Voyez le Mercure galant du mois de février i685, p. i
3. Nous ne savons de qui était fils Jean-François le Boultz, qui devint en 1691 conseiller de la troisième chambre des enquêtes.
/jof) APPENDICE.
Pages loa-ioS, n°* Sq et 60. — Titlus assiste à la lecture d'un testament,... (1690.) — La loi qui défend.... La loi qui ôte aux maris.... (1690.)
Clefs du dix-huitième siècle : « M. Hennequin, procureur général au grand conseil % avoit été fait légataire universel par le testament de Mme Falentin ^^ femme de l'avocat au conseil, qui n'avoit fait faire ce testament au profit du sieur Hennequin que dans la vue qu'il remettroit les biens, comme étant un fidéicommis. Mais le sieur Hennequin ne l'ayant pas pris sur ce ton, et voulant s'approprier les biens, même ayant pris le deuil et fait habiller tous ses domestiques, M. Falentin fît paroître un autre testament en faveur de M. de Bragelogne ^, qui révoquoit le premier, et qui a été confirmé, celui-ci ayant mieux entendu l'intention de la défunte, »
Le Chansonnier Maurepas, où se trouve un Conte sur la mésaventure de M. Hennequin (tome Vil, p. 137-142), lui donne la date de 1687, et fait un récit dont tous les détails s'accordent avec l'hypothèse où se place la Bruyère dans la remarque 60. Mme Falentin , qui ne laissait pas d'enfants, n'avait mis dans sa confidence que son mari ; ni M. Hennequin, ni M. de Bragelogne n'avaient été instruits de son désir. Le public n'hésita pas cependant à condamner l'indélicatesse de M. Hennequin, qui avait voulu (( s'approprier cette succession, au lieu de la laisser au mari, son ancien ami, comme tout honnête homme auroit fait, jugeant bien que c'étoit l'intention de la testatrice.... Cela fit grand bruit, ajoute-t-on dans la note du Chansonnier, et pensa désespérer M. Hennequin, qui fut déshonoré et vilipendé partout. »
« Dans la coutume de Paris, lisons-nous dans une autre note du même recueil, les femmes ne peuvent faire de dons à leurs maris,
I . Louis-François Hennequin, sieur de Charment, d'abord conseiller, puis procureur général au grand conseil en 1668 ou 167 1. Il était beau-frère de l'Hôte, célèbre avocat, et avait deux frères : l'un était chanoine de Notre-Dame, conseiller au Parlement (François Hennequin, mort en 1709); l'autre avait été secrétaire de l'assemblée du clergé en i685.
1, Valentin dans les clefs imprimées; Falentin, qui doit être la meilleure leçon, dans le manuscrit Cocbin et dans le Chansonnier Maurepas, tome VI, p. i36.
3 . Une clef manuscrite fait de Bragelogne un président de Bretagne ; mais il s'agit, suivant le Chansonnier Maurepas, de Jérôme de Bragelogne, conseiller à la cour des aides de Paris (à laquelle il appartenait depuis i658, année où il avait cessé d'être conseiller au parlement de Metz).
les maris à leurs femmes, à moins d'un don mutuel ou d'un fidélcommis. » C'est résoudre sans hésitation la question que pose la Bruyère, et qu'il laisse indécise.
Si — la propriété d^in tel hienest dévolue au fidéicommissaire , pourquoi perd-il sa réputation à le retenir? M. Hennequin avait perdu la sienne, comme nous venons de le voir. — Sur quoi fonde-t-on la satire et les vaudenlles ? La « satire » et les « vaudevilles » sont sans nul doute le Conte qui a été recueilli dans le Chansonnier Maurepas.
Page igS, n° 62. — Typhon fournit un grand de chiens,...
Clef de 1696 : « Typhon^ M. de Baric, maître des requêtes. — Un grand .• M. de Louvois. » — Clefs des éditions Coste : « Typhon ^ M. de Bercy, maître des requêtes, » — Clefs manuscrites : « Typhon^ Borie, Baric. »
Les copistes et les imprimeurs ont sans doute mal lu ce nom sur la première liste où il a figuré. Quoique les occupations de Louvois lui laissassent peu de loisirs, il aimait la chasse, et prenait soin d'avoir une belle meute (voyez V Appendice de V Histoire de Louvois, par M. C. Rousset, tome IV) : peut-être en effet Bercy *, que nomment les clefs Coste, l'a-t-il « fourni» de chiens et aussi de chevaux. Mais quelle autre ressemblance pourrait-il avoir avec Typhon?
Quelques clefs manuscrites ont remplacé le nom énigmatique de Borie, Baric ou Bercy, par celui de Charnacé, qui avait été page du Roi et lieutenant des gardes, et qui, retiré en Anjou, y avait commis plusieurs crimes et fabriqué de la fausse monnaie,
c De Charnacé, autrefois lieutenant des gardes du corps, écrit
1 . Anne-Louis-Jules Malon de Bercy, fils d'un président au grand conseil, tenu sur les fonts de baptême par la reine Anne et par le cardinal Mazarin, a été conseiller au parlement de Metz, conseiller au parlement de Paris (1667), maître des requêtes {1674), commissaire pour les affaires des aides, puis intendant. Nommé à l'intendance de Berri en 1674, il n'en accepta ou du moins n'en remplit pas les fonctions, En i683, il devint intendant d'Auvergne; en 1684, il fut nommé intendant à Moulins, puis intendant à Lyon. Ayant eu de graves démêlés avec l'archevêque de Lyon, qui était le cardinal de Villeroy, il perdit en 1686 son intendance, et reçut en dédommagement le titre d'inspecteur général des ports de mer. Il devint en 1687 premier directeur de la compagnie des Indes orientales, et enfin commissaire pour la réforraation des justices maritimes. Il mourut en 1706, doyen des maîtres des requêtes, à l'âge de soixante-trois ans. C'est lui qui a fait construire Bercy.
