‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 354 sur 373 · I . Elle avait quarante-quatre ans · texte numérisé non relu

I . Elle avait quarante-quatre ans

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Page 178. — Le bourgeois en baudrier....

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CLEFS ET COMMElSrAlRES. A55

vcmeut, il faut aussi que le dehors le soit, et cette manière de vivre est un merveilleux acheminement à la passion. C'est de là que ceux de la cour sont mieux reçus dans l'amour que ceux de la ville, parce que les uns sont tout de feu , et que les autres mènent une vie dont l'uniformité n'a rien qui frappe : la vie de tempête surprend, frappe et pénètre. » (Discours sur les passions de C amour ^ édition Ae^ Pensées de Pascal, de M. Havet, p. 5ï5 et 5i6.)

Page 178, n° 82. — Est-ce en vue du secret.... (1687).

Clefs du dix-huitième siècle : « Mlle de la Perrière , femme du maître des requêtes , [qui almolt son laquais , ce qui a fait grand bruit.] » Voyez plus loin, sur Mme de la Perrière, p. 4^9 et 49a-

Et Dorinne son médecin.

Dorinne, selon les mêmes clefs, est « Mlle Poucaut . ' fille de M. Foucaut, conseiller aux requêtes du Palais, qui aimoit Moreau', médecin. » — J. B. Moreau était médecin de la Dauphine. Quelques exemplaires donnent le nom de Petit, médecin de la Dauphine.

Walckenaer fait de cette demoiselle Foucault la sœur du célèbre intendant Nicolas-Joseph Foucault, dont les Mémoires ont été récemment publiés dans la collection des Documents inédits sur Phistoire de France par M. F. Baudry. Mais Joseph Foucault, père de l'intendant, n'a jamais été conseiller au Parlement. Si Mlle Foucault avait pour père un conseiller au Parlement, il s'agit d'une fille de Claude Foucault, conseiller à la première chambre des requêtes, qui vivait encore à celte époque ^, et de Mlle Villeserin.

On pourrait trouver toutefois un point de rapprochement entre la jeune fille que désignent les clefs et Catherine- Angélique Foucault, la seule des sœurs de l'intendant dont il puisse être question : la première, suivant quelques clefs, aimait le médecin Petit; la seconde a failli épouser en 1691 le fils du médecin Petit {3Iémoires de N. J. Foucault, p. 86). Peut-être l'annotateur qui, le premier, écrivit le

1. Et non Merca?ison, comme il a été imprimé dans les éditions de Hollande et dans l'édition Walckenaer, p. 671.

2. Voyez VÉtat de la France, édition de 1692, tome II, p. 533, et la Correspondance administrative sous Louis XIV, tome II, p. 67. — Joseph Foucault, avec lequel il a été confondu, a successivement épousé Marie Métezeau, et Mlle Bossuet, sœur de l'évêque de Meaux. Leurs mariages respectifs eussent donc pu faire distinguer l'un de l'autre, lors même qu'ils auraient été conseillers au Parlement tous les deux.

nom de Mlle Foucault et celui de Petit dans une clef s*est-il doublement mépris , en confondant d'une part les familles Foucault , et d'autre part le médecin Petit et son fils, auditeur aux comptes. — Catherine-Angélique Foucault avait \ingt-cinq ans en 1687; elle épousa en 1691 le marquis d'Avarav.

Page 178, n° 33. — Roscius entre.... (1692).

Roscius est le célèbre acteur Baron ', selon toutes les clefs jusqu'à celle de 1720. Serait-ce lui qui obtint la suppression de son nom dans les clefs qu'on imprima par la suite? Il s'était retiré du théâtre en 1691, pour n'y plus reparaître qu'en 1720.

Oui, Lélie...,

Le lie, sur laquelle les clefs antérieures gardent le silence, est, selon la clef de 1720, a la fille du président Briou, » dont le nom est devenu Brisii dans les clefs suivantes ; mais le nom de Mlle de Briou n^aurait pu être inscrit à cette place que par inadvertance, s'il faut la reconnaître plus loin sous le nom de Césonie.

