‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 246 sur 373 · Var. (édit, 5-8) :f anticipe son bon accueil · texte numérisé non relu

Var. (édit, 5-8) :f anticipe son bon accueil

deplaist^ qui par la connoissance que fay de ses coutumes et façons d'agir^ me tire de cette liberté et franchise. Comment me ressouvenir tout à propos^ et d'aussi loin que je vois cet homme, d^ emprunter une contenance grave et importante, et qui V avertisse que je crois le valoir bien et au delà? pour cela'^ de me ramentevoir de mes bonnes qualitez et conditions, et des siennes mauvaises, puis en faire la comparaison? C'est trop de travail pour moy, et ne suis du tout capable de si roide et si subite attention; et quand bien elle niauroit succédé^ une première fois, je ne laisserois de fléchir et me démentir à une seconde tâche : je ne puis me forcer et contraindre pour quelconque a estre fier. » (éd. 5.)

3i Avec de la vertu, de la capacité, et une bonne con-

duite, l'on peut être insupportable. Les manières, que Ton néglige comme de petites choses, sont souvent ce qui fait que les hommes décident de vous en bien ou en mal : une légère attention à les avoir douces et polies prévient leurs mauvais jugements. Il ne faut presque rien pour être cru fier, incivil, méprisant, désobligeant : il faut encore moins pour être estimé tout le contraire, (éd. 4«)

32, La politesse n'inspire pas toujours la bonté, l'équité, la complaisance, la gratitude; elle en donne du moins les apparences, et fait paroître Thomnie au dehors comme il devroit être intérieurement, (éd. 4-)

L'on peut définir l'esprit de politesse, l'on ne peut en fixer la pratique : elle suit Fusage et les coutumes reçues ; elle est attachée aux temps % aux lieux, aux personnes, et

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