‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 24 sur 373 · LA BRUYÈRE TRÉSORIER GÉNÉRAL DES FINANCES · texte numérisé non relu

LA BRUYÈRE TRÉSORIER GÉNÉRAL DES FINANCES

Au moment où la Bruyère entrait dans les finances, les trésoriers de France étaient à peine remis des appréhensions que leur avaient inspirées divers essais de réforme par lesquels le bureau de Caen avait été menacé plus que tout autre.

Après avoir créé, dans un intérêt fiscal, beaucoup plus d'offices de trésoriers que ne l'exigeait le service, le gouvernement royal s'était accusé, j)ar actes publics, d'avoir, en les multij)liant, nui au bon ordre des finances et surchargé les peuples^ : il voulut réparer ses fautes.

En 1669, Colbert avait entrepris, après d'autres, de réduire le nombre des trésoriers. Usant d'un procédé déjà employé et presque aussitôt abandonné, il avait refusé de maintenir à leur profit la faveur du payement du droit annuel, ou, si l'on veut, de la paillette, dont ils jouissaient avec tous les officiers de judicature et de finances : ce privilège, comme on sait, assurait aux familles l'hérédité des charges. En per» dant la faculté d'offrir chaque année une rançon déterminée, les trésoriers ne pouvaient plus vendre utilement leur titre qu'à la condition de survivre plus de quarante jours à leur démission. L'atteinte que l'on portait ainsi à l'hérédité des offices des trésoriers en devait préparer la diminution sûrement, bien qu'insensiblement suivant Texpression d'un document officiel, si toutefois l'Etat ne cédait pas, comme il arrivait

I. « La nécessité des temps passés nous ayant, et les rois nos prédécesseurs, obligés d'augmenter les offices des trésoriers de France des bureaux établis dans chacune généralité de notre royaume à un nombre excessif, et beaucoup au delà de ceux qui sont nécessaires.... » (Edit de février 1672 : voyez le Recueil des éditSy déclarations^ lettres patentes^ arrêts et règlements du Roi registres en la cour du Parlement de Normandie depuis i643 jusquen i683, Rouen, 1774, tome I, p. 471-474-)

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