Page 179. — Clan die attend qu'il se soit dégoûté de j}lessaline

Selon les premières clefs, Claudie est la duchesse de Bouillon, et Messaline la maréchale de la Ferté'^. Les clefs des éditions Coste offrent le choix entre la duchesse de Bouillon et la duchesse de la F'erté pour le personnage de Claudie y et remplacent le nom de cette dernière par celui de Mme d'Olonne pour le personnage de Messaline.

Marie-Anne Mancini , duchesse de Bouillon , qvii fut l'amie de la Fontaine, était, au témoignage de Saint-Simon, malgré sa conduite peu régulière, ce une sorte de personnage dans Paris, et un tribunal avec lequel il falloit compter; je dis dans Paris, où elle étoit ime espèce de reine, car à la cour, elle n'y couchoit jamais, et n'y alloit

qu'aux occasions Elle traitoit ses enfants, et souvent aussi ses amis

et ses compagnies, avec empire; elle l'usurpoit sur les frères et les neveux de son mari et sur les siens, sur M. le prince de Conti et sur

1 . Quelques exemplaires portent en marge : c Baron le père, » mais il s'agit évidemment du fils, Michel Boyron, dit Baron, né en i6d3, mort en 1729, autem- de V Homme à bonnes fortunes.

2. La clef de 1697 imprime leurs noms en toutes lettres; celle de 1720 ne donne que les initiales.

Monsieur le Duc môme, tout féroce qu'il étoit, et qui à Paris ne bougeoit de chez elle. » (Tome XI, p. 109.)

K Cette dernière particularité, dit Walckenaer(p. 671), après avoir cité ce passage de Saint-Simon, nous assure que la Bruyère n'a jamais pu avoir en vue la duchesse de Bouillon. »

Question singulièrement délicate que celle de savoir si la Bruyère, dans le secret de son cabinet, avait ou n'avait pas en vue la duchesse de Bouillon quand il écrivait le nom de Messaline. Est- il faux que la chronique scandaleuse du temps l'ait accusée d'aimer un acteur? C'est là ce qu'il faudrait d'abord éclaircir'. Quoi qu'il en soit, on peut reconnaître avec Walckenaer que les caractères de Claudïe et de Messaline s'appliquent fort bien à la maréchale de la Ferté et à la comtesse d'Olonne, sa sœur, dont les désordres sont célèbres, a Leur beauté et le débordement de leur vie, dit Saint-Simon (tome XI, p. 55), fit grand bruit. Aucune femme, même des plus décriées pour la galanterie, n'osoit les voir ni paroître nulle part avec elles. On en étoit là alors.... Quand elles furent vieilles, et que personne n'en voulut plus, elles tâchèrent de devenir dévotes. » Elles moururent l'une et l'autre en lyii-

Au moment où parut ce morceau, Mme d'Olonne avait cinquantecinq ans au plus ; Baron en avait trente-neuf. — Sur Catherine-Henriette d'Angennes de la Loupe , duchesse d'Olonne, voyez V Histoire amoureuse des Gaules, « qui, pour ce qui la concerne, dit Walckenaer, n'a rien exagéré » (livre I, et particulièrement page 4, note i, dans l'édition de M. Paul Boiteau, collection elzévirienne).

Prenez Bathylle.... Foudriez-vous le sauteur Cohus...?

Les clefs nomment ici le Basque, et Pécourt ou Beauchamps '^j danseurs de l'Opéra.

Fous avez Dracon.... Se seroit-il enfin engagé a. CésonieP... Dracon est, suivant toutes les clefs, Philibert ou Philbert, « joueur

1 . a Plusieurs dames, est-il dit dans une des notes de l'exemplaire déjà cité de la Bibliothèque impériale, se sont amourachées de divers comédiens et gens d'opéra , comme Madeleine d'Angennes de la Loujjg, maréchale de la Ferté Senneterre, Marie- Anne de Mancini, duchesse de Bouillon, etc. » Cela se répétait dans les chansons, et l'annotateur du Chansonnier Maurepas accuse particulièrement la duchesse de la Ferté d'avoir aimé Baron.

