‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 171 sur 373 · Voyez ci-après, p. 108- m · texte numérisé non relu

Voyez ci-après, p. 108- m

2 . La 9e édition ne contient, en effet , rien d'inédit ; pendant qu'elle s imprimait, la Bruyère écrivait les Dialogues sur le quiétisme.

aussi par son ordre qu'eussent été faites celles de la cinquième édition et celles de la huitième : or nous avons écarté la conjecture de Walckenaer au sujet de la cinquième, et nous l'accepterons encore moins pour la huitième, à laquelle nous arrivons.

Dans la huitième édition, la dernière qui dût être augmentée , et que pour cette raison peut-être l'auteur nous présente résolument comme telle sur le titre et dans la préface, nous retrouvons l'avis que toutes différences entre les anciennes et les nouvelles remarques ont été supprimées. Quelques pages plus loin cependant, une marque particulière est placée à côté de la première des réflexions inédites que nous rencontrons, et cette marque, que l'on a « exigée » de l'auteur « pendant le cours de l'édition, » nous est-il dit% est reproduite en marge de toutes les additions nouvelles. Qui l'a exigée? La censure, ainsi que l'ont dit MM. Walckenaer, Destailleur, et autres éditeurs? ou bien le libraire? C'est encore Michallet, suivant nouSj qui contraignit la Bruyère à l'introduire pendant le cours de l'impression. Bien qu'il ait déclaré dans la préface qu'il ne signalerait plus les accroissements de son livre, la Bruyère cède, mais à la condition qu'une note annoncera qu'il y a été forcé : de là une phrase qui trahit quelque impatience, et qu'il n'eût certainement pas écrite, s'il eût obéi dans cette circonstance aux ordres d'une autorité administrative ou judiciaire. La censure en effet, de quelque nom qu'on l'appelle, n'a jamais souffert aisément qu'un auteur fit part au public de ses exigences.

Quelle défiance, au surplus, aurait pu inspirer à la censure cette huitième édition ? A la différence de toutes celles qui la séparaient de la première, elle paraissait avec un nouveau privilège, qui permettait la réimpression des Caractères et l'impression « des augmentations considérables faites par l'auteur : » or si la censure avait ressenti la moindre inquiétude en voyant s'augmenter encore les Caractères, elle en eût certainement demandé, obtenu et examiné la copie avant d'accorder le privilège. Puisqu'elle pouvait prendre par avance ses précautions contre l'auteur, elle n'avait aucun intérêt à exiger de lui,

Page 1