Il y avait un intendant des finances de ce nom
3. Lieutenant général de la raariue, mort en 1692, laissant un fils qui a été colonel.
/,ro APPENDICE.
devant gouverneur de Madagascar*. » — - Clefs manuscrites: « M. de Renonville *, d'Allonville , d'Alleville, d'Asserville , de Noin ville, d'Angervilliers '. »
Chacun , comme Ton voit , s'est évertué à déchiffrer sur la liste qu'il copiait un nom mal écrit et peu connu. Il est possible que ce nom, qui finit presque partout en ville, et quelquefois en vîllers ou viUiers^ soit le nom défiguré j et précédé de je ne sais quel autre mot mal lu, de Villayer, doyen du conseil et membre de l'Académie française, qui mourut l'année même où parut le caractère d^Hermippe*. Le portrait de Villayer est ici parfaitement ressemblant, comme le montre la note suivante de Saint-Simon , qui est l'une de ses additions au Journal de Dangeau (tome III, p. agS), et qu'y a déjà relevée M. Fournier dans la Comédie de la Bruyère (tome II, p. SSg et 56o):
(( Ce bonhomme Villayer étoit plein d'inventions singulières, et a voit beaucoup d'esprit. C'est peut-être à lui qu'on doit celle des pendules et des montres à répétition pour en avoir excité le désir. Il avoit disposé à sa portée dans son lit une horloge avec un fort grand cadran, dont les chiffres des heures étoient creux et remplis d'épices différentes, en sorte que conduisant son doigt le long de 'aiguille sur l'heure qu'elle marquoit ou au plus près de la division de l'heure, il goûtoit ensuite, et par le goût et la mémoire connoissoit la nuit l'heure qu'il étoit. C'est lui aussi qui a inventé ces chaises volantes, qui par des contre- poids montent et descendent seules entre deux murs à l'étage qu'on veut, en s'asseyant dedans, par le seul poids du corps, et s'arrêtant où l'on veut. Monsieur le Prince s'en est fort servi à Paris et à Chantilly. Madame la Duchesse, sa belle-fille
1. Sur Denonville, mort en 1710, voyez Saint-Simon, tome VIII, p. 416.
2. Un des fils de Berrier, celui qui a été secrétaire du conseil à la place de son père, se faisait appeler Berrier de Renonvjlle.
3. Ce dernier nom a été porté par le fils du partisan Bauyn, qui a été secrétaire d'État en 1726, et peut-être par Bauyn lui-même,
4. Jean-Jacques Renouard, comte de Villayer, conseiller du Parlement, maître des requêtes, membre de l'Académie (i658), mourut le 8 mars 1691, et fut remplacé à l'Académie par Fontenelle, qui dans son discours de réception ne rappela point le souvenir de son prédécesseur immédiat. Du moins Thomas Corneille, qui fit la réponse, parla-t-il de lui : « L'Académie, dit-il à son neveu,... vous choisit pour vous donner, non-seulement une place dans son corps, mais celle d'un magistrat éclairé, qui dans une noble concurrence, ayant eu l'honneur d'être déclaré doyen du conseil d'Etat par le jugement même de Sa Majesté, faisoit son grand plaisir de se dérober à ses importantes fonctions, pour nous venir quelquefois faire part de ses lumières. » Comme Corneille ^ comme Dangeau, le Mercure se tut sur les talents de Villayer en mécanique, lorsqu'il annonça sa mort (mars 1691, p. 129). Voyez encore sur lui Tallemant des Réaux, tome VI, p. 58, et tome Vil, p. 441 et 442.
CLEFS ET COMMENTAIRES. ^tt
et fille du Roi, en voulut avoir une de même pour son entre-sol à Versailles, et voulant y monter un soir, la machine manqua et s'arrêta à mi-chemin, en sorte qu'avant qu'on put Tentendre et la secourir en rompant le mur, elle y demeura bien trois bonnes heures engagée. Cette aventure la corrigea de la voiture, et en a fait passer la mode*. »
Pages 197 et 198, n° 65. — H J a déjà longtemps que Von improuve les médecins.... (1687.)
Clefs du dix-huitième siècle : « Ils placent leurs fils au Parlement et dans laprélature : Les Daquin. »
Daquin (ou d'Aquin) avait à cette époque un fils conseiller, mais son fils Louis ne fut évêque qu'après la disgrâce de sa famille. Le nom de Daquin, premier médecin du Roi jusqu'en 1698, était au surplus fort bien choisi comme exemple de la fortune à laquelle pouvaient prétendre les médecins. Voyez ci -après la note xxxvi.
Avec Daquin, plusieurs clefs manuscrites citent Vallot, premier médecin du Roi avant Daquin '*, et Brayer, médecin dont le nom se retrouve dans les Lettres de Mme de Sévigné.
Pages 198-201, n° 68. — Carro Carri débarque.... (1694-)
Clefs du dix-huitième siècle : « Carettiy Italien, qui a fait quelques cures qui l'ont mis en réputation : il a acquis beaucoup de bien, et vend fort cher ses remèdes; ou Helvétius, Hoîlandois, qui avec la racine d'hypécacuanha pour le flux de sang, a gagné beaucoup de bien. »
Nous avons déjà parlé du premier (tome I, p. 520 et Sai), auquel la Bruyère fait certainement allusion.
1 . <c Parmi les inventions de notre Hermippe^ dit M. Fournier, il ne faut pas oublier celle de \d petite poste, et surtout son complément le plus curieux, l'invention des billets de port payé, premier type des timbres-poste en plein dix-septième siècle. Le recueil inédit des lettres de Mlle de Scudéry, possédé par M. Feuillet de Conches, oii il est parlé de ces billets., nomme l'inventeur « M. de Valayer. » C'est sans nul doute notre très-ingénieux Hermippe-Yi\layer. » [La Comédie de la Bruyère, tome II, p. 56o, note i.)
