‹ Œuvres de La BruyèreChapitre 21 sur 797 · INTRODUCTION GRAMMATICALE XLI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION GRAMMATICALE XLI

Tous les temps ne sont qu’un instant, comparés à la durée de Dieu... S'il est ainsi,.… qu'est-ce que le cours de la vie d’un homme ? (II, 272.)

Parler sans cesse à un grand que l’on sert, en des lieux et en des temps où il convient le moins. (I, 212.)

Ga été autrefois mon entêtement, comme il est le vôtre. (I, 242.)

Epouser une veuve, en bon françois, signifie faire sa fortune; il n’opère pas toujours ce qu’il signifie. (I, 265.)

Ce qu’il sait bien qu’il lui sera demandé, et qu'il ne veut pas octroyer. (I, 374.)

« Diseurs de bons mots, mauvais caractère »: je le dirois, s’il n’avoit été dit. (T, 330.)

J'ai différé à le dire, et j'en ai souffert ; mais enfin il m’échappe. (I, 182.)

On ne sauroit en diminuer la réputation (la réputation de mes écrits) ; et si on le fait, qui m’empèchera de le mépriser ? (II, 108.)

Le est pris de même au sens neutre quand il se rapporte à un adjectif ou à un participe, qu'ils soient, ou non, employés substantivement :

Il est habillé des plus belles étoffes. — Le sont-elles moins toutes déployées dans les boutiques ? (I, 159.)

Les belles choses le sont moins hors de leur place. (II, 171.)

Cela ne s’appelle pas être grave, mais en jouer le personnage; celui qui songe à le devenir ne le sera jamais. (II, 93.)

Les fourbes croient aisément que les autres Le sont. (II, 20.)

Une troupe d’excommuniés (les comédiens), qui ne le sont que par le plaisir qu’ils leur donnent (aux chrétiens). (II, 173.)

On pourrait encore expliquer le pronom par le neutre cela, dans l'exemple suivant, où il se rapporte à l'idée rendue par un nom pluriel :

Les enfants des héros sont plus proches de l'être (d’être héros) que les autres hommes. (IT, 122.)

Ce Tryphon qui a tous les vices, je l’ai cru sobre, chaste...: je le croirois encore, s’il n’eût enfin fait sa fortune. (I, 262.)

Il faudrait dans ce dernier exemple deux Le (ou plutôt le et tel) pour marquer le double rapport à Tryphon et aux adjectifs sobre, chaste.

3° Rapport des pronoms de la 3° personne à des noms employés d’une manière indéterminée :

S'il (un homme d’esprit) a de la laideur, elle ne fait pas son impression. (IL, 94.)

La présomption est qu'il a de l'esprit, et s’il est vrai qu’il n’en manque pas, la présomption est qu’il l'a excellent. (IT, 113.)

Ce ne sont point... des maximes que j'aie voulu écrire : elles sont comme des lois dans la morale, et j'avoue que je n'ai ni assez d'autorité ni assez de génie pour faire le législateur. (I, 111.)

Ceux qui écrivent par humeur sont sujets à retoucher à leurs ouvrages : comme elle n’est pas toujours fixe, ils se refroidissent bientôt pour les expressions et les termes qu'ils ont le plus aimés. (1, 118.)

Tout est tentation à qui la craint. (1, 180.)

L'un a raison et l’autre ne l’a pas. (I, 226.)

Si celui qui est en faveur ose s’en prévaloir avant qu'elle lui échappe... (; 307.) ù

Si vous êtes si touchés de curiosité, exercez-la du moins en un sujet noble. (I, 317.)

Il n’y a personne au monde qui ne dût avoir une forte teinture de philosophice. Elle convient à tout le monde. (II, 63.)

Ils... en dirent tant de mal (de cette harangue), et le persuadèrent si fortement à qui ne l'avoit pas entendue... (Il, 442.)

Il a les yeux ouverts sur tout ce qui vaque, poste, abbaye, pour les de-

mander. (I, 307.)

a n'y a pas lieu de relever les exemples où le représente un nom précédé de l'indélun:

Un homme de la cour qui n’a pas un assez beau nom, doit l’ensevelir sous un meilleur ; mais s’il l’a tel qu’il ose le porter, il doit alors insinuer qu'il est de tous les noms le plus illustre. (I, 305.)

D'un vilain homme. — Ce caractère suppose toujours dans un homme une extrême malpropreté.... Vous le verrez quelquefois tout couvert de lèpre... (I, 70.)

Dans la phrase suivante, il y a passage du sens général au sens particulier :

On le voit tantôt, pour s'exercer au javelot, le lancer tout un jour contre l’homme de bois, tantôt tirer de l’arc, etc. (I, 86.)

4° Rapport à des pronoms indéterminés :

Si quelqu'un se hasarde de lui emprunter quelques vases, il les lui refuse souvent. (I, 69.)

Chacun... croit penser bien... ; il en est moins favorable à celui qui pense... aussi bien que lui. (IT, 234.)

5° Nous, vous, se rapportant à on, ou pris au même sens indéterminé que ce pronom :

L'on aime à être vu, à être montré, à être salué, même des inconnus : ils sont fiers s’ils l’oublient ; l’on veut qu’ils nous devinent. (II, 36.)

Le poëme tragique vous serre le cœur dès son commencement, vous laisse à peine dans tout son progrès la liberté de respirer et le temps de vous remettre, ou s’il vous donne quelque relâche, c’est pour vous replonger dans de nouveaux abîmes et dans de nouvelles alarmes. (1, 138.)

Les exemples suivants nous montrent un emploi analogue des possessifs, soit adjectifs soit pronoms :

Le meilleur de tous les biens, s’il y a des biens, c’est le repos, la retraite, et un endroit qui soit son domaine. (I, 326.)

Vivre avec ses ennemis comme s’ils devoient un jour être nos amis, ot vivre avec nos amis comme s'ils pouvoient devenir nos ennemis. (1, 208.)

Il semble qu'aux âmes bien nées les fêtes, les spectacles... rapprochent et font mieux sentir l’infortune de nos proches ou de nos amis. (II, 38.)

L'on ne trouve rien de bien dit ou de bien fait que ce qui part des siens. (1, 276.)

Si, content du sien, on eût pu s’abstenir du bien de ses voisins, on avoit pour toujours la paix et la liberté. (1, 368.)

6° Omission du pronom :

Comme les hommes ne se dégoûtent point du vice, il ne faut pas aussi se lasser de leur reprocher. (I, 105.)

De le leur reprocher, dans les éditions de Coste et dans plusieurs éditions modernes. Ils... ont plus d’esprit que ne porte leur condition. (I, 340.)

7° Pronom surabondant. Voyez ci-après, p. Lx, PLréonasMe, 1°. 8° Ex, Y. Voyez au Lexique.

9° Construction des pronoms personnels. Voyez ci-après, p. Lx1v, 2°.

Page 1