I. Dans la ge édition et dans la lo® : « à quelque chose
i88 DES FEMMES.
tains défauts : concluezr donc vous-même que moins elles auroient de ces défauts, plus elles seroient sages, et qu'ainsi une femme sage n'en seroit que plus propre à devenir savante, ou qu'une femme savante, n'étant telle que parce qu'elle auroit pu vaincre beaucoup de défauts, n'en est que plus sage*, (éd. 7.)
5o. La neutralité entre des femmes qui nous sont également amies, quoiqu'elles aient rompu pour des intérêts où nous n'avons nulle part, est un point difficile : il faut choisir souvent entre elles, ou les perdre toutes deux*.
5x, Il y Vi telle femme qui aime mieux son argent que ses amis, et ses amants que son argent.
52. Il est étonnant de voir dans le cœur de certaines femmes quelque chose de plus vif et de plus fort que l'amour pour les hommes, je veux dire l'ambition et le jeu : de telles femmes rendent les hommes chastes ; elles n'ont de leur sexe que les habits.
53. Les femmes sont extrêmes : elles sont meilleures ou pires que les hommes.
54» La plupart des femmes n'ont guère de principes : elles se conduisent par le cœur, et dépendent pour leurs mœurs de ceux qu'elles aiment.
1. Voyez l'avis de Montaigne sur le même sujet dans ses Essauy livre III, chapitre m.
2. Après cette réflexion vient celle-ci dans les trois premières éditions : « Quand l'on a assez fait auprès d'ime femme pour devoir l'engager, si cela ne réussit point, il y a encore une ressource, qui est de ne plus rien faire; c'est alors qu'elle vous rappelle. » A la 4^ édition, cette réflexion a disparu du chapitre des Femmes^ et a pris place, avec quelques modifications, dans le chapitre du Cœur. Voyez ci-après, p. 208, no 54.
DES FEMMES. i8()
Les femmes vont plus loin en amour que la plupart 55. des hommes ; mais les hommes remportent sur elles en amitié, (éd. 4-)
Les hommes sont cause que les femmes ne s'aiment point. (ÉD. 4')
Il y a du péril à contrefaire. Lîse^ déjà vieille, veut ->^>» rendre une jeune femme ridicule, et elle-même devient difforme; elle me fait peur. Elle use pour Timiter de grimaces et de contorsions : la voilà aussi laide qu'il faut pour embellir celle dont elle se moque, (éd. 5.)
On veut à la ville que bien des idiots et des idiotes Sj. aient de l'esprit ; on veut à la cour que bien des gens manquent d'esprit qui en ont beaucoup; et entre les personnes de ce dernier genre* une belle femme ne se sauve qu'à peine avec d'autres femmes, (éd. 7.)
Un homme est plus fidèle au secret d'autrui qu'au sien 58, propre; une femme au contraire garde mieux son secret que celui d'autrui.
Il n'y a point dans le cœur d'une jeune personne un si '^9* violent amour auquel l'intérêt ou l'ambition n'ajoute quelque chose.
Il y a un temps où les filles les plus riches doivent 00. prendre parti ; elles n'en laissent guère ^ échapper les premières occasions sans se préparer un long repentir : il semble que la réputation des biens diminue en elles avec celle de leur beauté. Tout favorise au contraire une jeune