Voyez ci-après la citation, p. 354, ûotei
iï2 APPENDICE.
Pages §9 et 60, n° laS. — Antagoras a un visage trivial et populaire,.,.
Clefs du dix-huitième siècle : « M. le comte de Montluc, frère de M. le marquis d'Alluye'. Il a épousé Mlle le Lièvre, fille du président au grand conseil, de ce nom. » — « Ou le marquis de Fourille, aîné de cette maison, » ajoute la clef Cochin.
Henri d'Escoubleau, comte de Monluc, épousa en effet Marguerite le Lièvre, fille de Thomas le Lièvre, marquis de la Grange, président au grand conseil, qui mourut en 1669.
Un couplet de Blot, que cite M. Paulin Paris dans son édition de Talîemant (tome VII, p. 142), nous montre en Monluc un personnage qui ne ressemble guère à Antagoras :
Gloire soit au marquis d'Alluye ^
Et au triste Montluc son frère ;
Ce sont deux grands donneurs d'ennuy.
Tout ainsy que Monsieur leur père ^ ;
Ils le sont et ils le seront
Per saecula sseculorum.
Le marquis de Fourille*, capitaine aux gardes de 1677 à 1696, nommé brigadier d'infanterie en 1698, commandeur de l'ordre de Saint-Louis, mourut en 1720. <r II étoit aveugle depuis longtemps, écrit Dangeau, en notant sa mort (tome XVIII, p. 244),... C'étoit un homme de beaucoup d'esprit et de mérite, qui avoit été capitaine aux gardes, et toujours fort estimé. » Il eut plusieurs enfants (Dangeau, tome V, p. 35o), et laissa pour le moins un fils, l'abbé de Fourille {ibidem^ tome XVII, p. 184, et tome XVIII, p. 244).
1 . François d'Escoubleau , comte, puis marquis de Sourdis , longtemps coitnu sous e nom de chevalier de Sourdis, gouverneur de l'Orléanais, commandant en Guienne, etc., mort en 1707. Il a porté le titre de marquis d'Alluye après la mort de son frère aîné, Paul d'Escoubleau, décédé en 1690 : voyez le Journal de Dangeau, tome III, p. 84, note 1 ; et les Mémoires de Saint-Simon^ tome III , p. 387 et 388,
2. Le marquis d'Alluye est ici Paul d'Escoubleau, lieutenant général des armées du Roi, gouverneur d'Orléans, etc., mort en 1690.
3. Charles d'Escoubleau, marquis de Sourdis et d'Alluye, mestre de camp de la cavalerie légère.
4. Son nom de famille était Chaumejan. Il était fils du marquis de Fourille Moatreuil, lieutenant-colonel du régiment des gardes.
CLEFS ET COIMMENTAIRES. U'i
Page^l, n" 128. — Von voit certains animaux farouches.... (1689.)
Clefs diverses : « Les moissonneurs. — Les laboureurs et les paysans. »
L'année 1689, où parut cette navrante peinture de la misère des campagnes, n'est pas une de celles que l'histoire a notées comme un temps de disette ; ce n'est pas un état extraordinaire et passager que décrit la Bruyère.
Pages 65 et 66, n° t4i. — Télèphe a de Vesprit (1690.)
Clef manuscrite : « M. de Tonnerre, évéque de Noyon. » Voyez sur ce personnage, mentionné à cette place par une seule clef, le tome I, p. 524> ^^ot^ iv.
Page &&.^ n° 142. — Vhomme du meilleur esprit est inégal.... (1690.)
Même clef manuscrite : « Despréaux. »
Annotation qu'il est superflu de discuter : cette remarque est l'une de celles qui ne devaient recevoir aucune application particulière.
Page 68, n" i45. — Qui oserait se promettre...? Qu^il ouvre son palais,.,, que dans des lieux dont la vue seule.... (1689.)
Clefs diverses : « Les appartements de Versailles, où le Roi défraye toute la cour avec une magnificence royale, et où pourtant il y a toujours des mécontents; Marly, où toutes choses sont en abondance, et qui a cependant ses contrôleurs. »
P^gc 71, n" i55. — Timon, ou le misanthrope.... (1690.)
Clefs du dix-huitième siècle : « M. le duc de Villeroy. »
Nous avons déjà cité (tome I, p. 460 et 45 1) le portrait que Saint-
3T/i APPENDICE.