2. Clefs de 1693 et de 1697 : Bathylle, le Basque; Cobus, Pécourt. — Cle Cochin : Bathjlle, Pécourt ; Cobus , le Basque. — -Autres clefs : Bathylle , le Basque ou Pécourt; Cobus, Beauchamp.

de flûte allemande [dont la femme avait empoisonné son premier mari pour l'épouser, et fut pendue et brûlée en la place de Grève] . »

Le nom de Césonie est accompagné dans les clefs de la note suivante : « Mlle de Briou, fille du président en la cour des aides'. Elle a épousé le marquis de Constantin, qui ne vécut que trois ans avec elle. [Depuis son veuvage elle s'étoit absolument déclarée pour Philbert, et a fait sur ce chapitre des extravagances fort grandes. Elle est morte étant fille [c est-à-dire veuve). Elle étoit fort retirée. Ce fut une demoiselle qu'on lui donna qui lui inspira l'envie de se mettre dans le monde, ce qu'elle fit avec beaucoup d'emportement. Elle fréquentoit souvent Mlle Aubry, à présent Mme la marquise de Montpipeau.] »

Page i8o, n° 35. — Quelques femmes.... (1687).

Clefs du dix-huitième siècle : « Mme la duchesse d'Aumont, fille de Mme la maréchale de la Mothe, et Mme la maréchale de la Ferté. »

Sur Françoise- Angélique delà Mothe Houdancourt, seconde femme du duc d'Aumont, qui est seule nommée par la clef de 1697, ^'oy^z Saint-Simon, tome IX, p. 99 : « C'étoit une grande et grosse femme, qui avoit eu plus de grande mine que de beauté; impérieuse, méchante, difficile à vivre, grande joueuse, grande dévote à directeurs. » Elle avoit eu des galanteries, est-il dit dans une note du Chansonnier Maurepas (tome VII, p. 53o); mais encore ne semble-t-il pas qu'elle ait mérité les accusations giaves que s'était attirées la duchesse de la Ferté. (Voyez plus haut, p. 457v

La duchesse d'Aumont mourut en 1 71 1 , âgée de soixante et un ans.

Page 181, n° 36. — Qu'est-ce qu'une femme que Von dirige?... (1692).

Clef de 1693 : « LaDucherré. b — Clef de 1697: «LaDecherré. » — Ce nom est écrit sous l'une et l'autre forme sur les exemplaires du temps.

Mme de Cherré ou du Cherré n'était sans doute pas beaucoup plus connue de ses contemporains qu'elle ne l'est de nous. Son nom, mal lu, est devenu dans la clef de l'édition de 1697 et dans toutes les clefs du dix-huitième siècle : « Mme la Duchesse. » Mais qui a

I . Claude de Briou, qui était l'un des deux présidents de la première chambre de la cour des aides, avait de plus un fils, qui, de son coté, occupa de lui la cour et la ville. Sur son aventui'e et sur son mariage avec Mlle de la Force, voyez Walckenaer, Histoire de la vie et des ouvrages de la Fontaine, 3^ édition, p. 5o5.

jamais représenté la duchesse de Bourbon, femme de l'élève de la Bruyère, comme une dévote dirigée par un directeur ? Une clef manuscrite nomme « Mme de Livoy. »

Page l83, n°43. — La dévotion vient à quelques-uns^ et surtout aux femmes ... . (1691).

La clef de 1697 nomme ici la duchesse de Lesdiguières, à laquelle les clefs suivantes ajoutent la duchesse d'Aumont, dont nous avons déjà parlé (voyez ci-dessus, p. 4^8, note VU).

