Voyez tome I, p. 488 et 489, notes xvi et xvni
6. On lit dans une clef manuscrite : « De Rieux, maître d'hôtel du Roi, qui se nommoit auparavant Delrieux, sur quoi l'on dit qu'il voloit plus qu'il ne s'étoit arraché d'aile. » — a On disoit qu'il avoit tant volé qu'il en avoit perdu une aile, » écrit Matthieu JVIarais dans son Journal [Revue rétrospective^ 2^ série, tome VIII, p. 399). Le nom de Rieux rappelait le maréchal de Rieux ; mais il ne faisait illusion à personne, et le souvenir du véritable nom de Delrieu ne se perdit jamais : voyez Dangeau et Marais, aux endroits cités.
écrit, se trouve dans VÉtat de la France (tome I, p. 61, édition de 1698). Il avait vendu cent mille écus une charge de maître de la chambre aux deniers avant de devenir maître d'hôtel du Roi (Dangeau, tome II, p. iSy).
Sonnin ou Sonning, que l'on appelait souvent aussi Sonningen, fils d'un financier qui avait obtenu la recette de la généralité de Paris, était l'ami de Chaulieu, de la Fare et de Courtin (voyez sur lui les Cours galantes de M. Desnoiresterres , tome lïl, p, 269 et suivantes). — Quant à Nicolai, marquis de Goussainville, etc., premier président de la chambre des comptes depuis 1686, son nom est inscrit ici en souvenir de l'origine qu'on lui donnait très-inexactement, à ce qu'il paraît : « Le roi Charles VIII, en allant à la conquête du royaume de Naples, » dit Choisy {Mémoires ^ collection Petitot , tome LXIII, p. 297) au sujet de la charge de capitaine des chasses du pays de Beaumont, « la donna à M. Nicolas, qui se trouvant en Italie, habilla son nom à l'italienne, en changeant son ^ en i. »
Le nom de Laugeois d'Imbercourt a bien sa place en regard de la première phrase, mais non en marge de la phrase : Plusieurs suppriment leurs noms^ etc., car aucun « grand homme, » que nous sachions, ne s'est appelé d'Imbercourt. La Bruyère songeait peut-être ici à l'un de ses commensaux à l'hôtel Condé, Charles de Saint-Lary Bellegarde, seigneur de Saintrailles, premier ecuyer du duc de Bourbon en 1684, et celui de son fils en 17 10. Il « n'étoit rien moins que Poton, qui est le nom du fameux Saintrailles ', » dit Saint-Simon (tome VIII, p. 122). ail n'étoit ni Poton ni Saintrailles, écrit-il encore ailleurs (tome XI, p. 24), mais un très-petit gentilhomme, s On disait à la cour qu'il était d'une famille noble du Vendomois, nommée Roton, et que son père ou son grand-père, estimant avec raison que la maison des Poton, depuis longtemps éteinte, était meilleure que la sienne, s'était fait Poton ; on l'accusait même d'avoir pris le soin d'effacer la queue de la lettre R dans tous les titres de quelque ancienneté qui étaient relatifs à sa famille'*. Louis XIV faisait peu de cas de Saintrailles, et reprochait à Monsieur le Prince, dit Bussy, de faire « entrer un homme comme celui-là dans son carrosse". » a Je vois bien, ajoute Bussy, que Sa Majesté ne croit pas que ce Saintrailles ici soit le Saintrailles de Poton , et je le tiens bien averti*. »
1 . J. Poton de Saintrailles, maréchal de France sous le règne de Charles VIT.