‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 301 sur 373 · Var. (édit. 4) : et ii a été triste · texte numérisé non relu

Var. (édit. 4) : et ii a été triste

3. « L'ambitieux, dit Bourdaloue dans son Sermon sur Pambitiorij

Mille gens à peine connus font la foule au lever pour yi. être vus du prince, qui n'en sauroit voir mille à la fois; et s'il ne voit aujourd'hui que ceux qu'il vit hier et qu'il verra demain , combien de malheureux !

De tous ceux qui s'empressent auprès des grands et 02. qui leur font la cour*, un petit nombre les honore dans le cœur, un grand nombre les recherche par des vues d'ambition et d'intérêt , un plus grand nombre par une ridicule vanité , ou par une sotte impatience^ de se faire voir.

Il y a de certaines familles qui, par les lois du monde a3, ou ce qu'on appelle de la bienséance , doivent être irréconciliables. Les voilà réunies; et où la religion a échoué quand elle a voulu l'entreprendre, l'intérêt s'en joue, et le fait sans peine, (éd. y.)

L'on parle d'une région où les vieillards sont galants , 74 polis et civils; les jeunes gens au contraire, durs, féroces , sans mœurs ni politesse : ils se trouvent affranchis de la passion des femmes dans un âge où Ton commence ailleurs à la sentir ; ils leur préfèrent des repas , des viandes, et des amours ridicules. Celui-là chez eux est sobre et modéré, qui ne s'enivre que de vin : l'usage trop fréquent qu'ils en ont fait le leur a rendu insipide ; ils cherchent à réveiller leur goût déjà éteint par des eaux^de-vie, et par toutes les liqueurs les plus violentes; il ne manque à leur débauche que de boire de Teau-

a dans une cour autant de maîtres dont il dépend qu'il y a de gens de toutes conditions dont il espère d'être secondé ou dont il craint d'être desservi. »

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