LEXIQUE DE LA BRUTÈRK
œlle du nombre (le plarid oà nous mettoot le wngnlwr) dans TeBploi du mot peuple ; « La carioâtë des pempUg fmpffmwtm de ^roir le Prince » (I, 388). Le Lexique indique cinq antree ezemplet de eet usage, qui est analogue à œlui de l'anglais pétrie iTec h Terbe aa pluriel, au sens de genSj monde^ on. Voyes à V IiHredmetion ticalCy p. xxxnr, %\ un bon noinbre de singnliera eC de plorids cartant de notre usage ; et à la même page, i% les rares difeigeecii de genre.
Les mots qui ont le plus d'influence sur la phyaioiiomie da discours, qui par la diflfërence de leurs emplms, d'une époqom k Pantie, diversifient la langue de la façon la plus marquée, oe aont natarellement les mots les plus fréquents, cens qui reviennent le plu souvent, et d'abord et surtout ces exposants de rapports cfoi seiWni à lier entre eux les exposants d'idées, et auxquels on poornût appfiquer, comme nom générique, la dénomination restreinte à une série de leurs espèces, d'articles ou jointures. Tels sont, outre les aitîda proprement dits, d'une part les pronoms, surtout les relatifs et les personnels de la troisième personne, et de rautre les particules, à savoir: les prépositions, les conjcmctions, quelques adverbes. On IroufCfs réunis dans le Lexique et particulièrement dans YlmrodÊteiiom grflamaticale^ de nombreux exemples ou la façon dont la Bruyère use de ces sortes de mots tranche sur la nôtre d'une manière frappante : b rencontre, à chaque pas, des diversités de ce genre est assurémeat, par sa fréquence mftme, une des marques les plus distinctives de ces deux époques de la langue séparées par environ deux siècles.
Une autre classe de mots dont la comparaison est très-propre sias h dater la langue, c'est celle de certains noms, figurés pour la pbpart, mais sans qu'on sente, pour ainsi dire, tant on y est fiiit, qu'Os le sont, à qui l'élasticité de leur signific4ition permet d'entrer dans m grand nombre de locutions. Voyez, entre autres, dans le Zenfsr, Part, Pabtir, Point, Foim et Fonds, Eimaorr, Tous, Joim, foi DibfABCHR, etc.
Nous en dirons autant des verbes à multiple usage qui se pitast SI mille tours, prennent les compléments et déterminatifs les pins divers, comme être, avoir ^ A*""^» ienir^ mettre^ Jeter ^ remplir^ elc Oi trouvera, aux articles de ces noms et de ces verbes, quantité d'c»plois qui distinguent la langue de la Bruyère de la nôtre..
Outre ces mots de rencontre habituelle dont le discours est parsemé et qui en afiectent tout l'ensemble par leur fréquent retour, i en est beaucoup d'autres qui nous frappent, les uns comme étant dès lors ou comme devenus depuis des termes de style rare et choisi, ks autres parce que leur signification, sans se modifier autant que dans b catégorie citée plus haut (p. vietvii), s'est nuancée plus ou moins sensiblement, du temps de notre auteur au nAtre, ou qu'il y a mis lui-mime <lo6 nuances qui lui sont propres. Il y a dans sa manière une finesse,
PRÉFACE. IX
un sentiment des nuances qu'on peut être tente parfois de nommer excessifs. Bien souvent il dëtoume les expressions de ce qu'on peut appeler la grosse et simple acception : par sa façon de les construire, de les entourer et accompagner, elles prennent chez lui, au moyen du reflet des expressions voisines, des valeurs réduites ou étendues qui veulent, pour être bien comprises, une subtile attention. Il s'ensuit que, parmi les passages que nous allons citer à ce propos, il en est un bon nombre qui ne témoignent pas du commun usage de l'é- IKKpie, et qui ont plutôt un caractère original, personnel. Mais que la signification particulière et l'application des mots soient, dans ces I>assages, propres à l'écrivain, ou qu'elles appartiennent à la langue de son temps, toujours est-il qu'employés comme ils le sont, ces mots, tout en gardant, pour de bons yeux, une suffisante clarté, étonnent a des degrés divers, et sont à relever, dans une étude comparative, |K)ur ce qu'ils offrent d'insolite, d'inattendu. Les exemples que je choisis, montreront quel genre de différence de son langage au notre et probablement, dans plus d'un, à celui de ses contemporains mêmes, j'ai ici en vue. Je ne suis pas seul, je crois, à me sentir, je ne dis pas choqué, mais arrêté un moment, comme on l'est par l'inaccoutumé, et surpris plus ou moins, par les emplois de mots que voici. Je les range dans l'ordre alphabétique, afin que le lecteur, voulant en retrouver tel ou tel qui l'aurait frapi)é, le puisse aisément.
a Un sot riche et accrédité » (I, i58) ; a Seguier a été grand et aecrééUi sans ministère d (II, 4^7} • ayant du crédit, de Tautoritë, grande contîdëration. L^Acadëmie, aans les premières éditions de son Dietioimmre^ n'applique aussi le mot qu*à des noms de personnes ; ce n^est qu*à partir de 1740 qu'elle le construit avec certains noms de choses.
a La lune n'achève par jour que cinq cent quarante mille lieues » (II, ^Sg), L'Académie ne donne, dans ses diverses éditions, nul exemple de cet emploi <ï achever.
Action^ désignant d'une manière générale toute pièce d'éloauence : a Vaction de Monsieur de Meaux » (II, 491); « Cette action de Monsieur de Meaux » {ibidem) : c'est Poraison funèbre de la princesse Palatine.
a Je ne sais point si le chien.... affectionne^ s'il craint..., s'il pense » (II, a55)*, a Affectionner une affaire » (I, 60). Nous arons là deux acceptions remarquables du rerbe affectionner ; dans le preihier exemple, il est 5 ris absolument; dans le second, il signifie : a prendre une affaire à cœur, ésirer qu'elle réussisse. »
Ajuster : voyez ci-après, p. xi. Concilier,
c Vos Toix.... toujours libres et arbitraires » (II, 47^) ' arbitraires^ qui dépendent de rotre seule rolonté, et dont vous disposez à votre gré^ que vous donnez à qui il vous plaît ; il s'agit des votes pour une élection à l'Académie.
« Il cueille artistement cette prune exquise » (II, 137) : avec art et industrie. L'adverbe appliqué à un acte de ce genre ne tranche pat sur notre usage par vétusté, mais plutôt, il me semble, sur celui du dixseptième siècle, par je ne sais quoi de moderne. Dans les trois autres exemples anciens que cite M. Littré, il n'est question que de chotet tra« Taillées ou rangées avec art.