Vab. (édit. 5 et 6) : il Test bien à d'autres
5. Au boulevard de la porte Saint-Antoine, qui prenait aussi le nom de nouveau Cours, et qui se remplissait de voitures dans les belles journées.
6. Le strapontin est un siège mobile qui se plaçait aux portières des carrosses.
7. Vaste jardin, qui était situé dans le faubourg Saint-Antoine. Le financier Nicolas de Rambouillet, père du poète Antoine Rambouillet de la Sablière , l'avait fait planter et dessiner à grands frais. « La principale" allée, qui est d'une longueur extraordinaire, dit Sauvai, conduit à une terrasse élevée sur le bord de la Seine; celles de traverse se vont perdre dans de petits bois, dans un labyrinthe et autres compartiments : toutes ensemble forment un réduit si agréable qu'on y vient en foule pour s'y divertir. » Sur ce jardin, voyez Sauvai, antiquités de. Paris, tome II, p. 288 ; Tallemant des Réaux, tome I, p. 367, et tome II, p. 3i3, 322; Hurtaut et Magny, Dictionnaire historique de Paris, au mot Rambouillet , etc.
iSe DE LA VILLE.
attend une magnifique entrée, il a sa place sur un échafaud; s'il se fait un carrousel, le voilà entré, et placé sur ramphithéâtre ; si le Roi reçoit des ambassadeurs, il voit leur marche, il assiste à leur audience, il est en haie quand ils reviennent de leur audience. Sa présence est aussi essentielle aux serments des ligues suisses^ que celle du chancelier et des ligues mêmes. C'est son visage que l'on voit aux almanachs représenter le peuple ou l'assistance^. Il y a une chasse publique, une Saint-Hubert^^
1. C'est-à-dire aux cérémonies dans lesquelles était renouvelée l'alliance de la France avec les Suisses. La dernière avait eu lieu à Notre-Dame le i8 novembre i663. Le chancelier Seguier, qui était alors malade, ne pouvant y assister, ce fut André d'Ormesson que le Roi chargea de remplir les fonctions de chancelier dans cette cérémonie, c'est-à-dire de répondre à la harangue des ambassadeurs des cantons, et de lire la formule des serments que devait prêter chacun des ambassadeurs et que devait répéter Louis XIV. Une médaille d'or fut frappée pour perpétuer le souvenir de cette cérémonie, et le Brun la représenta dans un tableau qui est au musée de Versailles. Voyez sur le renouvellement de cette alliance le Journal d'Olivier d'Ormesson, tome II, p. 5 1-60.
2. « Sous Louis XIV, on publiait chaque année pour almanachs de très-belles et très-grandes estampes, dessinées et gravées par les meilleurs artistes. Là se trouvent représentés par allégorie les événements de l'aimée passée . Les rois, les princes, les généraux, les grands dignitaires figurent ordinairement dans le champ principal de ces estampes et sont très-ressemblants. Plus bas sont des portraits d'échevins ou de personnages du tiers état, qui regardent le Roi: c'est le peuple ou l'assistance; sur les côtés, des médaillons représentant les batailles, les fêtes , tous les événements de l'année ; et plus bas encore est un espace blanc où l'on collait un calendrier de l'année imprimé. » (Walckenaer, Remarques et éclaircissements sur la Bruyère ^ p. 696.)
3. Tous les ans, le jour de la Saint-Hubert, c'est-à-dire le 5 novembre, le Roi et la cour, ou du moins « les personnes les plus qualifiées de la cour, de l'un et de l'autre sexe, » prenaient part à une chasse qui attirait un grand concours de curieux. Quelquefois le Roi, « pour éviter la grande foule de gens » qui avaient a accoutumé de s'y rencontrer, » maintenait lu chasse dans l'enceinte du grand parc de
le voilà à cheval; on parle d'un camp et d'une revue, il est à Quilles, il est à Achères*. Il aime les troupes, la milice, la guerre; il la voit de près, et jusques au fort de Bernardi*. Ciianley sait les marches, Jacquier les vivres, DU Metz l'artillerie : celui-ci voit', il a vieilli sous le har-
Versailles. Mais encore y entrait-il a le monde » qui avait « ordinairement l'honneur d*approclier sa personne » {Mercure galant, octobre 1678, p. laS); et le personnage dont il s'agit est de ceux-là. Voyez encore le Mercure galant, novembre 1679, p. 269, et autres années, aux mêmes mois.