2. Il fut l'un des partisans de l'usage du quinquina et de l'émétique. Il mourut en 1678.
4ï2 APPENDICE.
.... // n'hésite pas de s'en faire payer d'avance.... Commencez par lui livrer quelques sacs de mille francs.,..
En 1684, Caretto avait exigé de M. Legras douze cents livres avant de donner ses soins à Mme Legras : la malade était morte au troisième breuvage, et M. Legras plaida (inutilement sans doute) pour obtenir la restitution des douze cents livres. « Caretlo, » écrit le médecin Bourdelot au grand Condé, le 6 novembre 1684, en lui donnant ces détails,... « commence à se décrier.... Néanmoins il se dispose à retourner en Flandre, emportant cinquante mille livres de ce pays. » [Archives de Mgr le duc d''Aumale.)
Adrien Helvétius est le grand-père du philosophe. Voici le portrait qu'en fait Saint-Simon (tome III, p. 82 et 83) :
(( C'étoit un gros HoUandois qui, pour n'avoir pas pris les degrés de médecine, éloit l'aversion des médecins, et en particulier l'horreur de Fagon, dont le crédit étoit extrême auprès du Roi, et la tyrannie pareille sur la médecine et sur ceux qui avoient le malheur d'en avoir besoin. Cela s'appeloit donc un empirique dans leur langage, qui ne méritoit que mépris et persécution, et qui attiroit la disgrâce, la colère et les mauvais offices de Fagon sur qui s'en servoit. Il V avoit pourtant longtemps qu'Helvétius était à Paris, guérissant beaucoup de gens rebutés ou abandonnés des médecins, et surtout les pauvres, qu'il traitoit avec une grande charité. Il en recevoit tous les jours chez lui à heure fixée tant qu'il y en vouloit venir, à qui il fournissoit les remèdes et souvent la nourriture. Il excelloit particulièrement aux dévoiements invétérés et aux dyssenteries. C'est à lui qu'on est redevable de l'usage et de la préparation diverse de ripécacuanha pour les divers genres de ces maladies, et le discernement encore de celles où ce spécifique n'est pas à tem[)S ou même n'est point propre. C'est ce qui donna la vogue à Helvétius, qui d'ailleurs étoit un bon et honnête homme, homme de bien, droit et de bonne foi. Il étoit excellent encore pour les petites véroles et les autres maladies de venin. D'ailleurs médiocre médecin, jt
Page 199. — Fos médecins, Fagon....
Clefs du dix-huitième siècle: a: M. Fagon, premier médecin du Roi, qui a succédé à M. Daquin, qui fut disgracié en 1693 par trop d'ambition, et pour avoir demandé au Roi la place de président à mortier, vacante par la mort de M. de Nesmond, pour son fils, intendant à Nevers ', et outre cela l'archevêché de Bourges pour un
I . Ce fils fut conseiller au Parlement, puis secrétaire du cabinet du Roi ( 1 684),
CLEFS ET COMMENTAIRES. 4i3
autre /ils, simple agent du clergé *. Il passoit aussi pour fort intéressé, et faisant argent de tout, jusque-là qu'il tira de du Tarte, chirurgien, vingt mille livres ])our lui permettre de saigner le Roi dans une petite indisposition, où il s'en seroit bien passé. Mais le principal sujet l'e sa disgrâce* fut qu'il étoit créature de Mme de Montespan, et que iMme de Maintenon A^ouloit le faire sortir pour y mettre son médecin Fagon.Daquin enveloppa dans sa disgrâce toute sa famille. L'int*'iiciant fut révoqué, et obligé de se défaire de sa cliarge de maître des requêtes; son fils qui étoit capitaine aux gardes'^, eut le même ordre. [L'abbé'' fut nommé, pour ses bonnes qualités, évêque de Fréjus à la place de son oncle ^, disgracié et exilé à Quimper-Corentin, remercia le Roi et eut l'évêché de Séez en Normandie, pour lors vacant, où il est mort de la peste en visitant un de ses neveux,] Daquin n'étoit pas fort habile dans sa profession. Il est mort d'apoplexie aux eaux de Vichy, où il étoit allé, le i3 mai 1696. »
L'énumération des faveurs que reçut la famille Daquin n'est pas complète, car il n'y est parlé ni de celles qu'obtinrent les frères de Daquin, ni des sommes d'argent, souvent considérables, qui lui furent données à lui-même. Pour en citer un exemple, il reçut, en juin 1687, un don de cent mille livres.
Pages 201 et 202,11° 70. — Que penser de la magie...? (1689.)
Choisy, ami de la Bruyère, exprime à peu près le même sentiment sur les a faits embarrassants, » si toutefois le passage qui a été publié
et intendant de Nevers. Rappelé au mois de janvier 1694, à la suite de la disgrâce de son père, il vendit sa charge de secrétaire du cabinet, et en acheta une de président au grand conseil.
1. C'est l'archevêché de Tours, suivant Dangeau et Saint-Simon, qu'il demandait pour son fils Louis, le même sans doute qui avait une abbaye dans le diocèse de Lucon, et qui l'échangea en 1687 contre une abbaye à Reims, tout en ol)tenant une pension sur l'abbaye qu'il délaissait. Voyez ci-après, note 4.
2. Voyez le récit de cette subite disgrâce, arrivée le 2 juin 1693, dans le Journal de Dangeau, tome IV, p. 388 et 389; et dans les Mémoires de Saint- Simon, tome I, p. 109 et iio. Conférez les Mémoires de Choisy, p. 355.