‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 266 sur 373 · Var. (édit. 4 et 5) : Celui-ci · texte numérisé non relu

Var. (édit. 4 et 5) : Celui-ci

Clirysanle dans les mêmes dispositions : ils ne courent pas risque de se heurter, (éd. 4-)

Quand je vois de certaines gens, qui me prévenoient 55. autiefois par leurs civilités, attendre au contraire que je les salue, et en être avec moi sur le plus ou sur le moins, je dis en moi-même : « Fort bien, j'en suis ravi, tant mieux pour eux : vous verrez que cet homme-ci est mieux logé, mieux meublé et mieux nourri qu'à l'ordinaire ; qu'il sera entré depuis quelques mois dans quelque affaire, où il aura déjà fait im gain raisonnable. Dieu veuille qu'il en vienne dans peu de temps jusqu'à me mépriser ! » (éd. 8.)

Si les pensées, les livres et leurs auteurs dépendoient 56. des riches et de ceux qui ont fait une belle fortune, quelle proscription ! Il n'y auroit plus de rappel *. Quel ton, quel ascendant ne prennent-ils pas sur les savants ! Quelle majesté n'observent-ils pas à l'égard de ces hommes chétifs^ que leur mérite n'a ni placés ni enrichis, et qui en sont encore à penser et à écrire judicieusement ! Il faut l'avouer, le présent est pour les riches, et l'avenir pour les vertueux et les habiles. Homère est encore et sera toujours : les receveurs de droits, les publicains ne sont plus; ont-ils été Pleur patrie, leurs noms sont-ils connus? y a-t-il eu dans la Grèce des partisans? Que sont devenus ces importants personnages qui méprisoient Homère, qui ne songeoient dans la place qu'à l'éviter, qui ne lui rendoient pas le salut, ou qui le saluoient par son nom^, qui ne daignoient pas l'associer à leur table, qui le regardoient comme un homme qui n'étoit pas riche et qui faisoit un livre? Que deviendront les Fauconnets^ ? iront-ils aussi

1 . Dans le sens où nous dirions : « il n'y aurait plus d'appel. »

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