‹ OEuvres de La Bruyère (volume 5)Chapitre 120 sur 875 · X LEXIQUE DB LA BKUTÈRI · texte numérisé non relu

X LEXIQUE DB LA BKUTÈRI

« La Yîile eti parUgée en divenct socîétéi, qui «wt cow KUÊam et petites républiques.... Tant qne cet msiêmèUgw ert duM m fotce...^ Ten ne trouve rien de bien dît ou de bien fidt qne ce qui put des noté » {I, 176) : cet mssemUMgtf cette union, cette association^ ectte eoterie.

« Il ne manque souvent à un ancien galant , auprès d*iine feauM qai rmttaeke^ que le nom de mari » (I, 175) : fu TnllMAe, ^pd le tMMt, k retient dans set liens, tour actif, pour nous moins usoci peut-être, mais bien plus expressif que ne serait le tour passif : « à qui if est ntuchié. » Le substantif attache^ où le même radical afrive à une tout nuire tion, celle à^agrémêmî^ eomttMt^memt^ n*est pas resté non plus du « usage : « Ils ne comprennent jpoint que sans leur mttmekt * on ait I* dence de les espérer (les pensions, les honneurs) » (II, 147)-

« U cultive les jeunes (ftmmes)..., c*est son e/Hwr » (II, iSj) : e*( dire c*est son goât, ce qui Tattire.

« Ces mots mwêmituimrs qui paroissent subitement, durent un temps, cl que bientôt on ne revoit plus s (I, 119) : e*est-à-dire ces mu^ts doal k passage dans la langue, ou ils ne restent pas, sont comme une foitniie aventure ; cet endroit rappelle celui d*Horaee, dont nous «Tons déjà eilé quelques moU (ci-dessus, p. n, note i) : Cadmiftiê fws naisc smmt m h^ ucn voeaàuia.

« LVloquence de la cbaire.en ce uni y entre d'humain et du talent de Torateur, est emekéê^ connue de peu de personnes, et d*une difficile cséceiîam » (II, s3o) : emekée^ pour être compris, a bien besoin de la anile : u connue de peu de personnes; s c'est un secret, qne peu connaiisent d possèdent ; nous n^appliquerions pas ainsi non plus le dernier iMt : exécution ; ni le participe exécuté^ eonune il Test dans ce passage où il ctt dit d*un « endroit d*une comédie, s qu*il a est très-plaisant et rn^s nalTT ment exécuté » (I, 187).

a Le capital pour une femme n'est pas d*avoir un directeur^ mais de vivre si uniment qu'elle s'en puisse passer s (I, 181) : la eapUai^ c*eal-4dire le principal, ce qui surtout importe. Relevons encore ioi ani nour simplemettt^ au sens d'égale et lîfgulière simplicité. — Voyes tMS, p. XXI, faire scm capital de.

a Ils envoient leurs offrandes dans les temples aux jours d'une gi célébrité s (I, 64) : céiéMté, solennité; c'est le seul sens que rAcadémîe donne au mot dans ses deux premières éditions ; jnais^ dès 1740, éèt ajoute racception ordinaire d'à présent : « grande réputation » ; pins ttvd (1798), elle fait de celle-ci le premier sens du mot, et dit l'autre visillL

c (Demander aux négociateurs) une certaine facilité, qui ne charma point leur commission ni les intentions de leurs maîtres » (I, 376) : métapboR toujours juste et légitime, mais devenue rare dans cette acception, quelque fréquentes que soient les occasions de s*en servir ainsi.

« Songez à pénétrer le sens du texte dans toute son étendue, et dam ses circonstances s fil, so3) : je crois que cet emploi du mot^ serait ~ jours aussi fort légitime, mais cela n'empêche point qu'il soit

aujourd'hui. Cet autre emploi ne Test pas moins : « Préférer.... les m ments donnés de sa main (de la main de son directeur) à ceux qui eac moins de cette circonstance » (II, i5s) : c'est-^-dire qui ont cette riroon stance de moins, que celui qui les donne soit votre directeur; je n*ai pas besoin de relever comme archaïsme le tour moins de pour de maims.

Cogner^ avec le complément ouvrage : a Où fend-il, où 00^M«-t— il son ouvrage ? » (II, 85.)

I . Os nioU : « tans lenr attache », ont été exjtlicniét k tort dans le Lexifua^ I l'article ÀTTAcai, par : « sana être attaché à eux ». Il faut remplacer cette esplîca* tiun par ccUe-ct : « sans leur agrément, leur assentiment ».

