Voyez sur ces ouvrages notre Notice bibliographique
3. Daus une même année , Brillon se faisait recevoir avocat, publiait les Portraits galants, préparait le Nouveau Dictiotinaire civil et canonique de droit et de pratique (Paris, 1697, in-4°); et peut-être déjà son Dictionnaire des arrêts, ou Jurisprudence universelle des parlements et autres tribunaux (Paris, 171 1, 3 volumes in-folio), dont la première édition lui coûta, paraît-il, quinze années de travail. On comprend aisément qu'avec dételles occupations Brillon ait apporté quelque lenteur daus l'achèvement de ses livres de morale.
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linir ses Caractères. Tel que mon travail l'a produit, tel que l'a réformé un liomnie haliile, je l'expose à la curiosité publique; ce qu'on y trouvera de bon, l'on sait à qui Tattribuer; ce qu'il y aura (le foible, je dois dire qu'il est de moi seul. »
Brillon nous est suspect, et à bon droit: il écrit à la fois la Critique de la Bruyère et V Apologie de la Bruyère ; il attaque lui-même son Tliéophraste moderne, pour avoir le plaisir de se louer çà et là, et surtout sans doute pour jeter dans le public un livre où la Bruyère et Brillon, un instant rapj)rochés, soient soumis au même examen ' ; enfin il dit lui-même quelque part, badinage que l'on est tenté de prendre pour une confession : « Sans la comédie du Menteur^ on m'auroil vu, je crois, le plus audacieux fanfaron de Paris*, d Malgré tout cependant je nie fie cette fois à la parole de Brillon, et je crois qu'il a connu la Bruyère. La comédie du Menteur ^ à vrai dire, ne l'a que très-incomplétement corrigé; mais encore n'a-t-il pas été malbonnéte bomme. Ses supercberies littéraires, pécbés de jeunesse, ne l'empêclièrent pas en effet d'être plus tard un magistrat bonorable^. Or se parer mensongèrement du témoignage de la Bruyère après sa mort eût été une imposture odieuse, et j'hésite à l'en accuser. C'est lui d'ailleurs, et lui seul, qui nous donne sur le nombre des années que la Bruyère a consacrées à la composition des Caractères un renseï gnement qui semble prouver qu'il en a reçu quelque confidence , un jour peut-être que la Bruyère essayait de le détourner par son propre exemple de la voie où il le voyait témérairement s'engager"*.
En 1691, date du passage que nous commentons, Brillon avait vingt ans. Entreprenant, vaniteux, un peu <if fanfaron », c'est lui qui l'a dit, pourquoi ne serait-il pas allé quelque jour, au sortir de l'étude de notaire où il travaillait, trouver l'auteur des Caractères un manuscrit sous le bras ? A Versailles ou à Paris la chambre de la Bruyère est toujours accessible. Bonaventure d'Argonne et la Bruyère lui-même en sont garants. « Entrez, toutes les portes vous sont ouvertes — Vous m'apportez quelque chose de plus précieux que l'argent et l'or, si c'est une occasion de vous obliger. Parlez, que