Ibidem, p. 142 et 14^. — 3. Voyez ci-dessus, j
4. a A l'hôtel de Conde, sous l'œil même de notre railleur, dans la domesticité de Madame la Princesse, qui avait, elle aussi, ce goût des oiseaux, si général alors chez les grandes dames, je trouve bien mieux l'amateur complet, le Diphile autheutique, père de famille et couveur de Canaries : c'est l'homme qui avait soin des volières, et prenait le titre de « gouverneur des serins de S. A. « Madame la Princesse. » [Comédie de la Bruyère, tomel, p. 209.)
CLEFS ET COMMENTAIRES. 36i
curieux, et non un domestique chargé de prendre soin des oiseaux dans l'hôtel d'un prince.
Page 142. — Qui pourrait épuiser,,., Devineriez-i'ous, à entendre parler celui-ci de son léopard...?
ft Lister, le plus savant conchyliologiste de sou temps, et dont le Synoj}sis conchj Uorum est encore consulté avec fruit, dit Walckenaer {Remarques, eic.f p. 734), nous apprend, dans son Voyage à Paris, que lorsque la Bruyère écrivait, les amateurs de coquilles étaient assez nombreux. Il nous dit aussi que celui qui possédait la plus belle collection était Boucot, un des gardes des rôles des officiers de France. Il demeurait rue Hautefeuille, (Voyez Lister, yi Journey to Paris, etc., 1699, p. 67 [chapitre iv , p. 81 et 82 de l'édition Henning],) »
Page 142. — Cet autre.,., c^ est surtout le premier homme de l'Europe pour les papillons
« Votre Grandeur se souvient, écrit Boursault dans une de ses lettres, que pendant un an ou deux on fut à la cour, et à Paris même , dans un enjouement pour les papillons qui étoit une espèce de manie. On étoit, si j'ose me servir de ce mot, enthousiasmé de la beauté de leurs ailes ; et ceux qui n'en avoient pas de peints dans leur cabinet, ne passoient pas pour gens de bon goût. » [Lettres nouvelles de M, BouV" saulty 2^ édition, 1700, tome II, p. 23 1.)
Page i44> n" 7. — // n'y a rien qui mette plus subitement un homme à la mode.,.. (1691.)
Toutes les clefs nomment ici « Morin le joueur' , » pris au hasard parmi les joueurs de profession. Mais peu importe de savoir à quel joueur a pensé la Bruyère en écrivant cette remarque : qui est Catulle? qui est son disciple? Ce point seul a quelque intérêt.
0 L'abbé de Chaulieu, dit M. Fournier après avoir fait au jeune duc de Chartres l'application du caractère de Thé a gène ^j est peut-
I. Clef Cochia : « Morin, qui de basse naissance, s'est par le jeu familiarisé avec les grands sei£;neurs. » Voyez tome I, p. 5o4 et 5o5, note xxxvn. ?.. Voyez notre tome I, p. 338, n" 2, et p. 538, note i. — Dans la Co-
être encore plus clairement désigné sous le nom de Catulle^ si direct s'appliquant à lui, qu'il semlile moins un pseudonyme qu'un synonyme. On ne l'a cependant pas reconnu davantage. A l'endroit où la Bruyère dit : « Catulle ou son disciple, » toutes les clefs sont muettes, quoique Chaulieu, par plusieurs passages de ses Poésies^ où éclate son admiration pour le poëte latin, dont il déclare qu'il suit les leçons', semble dire : « Catulle, c'est moi; » et bien que dans un autre endroit, VEpitre au chevalier de Bouillon, qui commence ainsi :
Elève que j'ai fait dans la loi d'Épicure,
il semble dire encore, pour compléter l'explication du passage de la Bruyère : « Mon disciple, c'est le chevalier de Bouillon^. »
M. Fournier ajoute que la Bruyère avait beaucoup connu l'un et l'autre, ce qui est du moins vraisemblable pour Chaulieu, qu'il avait pu voir à Chantilly, ou chez Mme de Boislandry, si notre auteur était encore son ami après la publication du caractère d'Jrtémce^. Mais nous ne demeurons pas convaincu que l'alinéa de la Bruyère ait été publié en vue de Chaulieu , qui avait beaucoup de succès à a ville, sinon à la cour, où sans doute il n'allait guère.
