‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 221 sur 373 · Var. (édit. 4) • qui ne leur ressemblent pas · texte numérisé non relu

Var. (édit. 4) • qui ne leur ressemblent pas

i86 DES FEMMES.

a aux malignes explication^, on ait recours à une toute autre raison de ce commerce qu'à celle de la convenance des mœurs, (éd. 40

48. Un comique outre sur la scène ses personnages; un poète charge ses descriptions ; un peintre qui fait d'après nature force et exagère une passion, un contraste, des attitudes; et celui qui copie, s'il ne mesure au compas les grandeurs et les proportions, grossit ses figures, donne à toutes les pièces qui entrent dans l'ordonnance de son tableau plus de volume que n'en ont celles de l'original : de même la pruderie est une imitation de la sagesse.

Il y a une fausse modestie qui est vanité, une fausse gloire qui est légèreté , une fausse grandeur qui est petitesse , une fausse vertu qui est hypocrisie , une fausse sagesse qui est pruderie, (éd. 7.)

Une femme prude paye de maintien et de paroles ; une femme sage paye de conduite. Celle-là suit son humeur et sa complexion, celle-ci sa raison et son cœur. L'une est sérieuse et austère; l'autre est dans les diverses rencontres précisément ce qu'il faut qu'elle soit. La première cache des foibles sous de plausibles dehors; la seconde couvre un riche fonds * sous un air libre et naturel. La pruderie contraint l'esprit, ne cache ni l'âge ni la laideur ; souvent elle les suppose : la sagesse au contraire pallie les défauts du corps, ennoblit^ l'esprit, ne rend la jeunesse que plus piquante, et la beauté que plus périlleuse, (éd. 7.)

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