Var. (édit. 4) - que Capys est un froid auteur
6. Nom d'une famille célèbre dans l'histoire de la librairie. Le seul de ses membres qui fût imprimeur à cette époque se nommait André Cramoisy. Une de ses tantes, veuve de Sébastien Mabre Cramoisy , dirigeait aussi une imprimerie, mais c'était l'imprimerie du Roi.
7. Les livres, même dans leur nouveauté, ne s'achetaient presque jamais que reliés au dix-septième siècle. Voyez ci-dessus, p. 91.
8. Quelques éditeurs, en commentant cette boutade, ont confondu à tort les journalistes et les nouvellistes. C'est de ces derniers qu'il s'agit et non des rédacteurs du Mercure galant.
DES OUVRAGES DE L'ESPRIT. iri-j
Le nouvelliste se couche le soir tranquillement sur une nouvelle qui se corrompt la nuit, et qu'il est oblige d'abandonner le matin à son réveil, (éd. 4-)
Le philosophe consume sa vie à observer les hommes, 34. et il use ses esprits à en démêler les vices et le ridicule; s'il donne quelque tour à ses pensées, c'est moins par une vanité d'auteur, que pour mettre une vérité qu'il a trouvée dans tout le jour nécessaire pour faire l'impression qui doit servir à son dessein. Quelques lecteurs croient néanmoins* le payer avec usure, s'ils disent magistralement qu'ils ont lu son livre , et qu'il y a de l'esprit ; mais il leur renvoie tous leurs éloges , qu'il n'a pas cherchés^ par son travail et par ses veilles. Il porte plus haut ses projets et agit pour une fin plus relevée : il demande des hommes un plus grand et un plus rare succès que les louanges, et même que les récompenses, qui est de les rendre meilleurs, (éd. 4-)
Les sots lisent un livre, et ne l'entendent point; 35, les esprits médiocres croient l'entendre parfaitement; les grands esprits ne l'entendent quelquefois pas tout entier : ils trouvent obscur ce qui est obscur, comme ils trouvent clair ce qui est clair; les beaux esprits veulent trouver obscur ce qui ne l'est point , et ne pas entendre ce qui est fort inteUigible. (éd. 4-)
Un auteur cherche vainement à se faire admirer 36. par son ouvrage. Les sots admirent quelquefois, mais ce sont des sots. Les personnes d'esprit ont en eux les semences de toutes les vérités et de tous les senti-
1, Var. (éflit. 4) • Quelques lecteurs néanmoins croient,
2. Dans toutes les éditions du dix- septième siècle, le participe cherché est sans accord.
ments , rien ne leur est nouveau ; ils admirent peu , ils approuvent, (éd. 40
Sy. Je ne sais si l'on pourra jamais mettre dans des lettres plus d'esprit, plus de tour, plus d'agrément et plus de style que l'on en voit * dans celles de Balzac et de Voiture; elles sont vides^ de sentiments qui n'ont régné que depuis leur temps , et qui doivent aux femmes leur naissance. Ce sexe va plus loin que le nôtre dans ce genre d'écrire. Elles trouvent sous leur plume des tours et des expressions qui souvent en nous ne sont l'effet que d'un long travail et d'une pénible recherche ; elles sont heureuses dans le choix des termes, qu'elles placent si juste, que tout connus qu'ils sont% ils ont le charme de la nouveauté, et semblent être faits seulement pour l'usage où elles les mettent; il n'appartient qu'à elles de faire lire dans un seul mot tout un sentiment, et de rendre délicatement une pensée qui est délicate; elles ont un enchaînement^ de discours inimitable, qui se suit naturellement, et qui n'est lié que par le sens. Si les femmes étoient toujours correctes , j'oserois dire que les lettres de 'quelques-unes d'entre elles seroient peutêtre ce que nous avons dans notre langue de mieux écrit. (ÉD. 4.)
38. Il n'a manqué à Térence que d'être moins froid : quelle pureté, quelle exactitude, quelle politesse, quelle élégance, quels caractères ! Il n'a manqué à Molière que d'éviter le jargon et le barbarisme, et d'écrire* pure-