médie de la Bruyère (tome I, p. 189-igi), publiée depuis l'impression de notre premier volume, M. Fournier veut en effet que Théagène soit le duc de Chartres, le futur Régent, a tombé depuis près de quatre ans des mains de l'honnête Saint-Laurent en celles du vicieun: Dubois.... »
a Saint-Laurent, ajoute-t-il, était connu dans le monde de Boileau et de Racine, qui écrivait sur sa mort si rapide, et sur la joie qu'en éprouvèrent les commensaux du Palais-Royal, cette phrase d'une si singulière énergie : « Les « voilà débarrassés d'un homme de bien » [Lettre à Boileau^ du 4 août 1687).
a Par cette voie, la Bruyère pouvait tout savoir sur l'éducation du prince et dire de lui ce qu'il en a dit sous ce pseudonyme de Théagène^ derrière lequel, malgré la transparence du voile, on ne l'a pourtant pas reconnu. »
Nous croyons devoir maintenir notre interprétation.
Si l'on se rappelle que le duc de Bourbon, élève de la Bruyère, choisissait assez mal ses amis et ses plaisirs ; qu'en octobre 1687 il faisait avec plusieurs jeunes gens dont le Roi lui interdisait la fréquentation, et dont Dangeau nous donne les noms (de Bellefonds, Chémeraut, Château-Renault et le petit Broglie) , une partie de débauche qui eut un grand retentissement (voyez-en les détails dans le Journal de Dangeau, tome II, p. 55, et dans les Lettres de Mme de Sévigné, tome VIII, p. l35); si l'on se souvient enfin du rôle que le marquis de Lassay jouait auprès du jeune duc à l'époque même où paraissait le caractère de Théagène (voyez ci-dessus, p. 320), on ne doutera pas, je peuse, que ce ne soient, comme nous l'avons dit, les amitiés et les plaisirs du duc de Bourbon qui aient inspiré à la Bruyère les lignes dont il s'agit.
1. Poésies de Chaulieu, édition Desenne, 1824, in-12, p. 89 et 121.
2. Comédie de la Bruyère^ tome I, p. 191 et 192. '3. Voyez ci-dessiis, p, 322 et suivantes, note tx.
S'il fallait hasarder une conjecture, nous dirions que le souvenir de Catulle et la date à laquelle parut cette remarque nous font soupçonner que la pensée de la Bruyère se reportait sur Bussy Ral)utin.
On se représente malaisément dans Bussy, j'en conviens, un Catulle ou un disciple de Catulle; mais il lisait Martial et Catulle, et il aimait à les traduire. Le i8 mars ifiSg, il envoyait au P. Bonheurs * la traduction en vers de deux épigrammes de Catulle, traduction dont il était assez content, car il la trouvait plus fine que la pièce originale*; le 4 j^i^» il adressait à Corbinelli la traduction de deux autres, ou du moins d'une autre épigramme du même auteur^; et il en avait mis un certain nombre d'autres encore en vers*. C'en était assez pour être salué du titre de disciple de Catulle. La Bruyère put connaître les traductions et les imitations que, dans ses loisirs, Bussy faisait de son poëte favori'' : peut-être Bouhours les lui avait-il montrées ; peut-être Bussy lui-même s'en était-il fait honneur auprès de lui à l'un de ses voyages à Paris ou à Dijon. Dans une lettre écrite de Paris et datée du lo mars 1688, Bussy avait « demandé T> au marquis de Termes «la connoissance »> de la Bruyère*'' : comme il ne revint en Bourgogne qu'en mai, il put le voir avant son départ. Il put encore le voir à Dijon dans ce même mois de mai 1688, si la Bruyère accompagna Monsieur le Prince lorsqu'il vint y tenir les états de Bourgogne; il put enfin le revoir à Paris ou à Versailles au printemps de 1690, une année avant la publication de la réflexion où il met en comparaison « Catulle ou son disciple..,, avec celui qui vient de perdre huit cents pistoles en une séance. »
Toutes les fois que Bussy revint à la cour après son exil de seize ou dix-huit ans, il y eut la figure, quelles qu'aient été ses illusions, d'un courtisan disgracié. Chacun de ses voyages put donner lieu à une réflexion du genre de celle qui nous arrête, et, entre tous celui où nous avons supposé que le marquis de Termes présenta la Bruyère à Bussy. Longtemps avant qu'il se mît en roule, Mme de