1. Ouilles, Houilles, département de Seine-et-Oise, arrondissement de Versailles, canton d'Argenteuil. — Achères, même arrondissement, canton de Saint-Germain en Laye. — On faisait souvent, pendant l'été, camper des troupes dans la plaine d'Houilles ou dans celle d'Achères, et de temps à autre le Roi y passait des revues. Les généraux du camp tenaient d'ordinaire table ouverte et « traitoient magnifiquement, » au témoignage du Mercure galant, toutes les personnes de qualité qui venaient les visiter, soit de la cour, soit de Paris. Voyez le Journal d'Olivier d'Ormesson , tome II, p. 5o3; les Lettres de Mme de Sévigné, tome I, p. 49i> ^^ tome V, p. 552 et 556; \e Mercure galant , août 1679, p. 336, août 1688, p. a8o, etc.
2. Bernardi était le directeur de l'une des académies où les jeunes gentilshommes apprenaient le métier des armes. Il faisait tous les ans, vers le mois de septembre, construire un fort dans le voisinage du Luxembourg et du couvent des Chartreux, sur une petite place, que Blondel a figurée dans son plan de Paris de 1676, auprès delà rue qui a pris le nom de Notre-Dame-des-Champs. Pendant deux mois environ , ses élèves venaient de temps à autre répéter les diverses opérations qui accompagnent un siège. Les exercices militaires auxquels ils se livraient en public avec accompagnement de bombes, de mousqueterie, etc. , attiraient un grand nombre de curieux. Le siège se terminait, à la fin d'octobre, par la prise du fort , et le Mercure galant donnait le récit des combats et de l'assaut, le nom des combattants les plus qualifiés, et parfois même celui des personnages d'importance qui avaient assisté à telle ou telle opération de cette petite guerre. Voyez ci-après V appendice.
3. Var. (édit. 5) : Chanley sait les marches, Vauban les sièges : celui-ci voit. — A la 6^ édition, la Bruyère effaça ici le nom de Vauban pour y mettre ceux de Jacquier et de du Metz, morts l'un et l'autre; mais il inséra dans cette même édition une réflexion nouvelle oùVau-
nois* en voyant, il est spectateur de profession; il ne fait rien de ce qu'un homme doit faire, il ne sait rien de ce qu'il doit savoir; mais il a vu, dit-il, tout ce qu'on peut voir, et il n'aura point regret^ de mourir. Quelle perte alors pour toute la ville î Qui dira après lui : « Le Cours
ban est cité de la manière la plus élogieuse (voyez ci-après, chapitre des Jugements^ no 94). — Jules-Louis Bolé, marquis de Chamlay, fils d'un procureur, était maréchal de logis des armées du Roi. Personne ne savait mieux indiquer les chemins que les troupes devaient suivre, les campements qu'elles devaient occuper, les emplacements qu'elles devaient choisir pour le combat. « C'est une carte vivante, » disait de lui le maréchal de Luxembourg. Turenne avait fait connaître son mérite à Louvois, qui trouva dans ses conseils a un grand soulagement pour les dispositions et les marches des troupes qu'il destinoit secrètement aux projets qu'il vouloit exécuter, » dit Saint-Simon. « Cette capacité, ajoute-t-il, jointe à sa probité, à la facilité de sou travail, de ses expédients, de ses ressources, le mirent de tout avec le Roi, qui l'employa même en des négociations secrètes et en des voyages inconnus » [Mémoires^ tome XII, p. 421). Voyez encore les Mémoires de l'abbé Legendre,p. i36 ; Dangeau, tomeIV,p. 283 (note de M. Dussieux), etc. ; M. Rousset, Histoire de Louvois, tome II, p. 172 ; VEtat de la France^ édition de 1687 et suivantes, où une mention spéciale, dans le chapitre du Lever du Roi, indique les faveurs particulières dont il jouissait à la cour, etc. Au moment où la Bruyère insérait son nom dans les Caractères (i6go), Chamlay était sur les rives du Rhin auprès du Dauphin. — Jacquier, munitionnaire des vivres et secrétaire du Roi. « Jacquier étoit unique pour les vivres, » dit dans ses Mémoires l'abbé Legendre (p. i36), qui répète cette phrase de Turenne, souvent rappelée par les contemporains : a Qu'on me donne Chamlay, Jacquier, Saint-Hilaire et trente mille hommes de vieilles troupes, il n'y a point de puissance que je ne force à se soumettre. » Jacquier mourut en 1684 {Mémoires de Dangeau, tome I, p. 7). — Pierre-Claude Berbier du Metz, lieutenant général d'artillerie, avait été tué le i^*" juillet 1690 à la bataille de Fleurus, quelques mois avant l'insertion de son nom dans les Caractères. Il avait commandé l'artillerie à presque tous les sièges auxquels le Roi avait assisté. Voyez sur lui le Dictionnaire des Bienfaits du Roi (manuscrit de la Bibliothèque impériale, Fonds françaisj n° 7637); M. Rousset, Histoire de Louvois^ passim, etc.
1 . Les mots « sous le harnois » sont imprimés en italique dans les éditions 6-7.