‹ OEuvres de La Bruyère (volume 5)Chapitre 117 sur 875 · Y LEXIQUE DE LA BRUTÈRB · texte numérisé non relu

Y LEXIQUE DE LA BRUTÈRB

concurrcrament avec assied^ mais plna frëquemmeitt; Mile, pour «o/lfe; tiit^ pour ai: : cet deux demierSi une leuîe fini ; le deniiery dans me seule édition (voyes ces trois verbes an Lexique).

Aux mots et formes simples qui ont vieilli nous pouvons joindre, comme tombés aussi en désuétude, quelques composa, quelques locutions et périphrases : prié-Dieu (II, 9), pour « prie-Dieu » ; à énk (ly 85 ; I, 258 ; I, 356], d'un si commun emploi au dix-septième aiède pour notre féminin « à droite »; voie de lait (II, ^64), pour « voie lactée r* ; plancher de rapport (II, 140), pour « plancher de numpeterte »; ffu grégeois (I, laS), pour « feu d'artifice »; feindre dr, employé trois fois au sens d' « hésiter à, craindre de »; «e ptUMer à inoins (II, 270), « se contenter de moins » ; pemser à (II, 173), oi nous disons plut<)t penser sans à devant l'infinitif; meure em partie (I, a55], « mettre une taxe sur » ; souffler oia jeter en sabie nm perre deau-de-vie (II, 144), c'est-à-dire l'avaler, l'absorber d'un trsil, aussi vite que le sable absorbe l'eau, ou, comme l'explique l'Acadé* mie, aussi vite qu'opère le fondeur lorsqu'il jette en sabk : dk n'admet pas encore en 1694, mab seulement en 17 18, sabier^ qd résume la figure en un mot; du premier verbe, iou/yZrr, on peut lap procher Texpressiim populaire de sens identique : siffler c voyes k Dictionnaire de M. Littré,

Notons, en outre, ici quelques termes qui s'emploient absolunMDl, dans des significations où nous y joignons un déterminatif : tesmm (II, 171), pour (c le banc de l'œuvre »; t enfilade (II, i4o), pour « fsfr filade des salles, la longue suite de chambres sur une même ligne > ; la malle, pour la « malle de mercier, le panier de marchand «mbolint »; ainsi : a Son père a pu déroger.... par la malle » (II, 164); l'appartement^ dans les deux sens que nous indiquons un peu fd'

Une autre classe est celle des mots qui s'appliquent à des aujourd'hui passées d'usage, des mots qui, par suite, ont un petit sir d'archaïsme, parce que l'occasion de les employer ne se prëscale plus guère, mais qui demeurent historiquement français. La |diiptit ne reviennent pas souvent dans notre auteur ni ches aucun de qui ont traité des sujets marqués sans doute de l'empreinte de temps, mais se rapportant surtout, comme, par exemple, les trailéi et observations de morale, à l'humanité de tous les temps on as moins de toutes les é(>oques civilisées. De ces mots devenus rares soil absolument, soit dans leur acception d'autrefois, nous en pouvoM citer qui rappellent ou des coutumes de l'ancienne monarchie, on des lieux propres aux châteaux de nos rois : V appartement^ dans ses deux sens, soit les salles eu la cour s'assemblait le soir (I, 3 10), soît V\ cercle qui s'y tenait (II, 7) ; le halustre^ désignant les petits pilien (}ui formaient la clôture du lit du Roi, et, par extension, signifiant sod «abinet (le travail (II, /171); le flanc ^ en parlant de la chapelle df Versailles, de la partie que flanque et voit^ comme on dit en terme

PRÉFACE. r

d'architecture militaire, la tribune royale (II, i5i). Je ne parle pas du courtisan qui gratte à la porte royale (I, 3oi), comme dans le Remerciment au Roi^ de Molière (vers 40) : l'usage a passe, mais le mot n'a rien de vieux ni dans sa forme ni dans son acception.

D'autres termes établissent, dans les rangs, les conditions, les emplois, des distinctions que nous ne connaissons plus, comme celles que nous avons dans cette phrase : « Veut-on. ... qu'il fasse de son père un Noble homme^ et peut-être un Honorable homme^ lui qui est BfessrrePn (I, a 5 a.) Ailleurs il est question de la grandie et de la petite robe (I, 277) ; du simple officier^ membre d'une cour inférieure, qui se fait magistreu^ c'est-à-dire arrive à une haute charge de judicature (I, a65] ; du président de t Élection, du prévôt de la mare» chaussée (II, 4^0); àt chefs de fruiterie dans le service du château (I, 3oo) ; du laquais, du laquais de grande taille, sous le nom d'eUafier (I, 348) ; nous trouvons applique à un duc et pair le titre de yotre Grandeur (II, 10], que nous ne donnons aujourd'hui qu'aux évêques. Le masculin bailli est resté historiquement d'un fréquent usage, mais non le féminin baillive (II, 45o), désignant la femme du baiUi,

Frappent aussi comme mots rares les termes de blason : pièce honorable^ suppôts^ cimier (II, i65), feisce (II, i34), métal^ armei pleines y litres^ porter deux et une, etc. (I, aSi); les dignités des chapitres de chanoines : le cheffecier^ le maure du chœur ^ fécolâtre (II, 175 et 176), le prévôt de la collégiate (II, 45o); des pièces dn vêtement ou de l'armure : fraise (II, ao4), collet {ibidem et I, 161), petit collet (II, 49), canon (II, i5o], genouillère (II, i3o], hoqueton des archers (11,71), pourpoint à ailerons et chausses à aiguillettes [11^ 146); dans le nombre il en est qui sont antiques tout autant pour notre auteur que pour nous, comme le ou la sq)re (II, i5o), le bas fie saye (I, 378). Je ne relève pas « le bourgeois en i>audrier » (I, 1 78) : là encore c'est la mode qui a passé, et non l'acception qui a vieilli. Le mot ruelle ne s'applique plus à rien d'actuel, mais il est très-famUier aux lettrés par sa fréquente rencontre chez les écrivains. Celui de questionnaire (I, 180), ou bourreau donnant la question, n'a non plus d'emploi, grâce à Dieu, que pour le passé. Cest un progrès aussi, il me semble, que le maître n'ait plus à nommer mutinerie son insistance à « réduire » un élève paresseux, fût-il prince (II, 5o4). Ont encore disparu, avec les périphrases qui les désignent, les faiseurs d'horoscope « qui tirent la figure» (II, 201), et les gens « qui connoissent le passé par le mouvement du sas » [ibidem). Enfin il faut une certaine érudition pour n'être pas arrêté par le vieux mot de coteaux (I, 346), employé aussi par Mme de Sévigné (tome II, p. 519), au sens de gourmets raffinés, formant comme un ordre, une secte de gastronomes.

Les termes de droit et de procédure ne manquent pas dans les Caractères y mais je n'en remarque guère qui ne soient toujours untés

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