Marguerite-Françoise de Gondy, duchesse de Lesdiguières, amie de M. deHarlay, archevêque de Paris, passait tous les jours plusieurs heures avec lui, soit chez elle, soit chez lui. (Voyez Saint-Simon, tome I, p. 290.) Elle mourut en 1716. {Ibidem^ tome XIII, p. 33o.)

Page i85, n° 46. — Quelques femmes.... (1690).

Comme pour le caractère qui plus haut (note VII) commence par les mêmes mots, la clef de 1720 et les suivantes nomment la duchesse d'Aumont.

Page 190, n" 61. — Combien de filles...! (1687).

Clefs du dix-huitième siècle : « Mlles Baré, Bolot et Amelin. 3> — Une clef manuscrite ajoute le nom de a Mlle de Razac. »

Page 191, n° 73. — Gljcère.... (1692).

Clefs du dix-huitième siècle . « Mme de la Ferrière, petite-fille du président de Novion. »

M. de la Ferrière, maître des requêtes, était fils de Berrier, le fameux commis de Colbert. Si l'on en croit une note que nous publierons plus loin (p. 492)? le premier président de Novion se fit payer cent mille francs son consentement au mariage de sa petite-fille. « Ce mariage, y est-il dit, a depuis été bien traversé, et la jeune dame en a fait bien accroire à son mari. »

Page 192. — A la porte de Canidie —

Clefs du dix- huitième siècle : a Canidie^ la Voisin, fameuse empoisonneuse qui a été pendue et brûlée en la place de Grève (1680). j>

46o APPENDICE.

Page 193, û" 74- — J^ ^^ comprends pas comment un ?nari (1687).

Toutes les clefs font méchamment l'application de cette remarque à Nicolas de Bauquemare * sieur d'Ons-en-Bray, président de la seconde chambre des requêtes au Palais (et non (( des enquêtes, » comme le disent à tort les clefs imprimées), qui était entré au Parlement en 1654.

Mme de Bauquemare, ou plutôt Mme d'Ons-en-Bray (voyez la note suivante, où nous la retrouverons), était « mie très-jolie femme, » au dire de Bussy Rabutin {Correspondance, tome III, p. 187). L'annotateur du recueil de Maurepas avait sans doute contre elle quelque sujet de rancune ; il est bien forcé de reconnaître qu'elle avait « d'assez beaux yeux * , » mais cette concession lui coûte : « Elle tte fut jamais ni belle ni agréable, )) a-t-il commencé par dire ; et encore : « Elle parloit avec vivacité, et souvent trop, mais peu sensément, comme font d'ordinaire les femmes.... Elle étoit vive et plaisante pour ceux qui n'avoient pas grande délicatesse. D'autres l^aroient trouvée fade et plate ^. »

Du moins étoit-elle coquette ; sa correspondance le démontre. Bussy d'ailleurs le dit nettement à ses lecteurs : a Je lui avois rendu quelques visites, dans lesquelles elle plaisantoit toujours sur l'envie qu'elle feignoit d'avoir de me mettre au nombre de ses amants » {ibidem, p. 187); et il le lui disait tout aussi nettement à elle-même : « J'avois quelque dessein de vous aimer. Madame ; il m'a même paru que vous ne seriez pas fâchée que je grossisse le nombre de vos amants. » {Ibidem, p. 188.) Mais elle avait le renom d'une personne sage, et c'est là ce qui a découragé Bussy : « Vous avez la mine de vous contenter du plaisir d'être aimée, et de ne vous pas donner

1. Il mourut en février 1697. On écrit souvent son nom Bucquemare, mais à tort : il signait Bauquemare. Il avait un frère jumeau, qui était gouverneur de Bergues. Les deux frères se ressemblaient tellement qu'on les distinguait à peine, et l'on se jilut à remarquer la simultanéité de leur mort, de même qu'on avait précédemment remarqué la coïncidence de leurs maladies. Voyez Dangeau, tome VI, p. 65.

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