Ce mot est écrit masson dans les dix premières éditions
4. Les éditions 1-6 donnent couvent; les suivantes portent convent. Cette dernière orthographe était la bonne suivant Vaugelas, bien que l'on dût prononcer couvent. On lit en effet convent dans la première édition du Dictionnaire de l'Académie francolse (1694).
5. (T Peu se servent aujourd'hui de ces mots bien facteur, bienf actrice, écrit l'auteur des Sentlmens critiques sur les Caractères (p. 174)' Ceux qui se piquent de bien parler prononcent bienfaiteur, et l'écrivent. » Quoi qu'en dise le critique de la Bruyère, le P. Bouhours, Patru , et d'autres qui se piquaient de bien parler , tenaient encore pour bien facteur et blenfactrîcc. Chacune des formes blenfacteur , bienfaicteur et bienfaiteur avait ses partisans.
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lisent des billets tendres, et où personne ne voit qu'elles ne prient point Dieu.
Qu est-ce qu'une femme que Ton dirige? Est-ce une ^6. femme plus complaisante pour son mari, plus douce pour ses domestiques, plus appliquée à sa famille et à ses affaires, plus ardente et plus sincère pour ses amis; qui soit moins esclave de son humeur, moins attachée à ses intérêts; qui aime moins les commodités de la vie; je ne dis pas qui fasse des largesses à ses enfants qui sont déjà riches*, mais qui opulente elle-même et accablée du superflu, leur fournisse le nécessaire, et leur rende au moins la justice qu'elle leur doit; qui soit plus exempte d'amour de soi-même et d'éloignement pour les autres; qui soit plus libre de tous attachements humains? « Non, dites-vous, ce n'est rien de toutes ces choses. » J'insiste, et je vous demande : « Qu'est-ce donc qu'une femme que l'on dirige? » Je vous entends, c'est une femme qui a un directeur, (éd. ^.)
Si le confesseur et le directeur ne conviennent point <>7. sur une règle de conduite, qui sera le tiers qu'une femme prendra pour sur-arbitre ?
Le capital pour une femme n'est pas d'avoir un direc- 38. teur, mais de vivre si uniment qu'elle s'en puisse passer.
Si une femme pouvoit dire à son confesseur, avec ses 39» autres foiblesses, celles ^ qu'elle a pour son directeur, et le temps qu'elle perd dans son entretien, peut-être lui seroit-il donné pour pénitence d'y renoncer.
Je voudrois qu'il me fût permis de crier de toute ma 4o#
I. Var. (édit. 7) : qui seroient déjà riches. 1. Var. (édit. 1-4) : celle.
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force à ces hommes saints qui ont été autrefois blessés des femmes : « Fuyez les femmes, ne les dirigez point, laissez à d'autres le soin de leur salut. » (éd. 5.)
4i. C'est trop contre un mari d'être coquette et dévote; une femme devroit opter.
42. J'ai différé à le dire, et j'en ai souffert; mais enfin il m'échappe, et j'espère même que ma franchise sera utile à celles qui n'ayant pas assez d'un confesseur pour leur conduite, n'usent d'aucun discernement dans le choix de leurs directeurs. Je ne sors pas d'admiration etd'étonnement à la vue de certains personnages que je ne nomme point; j'ouvre de fort grands yeux sur eux; je les contemple : ils parlent, je prête l'oreille; je m'informe, on me dit des faits, je les recueille; et je ne comprends pas comment des gens en qui je crois voir toutes choses diamétralement opposées au bon esprit, au sens droit, à l'expérience des affaires du monde, à la connoissance de l'homme, à la science de la religion et des mœurs, présument que Dieu doive renouveler en nos jours la merveille de l'apostolat, et faire un miracle en leurs personnes, en les rendant capables, tout simples et petits esprits qu'ils sont, du ministère des âmes, celui de tous le plus délicat et le plus sublime ; et si au contraire ils se croient nés pour un emploi si relevé, si difficile, et accordé à si peu de personnes, et qu'ils se persuadent de ne faire en cela qu'exercer leurs talents naturels et suivre une vocation ordinaire, je le comprends encore moins, (éd. 6.) Je vois bien que le goût qu'il y a à devenir le dépositaire du secret des familles, à se rendre nécessaire pour les réconciliations, à procurer des commissions ou à placer des domestiques, à trouver toutes les portes ouvertes dans les maisons des grands, à manger souvent à
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de bonnes tables, à se promener en carrosse dans une grande ville, et à faire de délicieuses retraites à la campagne, à voir plusieurs personnes de nom et de distinction s'intéresser à sa vie et à sa santé, et à ménager pour les autres et pour soi-même tous les intérêts humains , je vois bien, encore une fois, que cela seul a fait imaginer le spécieux et irrépréhensible prétexte du soin des âmes, et semé dans le monde cette pépinière intarissable de directeurs. (ÉD. 6.)
