‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 313 sur 373 · Le a été sauté dans la 5^ édition · texte numérisé non relu

Le a été sauté dans la 5^ édition

Les meilleures actions s'altèrent et s'afToiblissent par //> la manière dont on les fait , et laissent même douter des intentions. Celui qui protège ou qui loue la vertu pour la vertu, qui corrige ou qui blâme le vice à cause du vice, agit simplement , naturellement , sans aucun tour, sans nulle singularité, sans faste, sans affectation; il n'use point de réponses graves et sentencieuses , encore moins de traits piquants et satiriques* : ce n'est jamais une scène qu'il joue pour le public, c'est un bon exemple qu'il donne, et un devoir dont il s'acquitte ; il ne fournit rien aux visites des femmes, ni au cabinet % ni aux nouvel-

1 . a II n'use point, etc. » Ce membre de phrase a été ajouté dans la 7^ édition.

2. Rendez-vous à Paris de quelques honnêtes gens pour la conversation. [Note Je la Bruyère.) — « Cette note de la Bruyère, dit Walckenaer [Remarques et éclaircissements sur la Bruyère, p. 709), semble démontrer qu'il existait dès lors à Paris un lieu commun de réunion, pareil à nos cercles modernes. Je n'ai pu cependant rien découvrir de pareil sur cette réunion, qui a dû être différente de celles qui avaient lieu alors à certains jours de la semaine, entre les savants et les gens de lettres, chez plusieurs personnages : chez Ménage, cloître Notre-Dame; Villevaut, maître des requêtes, rue Hautefeuille; d'Herbelot, rue de Condé; le marquis de Dangeau, place Royale; l'abbé Roque, rue Guénégaud, et le chevalier Chassebras du Breau, carrefour Saint-Benoît, faubourg Saint-Germain. (Voyez le Livre commode, 1691, p. 41 •) » — Avec Walckenaer nous pensons que la Bruyère n'avait pas en vue l'une de ces réunions ; mais contrairement à son avis, nous n'admettrons pas qu'il ait particulièrement voulu désigner tel ou tel « lieu commun de réunion. » Les assemblées de savants, de gens de lettres et de gens du monde étaient fort à la mode en 1691 : c'est à ces assemblées en général qu'il fait allusion. Une assemblée, il est vrai, s'est particulièrement nommée le cabinet (voyez ci-après V Appendice, p. 546-549); mais elle n'existait plus en 1691, et le mot cabinet s'appliquait alors à toutes les conférences où se réunissaient les littérateurs « pour faire une conversation savante et agréable, » suivant la définition du Dictionnaire de Trévoux. A l'origine le principal objet des conférences de ce genre était l'échange des nouvelles ; plus tard, les nouvelles y tinrent moins de place ; il suffirait, pour en donner la preuve, de rappeler qu'aux assemblées du

listes ; il ne donne point à un homme agréable la matière d'un joli conte. I^e bien qu'il vient de faire est un peu moins su, à la vérité; mais il a fait ce bien : que voudroit-il davantage? (éd. 6.)

47. Les grands ne doivent point aimer les premiers temps : ils ne leur sont point favorables; il est triste pour eux d'y voir que nous sortions tous du frère et de la sœur. Les hommes composent ensemble une même famille : il n'y a que le plus ou le moins dans le degré de parenté.

48. Théognis est recherché dans son ajustement, et il sort paré comme une femme; il n'est pas hors de sa maison, qu'il a déjà ajusté ses yeux et son visage, afin que ce soit une chose faite quand il sera dans le public, qu'il y paroisse tout concerté, que ceux qui passent* le trouvent déjà gracieux et leur souriaut , et que nul ne lui échappe. Marche-t-il dans les salles, il se tourne à droit ^, où il y a un grand monde, et à gauche, où il n'y a personne; il salue ceux qui y sont et ceux qui n'y sont pas. Il embrasse un homme qu'il trouve sous sa main , il lui presse la tête contre sa poitrine ; il demande ensuite qui est celui qu'il a embrassé. Quelqu'un a besoin de lui dans une affaire qui est facile ; il va le trouver, lui fait sa prière : Théognis l'écoute favorablement , il est ravi de lui être bon à quelque chose, il le conjure de faire naître

Luxembourg, présidées par Fabbé de Choisy en 169a, on avait cru devoir se mettre en garde contre les nouvellistes : aux termes du règlement, il n'était permis de a parler de nouvelles qu'en entrant ou en sortant » (voyez le Journal de ces assemblées dans les Mémoires manuscrits de Choisy, conservés à la bibliothèqvie de l'Arsenal, tome I, p. lyS).

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