, il n'e« dit de personne. (I, SaS.) C'est-k-dire « ne dit de mal ». L'auteur emploie ici en comme si mal, qui a\ec pensant paraît avoir un sens adverbial, était pour du mal.

c) En, se rapportant à un infinitif ou à toute une proposition, et parfois, plus ou moins hardiment, à l'idée plutôt qu'aux mots :

Clirysante.... ne veut pas être vu avec Eugène... : il croiroit en être déshonoré. (I, 262.)

Un pasteur a sa place dans l'œuvre Le Récollet quitte sa cellule

pour venir le prêcher, lui et ses ouailles, et c» recevoir le salaire. (II, iy4-)

Cela ne s'appelle pas être grave, mais en jouer le personnage. (II, gS.)

C'est un homme né pour aller plus loin que sa commission et en être

désavoué. (I, 166.)

Drance veut passer pour gouverner son maître, qui nen croit rien, non plus que le public. (I, 212.)

Où ils voient l'agréable, ils en excluent le solide; où ils croient découvrir les grâces du corps..., ils ne veulent plus y admettre les dons de l'âme. (I, 164.)

Où la religion a échoué quand elle a voulu l'entreprendre, l'intérêt s'en joue, et le fait sans peine. (I, Say.)

Il demande à boire, on lui en apporte. (II, 10.)

Après avoir sujjputé les sommes particulières qu'il a données à chacun d'eux, il se trouve qu'il en résidte le double de ce qu'il pensoit. (I, 79.)

L'on blâme les gens qui font une grande fortune pendant qu'ils en ont les occasions. (I, 807.)

Les princes, loués sans fin et sans relâche des grands ou des courtisans, en seroient plus vains s'ils estimoicnt davantage ceux qui les louent. (I, 343.)

Vous voilà munis d'instruments commodes, qui vous servent à vous faire réciproquement de larges plaies d'où peut couler votre sang jusqu'à la dernière goutte, sans que vous puissiez craindre d'en échapper. (Il, i3o.)

d) En, par là, pour cela, par suite :

Ce n'est pas qu'il faut quelquefois pardonner à celui qui, avec un grand cortège..., s'en croit plus de naissance et plus d'esprit. (I, 160.)

Elle l'en estime davantage, elle l'e/z aime mieux. (I, 292; voy. 1, 160, /. 12.)

Chacun croit penser bien... ; il en est moins favorable à celui qui

pense aussi bien que lui. (II, 234.)

e) En, joint à des verbes avec lesquels il forme des sortes de composés :

Des fables, nous en sommes au huitième livi-e. (II, 478.)

Un homme d'esprit.... jDcut tomber dans quelque piège.... Il n'y a qu'à

perdre pour ceux qui en viendroient à une seconde charge : il n'est

trompé qu'une fois. (I, i65.)

Vous le verrez quelquefois tout couvert de lèpre ne pas laisser de se

mêler parmi le monde, et croire en être quitte pour dire que c'est une

maladie de famille. (I, 70.)

Il faudra..., s'ils eu sont crus, revenir a« Pédagogue chrétien. (II, 444-) Si tu es un habile homme, tu as tort de ne pas parler : mais s'il n'est

pas ainsi, tu en sais beaucoup. (I, 20.)

END] DE LA BRUYÈRE. laS

f) En formant un pléonasme, soit correct, soit fautif :

Celui dont il lui echapperoit de dire ce qu'il en pense, est celui-là même qui venant à le savoir rempêcheroit de cheminer. (I, SaS.)

De maximes, ils ne %en chargent pas -, de principes, encore moins. (I, SSg.)

De ces divers traits qui pouvoient convenir à une même personne, j'e« ai fait des peintures vraisemblables. (II, ^So\ voyez ci-dessus, <■), i<=rex.)

[Les] autres études dont Votre Altesse m'a chargé et dont j'espère lui en rendre compte à l'ordinaire. (II, 5o6.) — Évidente inadvertance,

g) En, omis où nous le mettrions aujourd'hui :

Tous les temps ne sont qu'un instant, comparés à la durée de Dieu..., S^il est a'ins'i^... qu'est-ce que le cours de la vie d'un homme? (II, 272; voyez I, 20, /. avant-dernière.)

Tous d'une commune voix vous nommèrent, et il n'y eut pas un seul qui vous refusât ses suffrages. (I, 36 et 87, variante.)

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