4o8 APPENDICE.
Dangeau le i^r juin 1689 (tome II, p. 4o4 et 4o5), a eu une lettre de cachet pour s'en aller en Béarn, Il y a beaucoup d'accusations contre lui, et l'intendant de la province a envoyé des informations fort fâcheuses pour lui. Avant que de partir, il a épousé Mlle de Bouille, et a fait mettre un enfant qu'il avoit d'elle, sous le poêle. Il plaide contre M. de Roquelaure et M. de Foix pour la succession du duc du Lude, prétendant que tout le bien de la feue duchesse du Lude doit revenir à la fille qu'il vient d'épouser. Cette Mlle de Bouille avoit déjà été mariée avec M. de Pomenart, et depuis avoit fait casser son mariage et avoit repris son nom. »
Charnacé ne fut chassé d'Anjou que plusieurs mois après la publication de ce caractère; mais on savait déjà sans doute une partie de ses méfaits. Saint-Simon a plaisamment raconté le mauvais tour qu'il avait joué à un tailleur dont la maison a bouchoit tout l'agrément de son avenue, » et fut un jour transportée plus loin par son ordre. « Il veut plaider, dit Saint-Simon en parlant du tailleur, il veut demander justice à l'intendant, et partout on s'en moque. Le Roi le sut, qui en rit aussi, et Charnacé eut son avenue libre. S'il n'avoit jamais fait pis, il auroit conservé sa réputation et sa liberté. » (Mémoires^ tome II, p. 169-171.)
Il fut emprisonné en 1698.
Pages 195 et 196, n° 63. — Ragoûts, liqueurs, entrée, entre/nets,...
Clef de 1696 : « Le maréchal de Duras. » — Clefs des éditions Coste : « Où est-il parlé de In table...? Il prétend parler du combat de Valcourt, ou de M. le maréchal d'Humières. »
Le maréchal d'Humières', qui fit le siège de Valcourt au mois d'octobre 1689, subit un échec le 27, et fut repoussé après un combat où il perdit mille ou douze cents hommes. Les auteurs des clefs ont vu dans la réflexion de la Bruyère une allusion à cette défaite du maréchal d'Humières, l'officier général dont la somptuosité était le plus souvent célébrée. Il avait depuis bien longtemps transporté au camp le luxe des villes, car c'est au siège d'Arras, en i654, que nous reporte le passage suivant de Gourville, rappelé ci-dessus, p. 196, note i: « Etant fort connu de M. le marquis d'Humières, depuis maréchal de France, j'allai à son quartier.... Je fus bien surpris le soir, quand
I. T/iuis de Cievan!:, duc d'Humières, maréclial de France en 1G68, mort eu 1694.
on lui servit à souper, de voir que c'étoit avec la même propreté et la même délicatesse qu'il auroit pu être servi à Paris. Jusque-là personne n'avoit porté s:i vaisselle d'argent à l'armée, et ne s'étoit avisé de donner de l'entremets et un fruit régulier; mais ce mauvais exemple en gâta bientôt d'autres; et cela s'est poussé si loin jusqu'à présent, qu'il n'y a aucuns ofiiciers généraux, colonels ni mestres de camp, qui n'aient de la vaisselle d'argent , et qui ne se croient obligés de
faire, autant qu'ils peuvent, comme les autres Le lendemain j'allai
voir M. de Turenne, et j'eus l'honneur de dîner avec lui : il n'avoit que de la vaisselle de fer-blanc, avec une grande table servie de toutes sortes de grosses viandes en grande abondance : il y avoit plus de vingt officiers à la grande table, et encore quelques autres petites; il y avoit des jambons, des langues de bœuf, des cervelas et du vin en quantité. »
Le maréchal de Duras ' méritait-il une mention particulière à côté du maréchal d'Humières? plutôt que le maréchal de Créqui par exemple, qui se faisait suivre en 1674 ^^ sa vaisselle d'argent, plutôt même qu'aucun des autres chefs d'armée, qui sans doute avaient la même coutume ?
Voici, d'après M. C. Rousset [Histoire de Louvois^ 1862, tome I, p. 347), l'analyse de l'ordonnance rendue eu 1672 « pour la modération » des tables des officiers généraux et majors et autres servant dans les armées : Défense d'avoir plus de deux services de viande et un de fruit; nulles assiettes volantes; des plats de pareille grandeur, ne contenant que des mets d'une même sorte, excepté pour les rôtis j encore les viandes ne seront-elles pas l'une sur l'autre.
Pages 196 et 197, 11° 64. — Hermippe est [''esclave de ce qu'il appelle....
Clef de 1696 : « M. d'Hermenonville^. » — Clef Cochin : « M. Damfreville, chef d'escadre'. C'est [a-t-on ajouté, pour rédiger sans doute ce que l'on pensait devoir être une erreur de lecture j M. d'Allervillers, ou de Denonville, sous-gouverneur de M. le duc de Bourgogne, ci-
1. Jacques-Henri de Durfort, duc de Duras, maréchal de France en iS^S, mort en 1704, âgé de soixante-quatorze ans.