La dévotion* vient à quelques-uns, et surtout aux 43, femmes, comme une passion, ou comme le foible d'un certain âge, ou comme une mode qu'il faut suivre. Elles comptoient autrefois une semaine par les jours de jeu, de spectacle, de concert, de mascarade, ou d'un joli sermon^ : elles alloient le lundi perdre leur argent chez Ismène^ le mardi leur temps chez Climene^ et le mercredi leur réputation chez Célimene; elles savoient dès la veille toute la joie qu'elles dévoient avoir le jour d'après et le lendemain ; elles jouissoient tout à la fois du plaisir présent et de celui qui ne leur pouvoit manquer; elles auroient souhaité de les pouvoir rassembler tous en un seul jour : c'étoit alors leur unique inquiétude et tout le sujet de leurs distractions ; et si elles se trouvoient quelquefois à VOpéra^ elles y regrettoient la comédie. Autres
1. On lit en note, dans la 6e édition : Fausse dévotion. Ce paragraphe , dans cette édition , se trouve placé au chapitre de la Mode^ et suit le caractère d' Onuplire.
2. Var. (édit. 6) : par les jours de jeu, de spectacle, de repas, de promenade, de concert, de mascarade, et d'un joli sermon. — Cette énumération correspondait aux sept jours de la semaine. Il n'est pas douteux toutefois que la suppression des mots de repas ^ de promenade ne soit de la Bruyère ; la variante : « ou d'un joli sermon » suffirait à prouver qu'il n'y a point là d'omission qui soit imputable à l'imprimeui .
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temps, autres mœurs : elles outrent Faustérité et la retraite; elles n'ouvrent plus les yeux qui leur sont donnés pour voir; elles ne mettent plus leurs sens à aucun usage; et chose incroyable ! elles parlent peu ; elles pensent encore, et assez bien (relles-mêmes, comme assez mal des autres ; il y a chez elles une émulation de vertu et de réforme qui tient quelque chose de la jalousie ; elles ne haïssent pas de primer dans ce nouveau genre de vie, comme elles faisoient dans celui qu'elles viennent de quitter par politique ou par dégoût. Elles se perdoient gaiement par la galanterie, par la bonne chère et par l'oisiveté; et elles se perdent tristement par la présomption et par l'envie, (éd. 6.)
44* Si j'épouse, Hennas ^ une femme avare, elle ne me ruinera point; si une joueuse, elle pourra s'enrichir; si une savante, elle saura m'instruire; si une prude, elle ne sera point emportée ; si une emportée, elle exercera ma patience; si une coquette, elle voudra me plaire; si une galante, elle le sera peut-être jusqu'à m'aimer; si une dévote*, répondez, Hermas , que dois-je attendre de celle qui veut tromper Dieu, et qui se trompe ellemême? (ÉD. 7.)
45. Une femme est aisée à gouverner, pourvu que ce soit un homme qui s'en donne la peine. Un seul même en gouverne plusieurs ; il cultive leur esprit et leur mémoire, fixe et détermine leur religion ; il entreprend même de régler leur cœur. Elles n'approuvent et ne désapprouvent, ne louent et ne condamnent, qu'après avoir consulté ses yeux et son visage. Il est le dépositaire de leurs joies et de leurs chagrins, de leurs désirs, de leurs