Simon a laissé du maréchal de ViHeroy, fils du gouverneur de Louis XIV. Ses hauteurs, ses manières « insultantes, j> sa dureté pour ceux qui dépendaient de lui, en fout un personnage fort différent de Timon, qui est civil et cérémonieux. Comment d'ailleurs reconnaître le « magnifique » et « galant » Yilleroy dans Timon? et comment confondre les « bassesses » de l'un avec « l'âme austère et farouche » de l'autre ? Pourquoi chercher dans Timon un autre personnage qu'un Alceste selon la Bruyère?
Page 78, n° i3. — Le phénix de la poésie chantante.... (1689.)
La même remarque se retrouve dans une lettre du marquis de Termes, ami de la Bruyère : « M. Quinault est mort, » écrit-il à Bussy le 9 décembre 1688; (( après s'être moqué de lui pendant sa vie, on l'a regretté pour les opéras après sa mort. » {Correspondance de Bussy , tome VI, p. 189.)
M. Fournier voit dans l'alinéa de la Bruyère une malice contre Fontenelle, dont un opéra, Tliétls et Pelées avait été joué en janvier 1689. N'est-ce pas prêter à la Bruyère plus de finesse qu'il n*en veut avoir? Comme le montre la phrase du marquis de Termes, on n'avait pas attendu l'opéra de Fontenelle pour regretter Quinault.
Page 79, n° 14. — C. P. é toit fort riche^ et C. A^. ne rétoit pas.... (i6Sg.)
La Bruyère, qui dans les éditions 4 et 5 avait écrit les noms eu toutes lettres, les remplaça par ces majuscules dans la 6^ : l'énigme qu'il proposait à la sagacité du lecteur était bien facile à deviner, puisqu'il laissait le titre du poëme de Chapelain et celui d'une pièce de Corneille.
Le jugement que Chapelain a porté sur Corneille en 1662' (et
I. Nous avons iraprimé à tort « i663, » p. 79, note i. Voyez ce jugement,
CLEFS ET COMMENTAIRES. 3i5
qui lui fait honneur, quelles qu'en soient les restrictions) valut à Corneille une pension de deux mille livres, pension modique, si on la compare à celle de Chapelain lui-même, qui était de trois mille livres. Encore fut-elle supprimée pendant quelques années. Dans le Dictionnaire critique d^histoire (p. 4^8), M. A. Jal a cité un document qui témoigne que Corneille reçut le i8 juin 1 683 un don de deux mille livres tournois, et il a cru y voir la preuve que la pension avait toujours été servie; mais une lettre de Corneille, écrite en 1678', montre bien qu'il y a eu interruption.
On sait dans quel dénîiment mourut Corneille, comment Boileau vint en avertir le Roi et lui offrir l'abandon de sa propre pension au profit du poëte mourant.
« Croyez-moi, écrit Voltaire , qui dans son enfance avait beaucoup entendu parler de Corneille, le pauvre homme était négligé comme tout grand homme doit l'être parmi nous. Il n'avait nulle considération, on se moquait de lui; il allait à pied, il arrivait crotté de chez son libraire à la comédie ; on siffla ses douze dernières pièces, à peine trouva-t-il des comédiens qui daignassent les jouer. » (Lettre adressée à l'abbé d'Olivet, septembre 1761, OEiwres de Voltaire ^ édition de Beuchot, tome LIX, p. 623.)
Le comédien, couché dans son carrosse^ jette de la boue au visage de Corneille^ qui est à pied, dira un peu plus loin la Bruyère, p. 80, n» 17.
Richelet avait opposé à la pauvreté du grand Corneille la richesse des joueurs de violon, a Le poëte Martial disoit autrefois que pour faire fortune à Rome, il falloit être violon. Quand on diroit aujourd'hui la même chose de Paris, on diroit peut-être assez la vérité. Le Peintre^ l'un des meilleurs joueurs de violon de Paris, gagne plus que Corneille, l'un des plus excellents et de nos plus fameux poètes françois. » {Dictionnaire français^ i^79> *i" Taol Violon.)
Pages 79 et 80, n° 16. — Il suffisoit a Bathylle.... (1689.)
Clefs diverses : « Contre le goût dépravé de certaines gens qui aiment les femmes de théâtre. — Bathylle, le Basque ou Pécourt, danseurs de l'Opéra. — Roscie, Nériue, la Massé, la Barbereau, la Pesant, de l'Opéra. — Une comédienne..., la Dancourt [femme de l'auteur comique]. »
souvent reproduit d'ailleurs, dans le Corneille àe M. Marty-Laveaux^ tome X, p. 175.