Dans les éditions 2 et 3 : celles-ci
3. Après la mort d'Odenat, son second mari, qui périt assassiné, Zénobie, reine de Palmyre, prit le titre de reine de TOrient, et déclara la guerre aux Romains (267-272 après Jésus-Christ). Vaincue par l'empereur Aurélien, elle fut emmenée à Rome et parut dans le triomphe qui célébra sa défaite.
toute autre contrée les rives de TEuphrate pour y élever un superbe édifice ; l'air y est sain et tempéré, la situation en est riante ; un bois sacré l'ombrage du côté du couchant; les dieux de Syrie, qui habitent quelquefois la terre, n'y auroient pu choisir une plus belle demeure. La campagne autour est couverte d'hommes qui taillent et qui coupent , qui vont et qui viennent , qui roulent ou qui charrient le bois du Liban , l'airain et le porphyre; les grues et les machines gémissent dans l'air, et font espérer à ceux qui voyagent vers l'Arabie de revoira leur retour en leurs foyers ce palais achevé, et dans cette splendeur où vous desirez de le porter avant de l'habiter , vous et les princes vos enfants. N'y épargnez rien , grande Reine ; employez-y l'or et tout l'art des plus excellents ouvriers ; que les Phidias et les Zeuxis de votre siècle déploient toute leur science sur vos plafonds et sur vos lambris; tracez-y de vastes et de délicieux jardins, dont l'enchantement soit tel qu'ils ne paroissent pas faits de la main des hommes ; épuisez vos trésors et votre industrie sur cet ouvrage incomparable ; et après que vous y aurez mis, Zénobie, la dernière main, quelqu'un de ces pâtres qui habitent les sables voisins de Palmyre, devenu riche par les péages de vos rivières , achètera un jour à deniers comptants cette royale maison , pour l'embellir, et la rendre plus digne de lui et de sa fortune. (ÉD. 8.)
Ce palais, ces meubles, ces jardins, ces belles eaux 79* vous enchantent et vous font récrier d'une première vue sur une maison si délicieuse, et sur l'extrême bonheur du maître qui la possède. Il n'est plus; il n'en a pas joui si agréablement ni si tranquillement que vous : il n'y a jamais eu un jour serein , ni une nuit tranquille ; il s'est noyé de dettes pour la porter à ce degré de beauté où
elle vous ravit*. Ses créanciers l'en ont chassé : il a tourné la tête, et il Fa regardée de loin une dernière fois ; et il est mort de saisissement, (éd. 40
80. L'on ne sauroit s'empêcher de voir dans certaines familles ce qu'on appelle les caprices du hasard ou les jeux de la fortune. H y a cent ans qu'on ne parloit point de ces familles, qu'elles n'étoient point : le ciel tout d'un coup s'ouvre en leur faveur ; les biens , les honneurs, les dignités fondent sur elles à plusieurs reprises; elles nagent dans la prospérité. Eumolpe^ l'un de ces hommes qui n'ont point de grands-pères , a eu un père du moins qui s'étoit élevé si haut , que tout ce qu'il a pu souhaiter pendant le cours d'une longue vie, c'a été de l'atteindre ; et il l'a atteint. Etoit-ce dans ces deux personnages éminence d'esprit, profonde capacité? étoit-ce Tes conjonctures ? La fortune enfin ne leur rit plus ; elle se joue ailleurs , et traite leur postéiité comme leurs ancêtres. (ÉD. 5.)
81. La cause la plus immédiate de la ruine et de la déroute des personnes des deux conditions, de la robe et de l'épée, est que l'état seul, et non le bien, règle la dépense.
82. Si vous n'avez rien oublié pour votre fortune , quel travail ! Si vous avez négligé la moindre chose , quel repentir ! (ÉD. 4-)
83. Gitan a le teint frais, le visage plein et les joues pendantes, l'œil fixe et assuré, les épaules larges, l'estomac haut , la démarche ferme et délibérée. Il parle avec con-