Voyez ci- après, p. 69, note G
3. ôsocppaaTO'j yapa/.T^psç , cum interpretatione latinaj Basiieae, in officina And. Crcitandri , i63i. Ange Politien était l'auteur de la traduction, comme le dit le titre de l'édition de Paris, de i583.
4. La traduction de Furlanus fait partie de l'ouvrage qui a pour titre : Theophra:;ti Eresii..,. plcraque antehac latine nunqnam, nunc
sente pas la nécessité de recourir à l'une des traductions qu'il a près de lui, soit qu'il n'admette aucun des sens qu'elles contiennent, il lui arriye de traduire comme aucun interprète, autant du moins que nous avons pu nous en assurer *, ne l'a fait avant lui^.
Si, comme l'avait prévu la Bruyère, sa traduction fut peu lue des gens du monde, elle eut du moins pour elle l'approbation des savants : « La traduction des Caractères de Théophraste, a dit Ménage, est bien belle et bien francoise, et montre que son auteur entend parfaitement le grec. Je puis dire que j'y ai vu bien des choses que peut-être faute d'attention je n'avois pas vues dans le grec ^. » Et ne croyez pas qu'il y ait là un trait de malice. Nous sommes convaincu que Ménage parle sérieusement et ne veut point faire d'allusion aux infidélités que peut contenir la version de la Bruyère. Personne, au dixseptième siècle, n'eût eu la pensée de les lui reprocher ; car elles sont loin d'excéder cette honnête liberté que l'on considérait alors comme un des droits du traducteur*. Le savant Huet, qui avait publié un excellent traité sur la manière de traduire les anciens^, et Boileau lui-même, le rigoureux adversaire des mauvais interprètes, jugeaient, nous n'en doutons pas, le travail de la Bruyère comme l'avait fait Ménage.
Les traducteurs modernes, n'y trouvant pas la précision à laquelle nous sommes habitués, ont été beaucoup plus sévères •*, Mais combien la traduction de la Bruyère, déjà mille fois préférable à la version de Bénévent, est encore supérieure à la
grœce et latine simul édita , interpretibus Daniele Furlano Cretensiy yidriano Turnebo. Hanovise, i6o5.
1. Quelques-unes des traductions latines publiées à l'étranger ont échappé à nos recherches; mais il est peu vraisemblable que la Bruyère les ait consultées.