‹ Œuvres de La Bruyère (volume 4)Chapitre 233 sur 257 · I. Voyez ^ci-après^ p. 68o · texte numérisé non relu

I. Voyez ^ci-après^ p. 68o

tures. Admettons donc, puisqu'il le faut, que la Bruyère avait re'solu d'ajouter à ses Dialogues les notes justificatives qu'a publiées son éditeur : nous maintiendrons du moins que, selon toute apparence, il les recueillit sans prévoir qu'elles seraient imprimées; c'est sans doute dans le cours de son travail, sur le conseil peutêtre d'un ami, qu'il s'est promis de mettre sous les yeux du lecteur des extraits des ouvrages dont il résumait les doctrines.

Quel que soit, du reste, l'ami que la Bruyère chargea de reviser ses notes, aucune collation n'en a été faite : le texte même des notes, l'inexactitude ou l'insuffisance des renvois le démontrent surabondamment. Ne nous en étonnons pas. Si la Bruyère, après avoir écrit sept dialogues, a livré son manuscrit à un ami, ce ne put être que du 8 au 10 mai 1696, puisqu'il en faisait la lecture le 8 au soir', et que la mort le frappa dans la nuit du 10 au 11. En présence de cette mort imprévue, l'ami dut mettre en doute que la publication de ce manuscrit inachevé pût jamais avoir lieu, et penser que la révision dont il était chargé devenait inutile.

Les citations insérées dans le texte du vii^ dialogue (le seul des sept premiers dialogues qui en contienne un assez grand nombre) n'ont pas été mieux revues : divers renvois sont inexacts, et des fragments de chapitres différents, parfois même d'ouvrages distincts, sont juxtaposés sans que le lecteur soit averti qu'il n'a pas sous les yeux un seul et même morceau. Peut-être la Bruyère a-t-il été arrêté dans la composition de ce vu® dialogue par l'état défectueux des notes dont il faisait usage, et n'ayant pas à sa disposition la collection complète des ouvrages quiétistes, a-t-il jugé utile, avant d'achever ce dialogue, de reviser ses extraits : de là cet appel à l'obligeance d'un ami, au milieu même de son travail.

Le devoir de l'abbé du Pin, au défaut de l'ami qu'il met en cause sans nous dire clairemer.f ce qu'il avait à faire et ce qu'il a fait, était de reviser lui-même les citations qu'il publiait ; mais ce contrôle de passages dépourvus le plus souvent de renvois aux pages ou aux chapitres, quelquefois même aa livre, était, nous en avons fait l'expérience, xvn long et pénible labeur, pour lequel il eût fallu un éditeur moins affairé que Fabbé du Pin. Le Gendre et Saint-Simon, et avec eux tous les critiques, nous disent quelle bute il apportait à ses travaux. Il ne se départit pas de ses habitudes dans la préparation de l'édition des Dialogues^ et le soin très-insuffisant avec lequel il s'est acquitté du travail qu'il avait accepté s'ajoute encore aux raisons qui nous empêchent de lui attribuer une grande part de collaboration dans les Dialogues sur le quiétisinc .

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