Le mot métayers est en italique dans les éditions 6 et
3. « Quand ra|)pelanten mon esprit la mémoire de tous les siècles, je vois si souvent les grandeurs du monde entre les mains des impies,... ah! qu'il m'est aisé de comprendre, s'écrie Bossuet en parlant de Dieu, qu'il fait peu d'état de telles faveurs, et de tous les biens
u'il donne pour la vie présente! » [Sermon sur la Providence , 1666, tome XII de l'édition de 1816, p. 416.)
charment yos yeux*, vous font hésiter sur le choix, et prendre le parti d'essayer de tout; si vous voyez tout le repas ailleurs que sur une table bien servie , quelles saletés ! quel dégoût ! Si vous allez derrière un théâtre , et si vous nombrez les poids, les roues, les cordages, qui font les vols et les machines *, si vous considérez combien de gens entrent dans l'exécution de ces mouvements, quelle force de bras , et quelle extension de nerfs ils y emploient , vous direz : « Sont-ce là les principes et les ressorts de ce spectacle si beau , si naturel , qui paroît animé et agir de soi-même? » vous vous récrierez : « Quels efforts ! quelle violence ! » De même n'approfondissez pas la fortune des partisans, (éd. 5.)
26. Ce garçon si frais , si fleuri et d'une si belle santé est seigneur d'une abbaye et de dix autres bénéfices : tous ensemble lui rapportent six vingt mille livres de revenu, dont il n'est payé qu'en médailles d'or ^. Il y a ailleurs six vingts familles indigentes qui ne se chauffent point pendant l'hiver , qui n'ont point d'habits pour se couvrir, et qui souvent manquent de pain ; leur pauvreté est extrême et honteuse. Quel partage! Et cela ne prouve-t-il pas clairement un avenir?
2^, Chrysîppe ^ homme nouveau , et le premier noble de sa race , aspiroit , il y a trente années , à se voir un jour deux mille livres de rente pour tout bien : c'étoit là le comble de ses souhaits et sa plus haute ambition; il l'a dit ainsi, et on s'en souvient. Il arrive, je ne sais par quels chemins, jusques à donner en revenu à l'une de
1. Nos yeux, dans la 5^ édition, ce qui est sans doute une faute.
2. Louis d'or. (^Note de la Bruyère.) — Cette note ne se trouve que dans les deux premières éditions.
ses filles , pour sa dot , ce qu'il desiroit lui-même d'avoir en fonds pour toute fortune pendant sa vie. Une pareille somme est comptée dans ses coffres pour chacun de ses autres enfants qu'il doit pourvoir , et il a un grand nombre d'enfants ; ce n'est qu'en avancement d'hoirie : il y a d'autres biens à espérer après sa mort. Il vit encore , quoique assez avancé en âge, et il use le reste de ses jours à travailler pour s'enrichir, (éd. 5.)
Laissez faire Ergaste^ et il exigera un droit de tous 28. ceux qui boivent de l'eau de la rivière, ou qui marchent sur la terre ferme : il sait convertir en or jusques aux roseaux , aux joncs et à l'ortie. Il écoute tous les avis , et propose tous ceux qu'il a écoutés. Le prince ne donne aux autres qu'aux dépens d'Ergaste * , et ne leur fait de grâces que celles qui lui étoient dues ^. C'est une faim insatiable d'avoir et de posséder. Il trafiqueroit des arts et des sciences , et mettroit en parti jusques à l'harmonie '; il faudroit, s'il en étoit cru, que le peuple, pour avoir le plaisir de le voir riche, de lui voir une meute et une écurie , put perdre le souvenir de la musique à' Orphée, et se contenter de la sienne, (éd. 4-)
Ne traitez pas avec Criton, il n'est touché que de ses 29 seuls avantages. Le piège est tout dressé à ceux à qui sa charge , sa terre , ou ce qu'il possède feront envie : il vous imposera des conditions extravagantes. Il n'y a nul ménagement et nulle composition à attendre d'un homme