‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 302 sur 373 · I. Var. (édit. 1-7) : et leur font la cour · texte numérisé non relu

I. Var. (édit. 1-7) : et leur font la cour

a. Var. (édit. i-5) : ou une sctte impatience.

forte. Les femmes du pays précipitent le déclin de leur beauté par des artifices qu'elles croient servir à les rendre belles : leur coutume est de peindre leurs lèvres , leurs joues, leurs sourcils et leurs épaules, qu'elles étalent avec leur gorge , leurs bras et leurs oreilles , comme si elles craignoient de cacher l'endroit par où elles pourroient plaire, ou de ne pas se montrer assez. Ceux qui habitent cette contrée ont une physionomie qui n'est pas nette , mais confuse , embarrassée dans une épaisseur de cheveux étrangers, qu'ils préfèrent aux naturels et dont ils font un long tissu pour couvrir leur tête : il descend à la moitié du corps , change les traits , et empêche ^ qu'on ne connoisse les hommes à leur visage. Ces peuples d'ailleurs ont leur Dieu et leur roi : les grands de la nation s'assemblent tous les jours, à une certaine heure, dans un temple qu'ils nomment église ; il y a au fond de ce temple un autel consacré à leur Dieu , où un prêtre célèbre des mystères qu'ils appellent saints , sacrés et redoutables; les grands^ forment un vaste cercle au pied de cet autel , et paroissent debout , le dos tourné directement au prêtre ^ et aux saints mystères , et les faces élevées vers leur roi, que l'on voit à genoux sur une tribune, et à qui ils semblent avoir tout l'esprit et tout le cœur appliqués'^. On ne laisse pas de voir dans cet usage une espèce de subordination; car ce peuple paroît adorer le prince, et le prince adorer Dieu. Les gens du pays le nomment *** ; il est à quelque^ quarante-huit degrés

1 . Var. (édit. I et 2) : ils descendent à la moitié du corps, changent les traits, et empêchent.

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