‹ OEuvres de La Bruyère (volume 5)Chapitre 135 sur 875 · II. Moins ET TEMPS · texte numérisé non relu

II. Moins ET TEMPS

A. Modes et Temps perstmnels.

i^ Emplois divers de l'indicatif :

Dans la plupart des exemples qui miTent, l*aMge Mttwl Tondrait on dn moiaa admettrait le subjonctif.

Il semble que la logique est Tait de conraincre de quelque rérité.

Il semble que le mariage met tout le monde dans ion ordre. (I, iSg.) Il semble qu'une passion vive et tendre ut morne et silencieuse. (I, 191 ; voyez I, 34, A a; I, 61, /. 4; et ci-après, p. xlvi, 7» exemple.)

Je comprends.... fort aisément qu il m^ naturel à de tels esprits de tomber dans Tincrédulité. (II, 938.)

Il fait rn sorte que Ton croi/, sans qu*il le dise, quMl porte une haire et t qu*il se donne la discipline. (II, i55.)

Il a une démarche molle et le plus joli maintien qu*il ett capable de se procurer. (II, i49*) t Cette pratique.... bannit Fëloquence du seul endroit où elle est en sa ^» place. (Il, i85.)

Il faut avoir de Tesprit pour être homme de cabale : Ton peut cepenr . dant en avoir à un certain point , que Ton est au--dessus de Tintrigue.

ar Feignant que la précipitation et le tumulte lui omt fmt oublier ses armes, Cl il court les quérir dans sa tente. (I, 8a.)

Ce nVst pas qu*il faut quelquefois pardonner à celui qui, avec un L grand cortège..., s'en croit plus de naissance et plus d'esprit. (I, 160.)

Le sens est : « Ce n^est pas qn*U ne faille » ; la Bmjère empkne ce iCést fos f»« au sens de touteJbU,

^^ Indicatif au sens du conditionnel :

b Dans la plupart des phrases qui suirent, c*est le eondittonnel passé qni ett remplacé par Timparfait de Tindieauf. Dans plusieurs la concordanee des temps n'est correcte qu*à la condition de substituer par la pensée un mode à Tantre, le conditionnel à rindicatif.

a Maint » est un mot qu'on ne Jepoit jamais abandonner, et par la facilité qu'il y avoit à le couler dans le style, et par, etc. (II, so6.)

« Valeur » devait aussi nous conserver a valeureux. » (II, 908.)

On en est là, quand la fièvre nous saisit et nous éteint : si l'on eût guéri, ce n^étott que pour désirer plus longtemps. (II, 19.)

Qii'a-t-il Jû faire? Si j'en juge.... par le parti que vous auriez pris vous-même en pareille situation, c'est ce qu'il a fait. (I, 307.)

Il est,.,, à désirer.... qu'on cherchât une fin aux écritures. (II, i85.)

S'ils (Voiture et Sarrazin) s'étoient moins pressés de venir, ils arrhotent trop tard. (II, 146.)

Si, content du sien, on eût pu s'abstenir du bien de ses voisins, on afoit pour toujours la paix et la liberté. (I, 368.)

Il y en a de tels que s'ils eussent obtenu six mois de délai de leurs créanciers, ils étaient nobles. (II, i63.)

Si l'on eût guéri, ce n'était que pour désirer plus longtemps. (II, 19.)

A ces exemples nous pouvons joindre le suivant, où voità équivaut à un présent dv rindicatif, substitut du conditionnel :

L'un d'eux.... se lève matin, chausse des guêtres,... prend un fusil : le poiià chasseur, s'il tiroit bien. (I, a8a.)

XLTi LEXIQUE DE LA BRUTARB.

3° Emplois divers du subjonctif, dëpendant soit de pronoms relatifs, soit de verbes suivis de que^ soit de locutions conjonctives :

Les hommes sont-ils.... assez équitables pour.... ne noom pas Caire désirer.... que Dieu existât^ à qui nouê pussions appeler de leur* jugements.

Si Marljr, où la ciu-iositë de Tentendre (son difcours k rAcadéaie) s^ëtoit répandue, n*a point retenti d'applaudissements que la cour mt dofinés à la critique qu*on en avoit faite.... fil, 4^3*)

Ce ne sont point.... des maximes que j*aM voulu écrire. (I, m.)

Il semble que s'il y a un soupçon injuste, bizarre et sans fondemeat. t|u*on ait une fois appelé jalousie, cette autre jalousie qui est un sentincDt juste.... mériteroit un autre nom. (I, 9o3.)

S*il se laisse prévenir contre une personne d^une condition privée, di qui il croie avoir reçu quelque injure : « Cela, dit-il, ne se peut iot(frir. » (I, 84.)

