XXXVI NOTICE BIOGRAPHIQUE
raillé l'innocente manie, ou, pour parler comme lui, « la folie*. » La Bruyère ne connut pas l'e'pigramme de Boileau, composée en 1704, et quand Mlle Targas devint sa belle-sœur, l'amateur d'horloges était mort. S'il eût vécu plus longtemps, il aurait sans doute pris place dans les Caractères ^ soit parmi les curieux, soit à côté à'Hermippe^.
Suivant un méchant propos recueilli dans l'un des manuscrits de l'abbé Drouin^, Louis de la Bruyère aurait épousé « une bâtarde du premier président de Novion. w Est-ce bien d'Angélique Targas que l'on a voulu parler? Nulle part nous n'avons vu rapproché du nom de Novion celui de Targas ni celui de Colin, qui était le nom de famille de Mme Targas, belle-mère de Louis de la Bruyère. Ce que nous savons de celle-ci, c'est qu'elle n'a pas toujours été de mœurs irréprochables. Mariée à quatorze ans et sept mois*, elle demeura peut-être la très-fidèle épouse de Pierre Targas pendant les quatorze années que dura leur union ; mais, veuve en 1666, à trente-trois ans, et mère de cinq enftmts si elle n'en avait perdu, elle se remaria, un an ou deux plus tard, ob causas notas^ selon l'expression de Berriat-Saint-Prix : c'est donner à entendre que le fils qu'elle perdit en décembre 1669, et dont
T. C'est trente-huit ans après la mort de Pierre Targas que Boileau, conversant avec l'abbé de Châteauneuf, se souvint d'une plaisanterie qu'il avait faite jadis sur son parent, ses montres et ses pendules : son auditeur en sourit, et Boileau, pour ne la point perdre, la mit en vers et en fît l'épigramme contre Luhïn. Voyez l'épigramme xxxviii, au tome II de l'édition pre'citée, p. 47^5 et sur cette épigramme les lettres de Boileau à Brossette du i3 décembre 1704, et du 6 mars 1705, tome IV de la même édition, p. 4o4i 4o5 et 409.