PRÉFACE. XI

Comédie^ étendu à toute pièce de théâtre ; il dit en parlant de Cor» neille : « Set premièrei eomédiês foui font comédies en effet)...; ses dernières (qui sont des tragédies) » (i, 189 et i4o)«

Concilier^ non pas plusieurs entre eux, mais un seul arec lui-même : « ConeUuz un auteur original, ojusîet ses principes s (II, io3) ; le second verbe, ajuster^ ne laisse pas d*étre remarcpiable aussi dans cette phrase, et, avec un sens différent, dans la suivante : « Il n*est pas hors de sa maison, qu'il a déjà ajusté ses yeux et son visage » (I, 356).

a Ck>mment résister à une si forte et si génénde conjuttUiom} s (I, 369) : au sens de coalltiom \ il s*agit de la ligue d*Augsbourg.

Content de^ se contentant de : a II ne donne powt de servantes à sa femme, content de lui en louer quelques-unes pour raccompagner à la vUle » (I, 77).

Déchiffrer^ figurément, révéler, découvrir ce qui est secret ou resté obscur : a Ces.... pancartes (billets d'enterrement) qui déchiffrent les conditions, et qui souvent font rougir la veuve et les héritiers » (I, i5i). Voyez, dans le Dictionnaire de F Académie^ les deux locutions : a déchiffrer une affaire, » et « déchiffrer quelqu*un. »

Le dedans^ {le) dehors^ les affaires intérieures, les af&ires extérieures : a Des citoyens s'instruisent du dedans et du dehors d*un royaume » (I, 346) ; « Une vaste capacité, qui s*étende non-seulement aux affaires de dehors,.,^ mais qui sache aussi se renfermer au dedans »(I, 390).

a La raison.... refroidie et ralentie par les années..., déconcertée ensuite par le désordre de la machine, qui est dans son déclin » (II, 16) : déconcertée^ troublée dans ses vues, dans 1* harmonie de acê opérations.

a Le rebut de la cour est reçu à la ville dans une ruelle, où il défait le magistrat » (I, 177) : triomphe de lui, a l'avantage sur lui; le mot est aussi à remarquer dans Texemple suivant : a II n'y a rien qui enlaidisse certains courtisans comme la présence du Prince.... Les gens fiers et superbes sont les plus défaits^ car ib perdent plus du leur » (I, 3oo).

« Il porte des chemises teèê-déUées » (II, i54) : des chemises très-fines; et au figuré : « Le panneau le plus délié » (I, 38i) : le piège le plus fin, le plus subtil ; il nous semble bien que cet adjectif, dans le premier sens surtout, n'est plus aussi usité qu'autrefois, quoique l'Académie ait persisté jusqu'en i835 à donner, comme en 1694, les exemples : a étoffe déliée, toile déliée. »

a II dit qu'ils (ces vins de Rhodes et de Lesbos) ne dementoient point leur terroir s (I. 17); « Si le plus petit (de ces astres) venoit à se démentir et à rencontrer la terre, oue aeviendroit la terre?» (II, 965): double emploi de démentir^ qui se aéduit bien de ses acceptions ordinaires, car le premier est très-voisin de démentir son origine^ et dans le second le sens est « cesser d'être ce qu'on est, de frire ce qu'on fait ; s mais l'un et l'autre offrent pourtant une nuance de style assez particulière.

Dernier^ marquant le superlatif, le plus haut point, parfois devant des noms auxquels nous ne sommes pas habitués à le joindre : a Le dernier mépris o (I, 3 10); « Le dernier dégoût » (I, 33a); a C'est le dernier secret, c'est un mystère » (I, a 18).

« Poussé par le jeu jusques à une déroute universelle » (I, 170). Ailleurs (I 171 n» 81), il joint déroute j comme faisant gradation, au mot rtiine\ 1 Académie, qui traduit ce terme par « renversement total des affaires de quelqu un, d ne l'accompagne, quant à Tusage, d'aucune restriction ; mais on peut dire cepenaant, je crois, qu'il est devenu rare, même dans la langue des lettrés.

c La ville dégoûte de la province ; la cour détrompe de la ville » (1, 337). L'Académie, dans ses cinq premières éditions, donne, sans obs^ation. ■cet exemple, semblable au nôtre : t Je veux vous détromper de cet

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