SMl doit son ^tre.... à une nature universelle qui a toujours clé et ^ sera toujours, laquelle il reconnaisse comme sa cause.... (Il, a53.)

II semble.... que le premier soii jeune, entreprenant.... (I, 161.)

Vo}eK ci-dessiK^ p. xlv, i*.

Le soldat ne sent pas qu'il soit connu\ il meurt obscur. (I, 353.)

Les esprits bornés.... ne peuvent comprendre cette uniTersalité de talents que Ton remarque quelquefois dans un même sujet. . . : ils ôteot ie riiistoirc de Socrate qu*il ait aansé, (I, 164.)

Il y a plus de rétribution.... pour un mariage que pour un bspCéoM... : l'on diroit que ce soit un taux sur les sacrements. (II, 173.)

Vous diriez qu'il ait l'oreille du prince ou le secret du miniatre. (1, 37t.)

Qui oseroit soupçonner d'Artemon qu*il ait pensé à se mettre dans var si belle place? (I, 3i3.)

A les voir si plaisants et si agréables, on ne croiroit point qu*ils fastei d'ailleurs si réguliers et si sévères. (II, 90.)

L'on me dit tant de mal de cet bomme, et j^y en rois si peu, que j( commence à soupçonner qu'il n'ait un mérite importun qui éteigne cdâi «les autres. (I, 3i3.)

Elle trouva qu'il n*avoit pas assez d'esprit, et désira qif il en eût eu davantage. (I, 197.)

Il y a quelquefois dans le cours de la vie de si cliers plaisirs et df si tendres engagements que l'on nous défend, quMl est naturel de désirer <lu moins qu'ils fussent permis. (1, ai4>)

Il est.... à désirer qu'elle (l'expédition) fût moins ouklUe,.,^ quelk refilât,,,, les bureaux..., et qu'on cherchât une fin aux écritures. (II, i85.)

Dans ces deux derniers exemples, qiii pèdient par apparenee de désaceord eabt kf temps^ le subjonctif dépend d*indicati(s ayant valeor de ronditinnnrla.

Tout persuadé que je sois que ceux que l'on choisit pour de différraU emplois.... font bien, je me hasarde de dire, etc. (I, iSi, variamie*')

« Tout persuadé que je suisy » dans 1rs é<iitions 8 et 9. ^ Voyin, dans le Li nfifi p. 364, à Tarticle Tout, locutions diverses.

Q Chaloureux. ... u se passe, bien que ce fùM une richesse pour la langae, vX qu'il se dise fort juste où a chaud » ne s*empioic qu^imnropmiMDt. (II, ao8.)

Dans les trois phrases suivantes, le subjonctif, qui do reste s*enploint>ît de wi9S anjonrd'hui, équivaut, pour le sens, au eonditionnel :

Y a-t-ii une passion, quelque violente.... qu*elle soit, qui ne^ tnir ce même langage? (I, 369.)

Il n'y a personne au monde qui ne dûi SToir une forte teinture de philosophie. (II, 63.)

INTRODUCTION GRAMMATICALE. xlyii

J'ose douter qu'ils (Voiture et S«rrasin) fuuemt teb aujourd'hui qu'ils ont été alors. (Il, 146.}

Nou< citons la phraae qui sait pour la mamire dont le tobjonetif s*7 allie an coa* ditionnel :

S'il ëtoit connu..., il seroit difficile qu'entre un si grand nombre de citoyens..., il ne B^en trouvât quelqu'un qui dirait de lui.... (I, a83.)

4<^ Eknplois divers soit da présent soit des passés de l'indicatif :

Il a une fois perdu au jeu tout l'argent qui êtt dans sa bourse. (II, 9.)

Jetez-moi dans les troupes comme un simple soldat, je suu Thersite ; mette^moi à la tête d'une armée..., je suis Achille. (I, 353.)

Je ne tous demande pas de tous mettre à Totre atelier pour faire.... une belle femme... ; essayez seulement de faire un bossu..., je suis content. (II, ^7^.)

Aujourd'hui elle est courue (une fleur bleue), les femmes s'en parent ; demain elle est négligée^ et rendue au peuple. (II, i45.)

S'il est quelquefois obligé de jurer deTant des juges qui exigent son serment : « Ce n'est pas, dit-il en perçant la foule pour parottre à l'audience, la première fois que cela Wiest arrivé, » (I, 6a.)

Vous le perdues il y a quelques années.... Vous jetâtes la Tue autour de vous , TOUS promenâtes tos yeux sur tous ceux qui s'offroient ; tous osâtes penser à celui, etc. (II, 467 et 468.)

