‹ Œuvres de La Bruyère (volume 4)Chapitre 89 sur 257 · Var. (édit. 7 et 8) : ni plus familière · texte numérisé non relu

Var. (édit. 7 et 8) : ni plus familière

i6o DE LA MODE.

que la dévotion ^ sache encore mieux que la beauté et la jeunesse rendre une femme fière et dédaigneuse, (éd. 7.)

26. L'on a été loin depuis un siècle dans les arts, et dans les sciences, qui toutes ont été poussées à un grand point de raffinement, jusques à celle du salut, que Ton a réduite en règle et en méthode , et augmentée de tout ce que Tesprit des hommes pouvoit inventer de plus beau et de plus sublime. La dévotion ^ et la géométrie ont leurs façons de parler, ou ce qu'on appelle les termes de l'art : celui qui ne les sait pas n'est ni dévot ni géomètre. Les premiers dévots, ceux mêmes qui ont été dirigés par les Apôtres, ignoroient ces termes, simples gens qui n'avoient que la foi et les œuvres, et qui se réduisoient à croire et à bien vivre, (éd. 40

27. C'est une chose délicate à un prince religieux de réformer la cour et de la rendre pieuse ^ : instruit jusques où le courtisan veut lui plaire, et aux dépens de quoi il feroit sa fortune, il le ménage avec prudence, il tolère, il dissimule, de peur de le jeter dans l'hypocrisie ou le sacrilège ; il attend plus de Dieu et du temps que de son zèle et de son industrie.

28. C'est une pratique ancienne dans les cours de donner des pensions et de distribuer des grâces à un musicien , à un maître de danse, à un farceur, à un joueur de flûte, à un flatteur, à un complaisant : ils ont un mérite fixe et des talents sûrs et connus qui amusent les grands et qui les délassent de leur grandeur ; on sait que Favier est

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