‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 115 sur 373 · Var. (édit. 1-6): par le caractère seul · texte numérisé non relu

Var. (édit. 1-6): par le caractère seul

32 DISCOURS SUR THEOPHRASTE.

struction sur les mœurs des hommes, et qu'il vise moins à les rendre savants qu'à les rendre sages, Ton s'est trouvé exempt de le charger de longues et curieuses observations , ou de doctes commentaires qui rendissent un compte exact de Fantiquité. L'on s'est contenté de mettre de petites notes à côté de certains endroits que l'on a cru les mériter*, afin que nuls de ceux qui ont de la justesse , de la vivacité, et à qui il ne manque que d'avoir lu beaucoup , ne se reprochent pas même ce petit défaut , ne puissent être arrêtés dans la lecture des Caractères et douter un moment du sens de Théophraste.

I. Dans la 9^ édition : a le mériter. » — A côté de certains endroits : l'expression est d'une exactitude rigoureuse; suivant un usage de typographie qui est tombé en désuétude, les notes de la Bruyère , dans les éditions du dix-septième siècle, sont presque toujours placées en marge à côté du passage auquel elles s'appliquent.

DE THÉOPHRASTE

TRADUITS DU GREC

J'ai admire souvent^ et f avoue que je ne puis encore comprendre^ quelque sérieuse réflexion que je fasse ^ pourquoi toute la Grèce étant placée sous un même ciel ^ et les Grecs nourris et élevés de la même manière^ ^ il se trouve néanmoins si peu de ressemblance dans leurs moeurs. Puis donc^ mon cher Polyclès^^ qu à l^dge de quatre-vingt-dix-neuf ans ou je me trouve* ^ f ai assez vécu'* pour cormoitre les hommes; que j^ ai vu d^ ailleurs^ pendant le cours de ma vie, toutes sortes de personnes * et de divers tempéraments^ et que je me suis toujours attaché

1. Par rapport aux Barbares, dont les mœurs étoient très-différentes de celles des Grecs. {Note de la Brujère.)

2. La Bruyère écrit Policles. — Un Polyclès, lieutenant d'Antipater, fut tué dans une bataille contre les Etoliens la troisième année de la cxiv-e olympiade (voyez Diodore de Sicile, livre XVllI, chapitre xxxviii) : Coray conjecture que c'est à ce personnage que s'adresse Théophraste, qui était l'ami d'Antipater, ou du moins, comme nous l'apprend Diogène de Laërce, celui de Cassandre, son fils. II est encore question dans Diodore (livre XXXIX, chapitre xi) d'un autre Polyclès, également du parti de Cassandre, qui accompagnait Eurydice lorsqu'elle fut prise à Amphipolis, la quatrième année de la cw^ olympiade. — Ces chiffres de cxive et cxv* olympiade ne pourraient-ils pas nous expliquer la date approximative qi>e la Bruyère assigne à la composition des Caractères de Théophraste? Voyez ci-dessus, p. 26, note 1 .

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