5« Emploi du futur passe après le pronom relatif :

Nul ne se ressouTient d'un seul mot qu'il aura dit. (I, 49-) Si par hasard il a appris ce qui aura été dit dans une assemblée de Tille, il court dans le même temps le dimlguer. (I, 49*)

Il euTie à ses propres Talets.... la plus petite pièce de monuoie qu'ils auront ramassée aans les rues. (I, 58.)

Il est inexorable à celui qui.... ï aura poussé légèrement. (I, 64 et 65.) Au retour d'une cavalcade qu'il aura faite avec d'autres citoyens, il renvoie chez soi par un valet tout son équipage. (I, 74.)

Il n'est permis a personne.... de ramasser.... quelques olives qui seront tombées de l'arbre. (I, 55.)

6^ Concordance des temps :

Aux exemples d*apparence irréguUère qui sont citéi plus haut, dans oetti* section des Modes et des Temps^ particulièrement aux pages xlv et XLVX, a* et 3*, on {leut joindre les suivants :

[Ils] sont.... capables de sortir par effort de leur tempérament, s'il ne ^€SportoU pas à la vertu. (I, 353.)

Une vaste capacité.... qui sache.... se renfermer.... dans les détails detout un royaume; qui en bannisse un culte faux, suspect..., s'il s'y rencontre ; qui abolisse des usages cruels et impies, s'ils y régnent \ qui réforme les lois et les coutumes, si elles étoient remplies d'abus. (I, 390.) \^

Je demande.... quand il n'a pas été raisonnable que le crime soit puni. (II, 274; voyez I, i54, /. dernière^ et i55, /. i et a.)

Bien des gens vont jusques à sentir le mérite d'un manuscrit qu'on leur lit, qui ne peuvent se déclarer en sa faveur, jusques à ce qu'ils aient vu Ir cours qu'il aura dans le monde par l'impression. (I, 119*)

Voyez ei-dessos, 5* Emploi du futur passé,

7* Temps comj)osës.

Emplois a remarquer de P auxiliaire avoir :

Le premier.... n'est guère plus vain d'avoir paru à la tranchée..., que celui-ci ai avoir monté sur de hauts combles. (I, i56.)

ou

xLTiii LEXIQUE DE LA BRUTÉmB.

Cett beaucoup tirer de notre ami, ai «fMf WÊÊMé k wam gnmàt frvfv, il est encore un homme de notre connoiitance. ^I, 3o7.)

Je ne m'étonne pas quUl j ait des brelana publiea...; ^*il pute de en lieux des ëmittairef pour saroir à heure marquée qui m limtarmtJu à tene arec un araent fraîf d'une nouvelle priae. (I, «69.)

Les prédicateurs.... ami entré en société arec les auteun et les poêla. (II, aaè.)

Il semble que Gcéron mt êmtré dans les sentuaents de ce philoiopbf. (I, i5.)

Il n y a point eu au Palais.... de procédures longuet et einfarowllén u il naii du moins imterwMH, (II, 60.)

II s'avise de demander à sa mère quel jour elle « mceomeké de loi. (1, 71.)

B. Modes impersonnels.

1* Infinitif:

Je Toudrois de tout mon ecsur avoir mille endroits par où asanfaur awc quel aèle.... je suis, etc. (11,489.)

L'on s'est contenté de mettre de petites notes à côté de eertniiia endroin que l'on a cru les mériter, (I, 3s.)

Ils protestent.... que bien loin d*en répondre devant Dieu, il temUe..» qu'il leur ait réservé ce dernier.... moyen. (I, 171.)

Imfimtif sufet,

Vojei^ an Lexique^ Da, p. 85, il*, euaqik 19.

Dire d'une chose modestement ou qu*eUe est bonne on qu'elle est msavaise.... demande du bon sens et de rexpression. fl, aa3.) Parler et offenser^ pour de certaines gens, est précisément la même ehoK.

(I, aa6.)

Dam cet exemple, le verbe auquel !•• deux infiaitii» serreat de sujet est aa siaplier; dans le sniTant il est an pluriel :

Faire le familier (avec un grand), prendre des libertés, nian|iaettt un fat qu'un favori. (I, lia.)

Infinitif régi par des prépasiiioms .*

Le philosophe consume sa vie à ohserper les hommes, et il me m prits à en démêler les vices et le ridicule. (I, 127.)

Ce n'est pas seulement la terreur des maris, c est TépouTantail de ceux qui ont envie de l'être, et qui attendent d'un mariage à liBwfîi k vide de leur consignation. (I, 191.)

Si.... la propriété d'un tel bien est dévolue au fidéicommiaaaiie poorquoi perd-ii sa réputation à le retenir! (II, 194*)

O pâtres!... receve^-moi parmi vous k manger rotre pain noir. (II. ia8.)

