Var. (édit. 5 et 6) : point de regret
est fermé, on ne s'y promène point; le bourbier de Vincennes est desséche et relevé, on n'y versera plus? » Qui annoncera un concert, un beau salut*, un prestige de la Foire? Qui vous avertira que Beaumavielle mourut hier ^ ; que Rochois' est enrhumée, et ne chantera de huit jours? Qui connoîtra comme lui un bourgeois à ses armes et à ses livrées? Qui dira : « Scapinjiorte des fleurs de lis, » et qui en sera plus édifié? Qui prononcera avec plus de vanité et d'emphase le nom d'une simple bourgeoise ? Qui sera mieux fourni de vaudevilles ? Qui prêtera aux femmes les annales galantes et le Journal amoureux "*? Qui saura comme lui chanter à table tout un dialogue de Y Opéra, et les fureurs de Roland^ dans une ruelle? Enfm, puisqu'il y a à la ville comme ailleurs de fort sottes gens, des gens fades, oisifs, désoccupés, qui pourra aussi parfaitement leur convenir? (éd. 5.)
1. Voyez dans le chapitre de Quelques usages ^ n» 19, la définition d'un beau salut.
2. Beaumavielle, célèbre basse-taille de l'Opéra, débuta en 1672 et mourut vers 1688. (Bernard Durey de Noinville, Histoire du théâtre dePOpcra^ tome II, p. 54, éditions de lySS et de 1757.)
3. Var. (édit. 6 et 7) : et que Rochois. — Marthe le Rochois débuta en 1678 à l'Opéra et se retira en 1697. (Jèidem, p. 60.)
4. Les Annales galantes étaient, suivant le Dictionnaire des anonymes de Barbier, l'ouvrage de Mme de Villedieu. Elle avait publié en 1670 les Annales galantes, et en 1687 ^^^ Annales galantes de la Grèce. — Nous ne savons quel était l'auteur du Journal amoureux. Peut-être la Bruyère a-t-il voulu parler du livre qui a été publié en i685 sous ce titre : Journal galant, ou histoire du temps , par M. V., conseiller du Roi en la chambre des comptes de Montpellier. « L'auteur y fait voir par des exemples pathétiques, dit l'abbé de Claustre dans la Table du Journal des savants , les maux que cause le dérèglement des passions. »
5. Roland, opéra de Quinault et de LuUi, avait été joué pour la première fois à Versailles le 8 janvier i685, et repris au mois de janvier 1690, peu de temps avant la publication de la 5^ édition. Mlle le Rochois, qui vient d'être nommée, chantait le rôle d'Angélique.
La Bruyère, i ni
14. Thèramme^ étoit riche et avoit du mérite; il a hérité, il est donc très-riche et d'un très-grand mérite. Voilà toutes les femmes en campagne pour l'avoir pour galant, et toutes les filles pour épouseur. Il va de maisons en maisons faire espérer aux mères qu'il épousera. Est-il assis, elles se retirent, pour laisser à leurs filles toute la liberté d'être aimables, etàThéramène de faire ses déclarations. Il tient ici contre le mortier^; là il efface le cavalier^ ou le gentilhomme. Un jeune homme fleuri, vif, enjoué, spirituel n'est pas souhaité plus ardemment ni mieux reçu ; on se l'arrache des mains, on a à peine le loisir de sourire à qui se trouve avec lui dans une même visite .
1 . Le caractère de Théramène est accompagné à tort dans la 8^ édition du signe affecté aux morceaux inédits.
2 . Le mortier était la toque de velours que portaient les présidents du Parlement.