‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 105 sur 373 · Voyez p · texte numérisé non relu

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érudition dans les endroits clairs et qui ne font de peine ni à eux ni aux autres.... »

Ces recommandations, où l'auteur, j'en conviens, se montre ingrat envers Casaubon, et que sans aucun doute il eût dû suivre lui-même plus strictement, sont en tous points excellentes. Bien que ce ne soit pas aux traducteurs que la Bruyère les adresse , elles contiennent les conseils qu'il leur eût certainement donnés , s'il se fût proposé de tracer des règles à leur usage ; les traductions qu'il estime sont celles de M. et de Mme Dacier, et non celles de Perrot d'Ablancourt. Que l'on se reporte à l'épître dédicatoire des Dialogues de Lucien, traduits par d'Ablancourt ; on y verra comment le trop élégant interprète considérait que l'infidélité , et l'infidélité poussée bien au delà de l'honnête liberté dont a parlé Boileau, est le premier devoir des traducteurs * : c'est l'honneur de la Bruyère que nous puissions opposer à cette profession de foi les lignes que nous venons de citer, ainsi que la protestation que renferme le Discours sur Théophraste contre le dédain du dixseptième siècle pour les livres et les mœurs de l'antiquité.

1. La première édition du Lucien de d'Ablancourt avait paru en i654 ; une nouvelle fut publiée en 1687-1688, dans le temps même où la Bruyère donnait la première des Caractères. Le passage de la Bruyère que nous avons reproduit a été imprimé en 1691.

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