Mettre les gens à pair clairement leurs intérêts à rouêfatre du bien. (1, 160.)

Il a commencé par dire de soi-même : c Un homme de mu aorte ; » il passe à dire : a Un homme de ma qualité, a (I, a5i.)

Si l'on cherche des hommes habiles..., totis se trouvent an milieu de vous, et je souffre à ne les pas nommer, (II, 464 et 465.)

Par cette élévation de Saturne, élevez vous-même.... votre imagînatioa à concevoir quelle doit être l'immensité du chemin qu*il parcourt. (II, a6a.)

Un coquin est celui à qui les choses les plus honteuses ne coûtent rien a dire ou à faire. (I, 45.)

Ou convie, ou invite, on offre sa maison, sa table, son bien et ses services : ricu ne coûte qu'à tenir parole. (I, 307.)

INTRODUCTION GRAMMATICALE. xliz

La gent volatile.... fVffiraye da Toisinage du lion...: elle te réfugie auprès de la béte qui.... la prend loot ta protection, qui se termine enfin à les croquer tous I un après Tautre. (II, i34.)

Les maisons de Saxe, d^Holstein.... sont celles à mon gré qui lui sont encore nécessaires à savoir^ et auxquelles je m^appliquerai dès jeudi prochain. (II, 488.)

Son attention est toujours de manière i^ depoir tous écrire.... que j*en suis content. (II, 490.)

Tout notre mal vient de ne pouvoir être seuls. (II, 46*)

Ils parviennent, en blessant toutes les règles de parvenir, (II, 44*)

Ces hommes.... relèvent Timportance de cette conquête,... exagèrent la nécessité qu'il y avoit de la faire, le péril et la honte qui suivoient de #*en désister, (II 119.)

Il exige d'abord de petites choses.... qui ne Texcluent pas iTen demam^ der une plus grande. (I, 374.)

Il s'est étouffé de crier après les chiens qui étoient en défaut. (I, s83.)

Voyez ci-après, p. lti, XII, exemplet-S et suivants.

Je me rachèterai toujours fort volontiers d^étre fourbe par être stupidc el passer pour^el. (Il, ai.)

Voulez-vous être rare? Rendez service à ceux qui dépendent de tous : vous le serez davantage par cette conduite que par ne vous pas laiuer voir. (I, 248.)

Quelques-uns, par une intempérance de savoir, et par ne pouvoir se résoudre a renoncer à aucune sorte de connoissance, les embrassent toutes et n*en possèdent aucune. (II, 189.)

Au lieu de manger religieusement chez soi une partie des viandes consacrées, il leê fait saler pour lui servir dans plusieurs repas. (I, Sa.)

Il manque de domestiques pour servir à table et être chargés du soin des noCes. (I, 76.)

Les Talapoins.... eussent élevé des pagodes au milieu des villes, où ils eussent placé des figures de métal pour être adorées. (II, 24S.)

Les hommes sont-ils.... assez équitables, pour devoir j mettre toute notre confiance? (II, 248, variante,)

II y entre Tdans cette manière de plaisanter) trop de fadeur et de grossièreté pour devoir craindre qu'elle s étende plus loin. (I, 289.)

Bien que les magistrats lui aient permis tels transports de bois qu^il lui plairoit sans payer de tribut, pour éviter néanmoins l'envie du peuple, il u'a point voulu user de ce privilège. (I. 78.)

Il aime peu à apprendre par cœur. Il me faut pour le réduire une mutinerie qui ne se comprend pas sans V avoir vue, (II, 5o4.)

Je voudrois qu*on ne fit mention de la délicatesse, de la propreté et de la somptuosité des généraux qju^ après Vk avoir plus rien à dire sur leur sujet, et t^étre épuisé sur les circonstances d'une bataille gagnée. (II, 196 et 196.)

Infinitif pris substantivement :

Le vol, le chant et le manger des oiseaux. (I, 8a, note a.)

Le goût, le vivre^ la santé et la conscience. (II, i35.)

Il doit son être et sa conservation à une nature universelle. (II, 353.)

a^ Participes:

Participe présent, a) Accord :

Le teol exemple que nous ayons à eiter eomme s^écarUnt de b règle actuelle est «cliii-«i :

Les corps towtùants de fort haut. (II, a6i et note i.)

Là BEcnri&x. m, a D

goûte à peine les nouTeaux arantagct ^ui le tireot enfin «ic notre WBÊktion.... Ainsi Ton s^accorde mal aTec.ioiHDdme; car Ton ▼«!! dca À

Jants^ et qu'il n*en coûte rien. (I, 207.)

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