‹ Œuvres de La BruyèreChapitre 41 sur 797 · INTRODUCTION GRAMMATICALE. LXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION GRAMMATICALE. LXV

Une personne de mérite... est une fleur qu’on ne désigne pas par sa couleur...; l’une des grâces de la nature...; qui est de tous les temps... ; que nos pères ont estimée..….; à qui le dégoût ou l’antipathie de quelquesuns ne sauroient nuire: un lis, une rose. (Il, 145.)

Il... va dans la rue se soulager, où il est mordu d’un chien. (I, 63.)

Faire beaucoup plus apporter de vin dans un repas qu’on n’en peut boire. (I. 61.)

5° Rejets plus ou moins remarquables :

Il... ne paroïît guère dans une assemblée publique qu'avec une vieille robe et toute tachée. (T, 71.)

Il fait déplier sa robe et la mettre à l’air. (I, 372.)

Pour peu qu’il y fasse languir quelqu'un et se morfondre. (I, 247.)

6° Appositions de participes et d’adjectifs :

Ce qu’on ne voyoit plus que dans les ruines de l’ancienne Rome et de la vieille Grèce, devenu moderne, éclate dans nos portiques, et dans nos péristyles. (1, 117.)

e.... ne rêve du matin au soir que... à lui rendre ses études moins amères, prévenu d’ailleurs que ce sont là vos intentions. (II, 484.)

Sans une grande roideur et une continuelle attention à toutes ses paroles, on est exposé à dire en moins d’une heure le oui et le non sur une même chose ou sur une même personne, déterminé seulement par un esprit de société et de commerce. (Il, 95.)

Ménalque est surpris de se voir à genoux sur les jambes d’un fort petit homme, appuyé sur son dos, les deux bras passés sur ses épaules. (II, 9.)

Appuyé, etc., se rapporte à Ménalque.

Poussé par le jeu jusques à une déroute universelle, il faut même que l’on se passe d’habits et de nourriture. (I, 270.)

Les difficultés... où les commentateurs et les scoliastes eux-mêmes demeurent court, si fertiles d’ailleurs, si abondants et si chargés d’une vaine et fastueuse érudition. (II, 203.)

Pour les appositions de substantifs, voyez ci-dessus, p. xxxv et xxxvi.

7° Changements, interruptions et mélanges de tournure, anacoluthes :

Voyez ci-dessus, XII, Récne, p. Lv-Lvn.

Il y a une philosophie... qui nous égale, que dis-je ? qui nous place plus haut que les riches. (II, 109.)

La source... de tant et de si grands événements. (II, 458.)

Ce spectacle... paroît animé et agir de soi-même. (I, 254.)

On le revoit paroître avec un visage exténué et d’un homme qui ne se ménage point. (Il, 157.)

Ce qu'il y a jamais eu de mieux pensé, de mieux dit, de mieux écrit, et peut-être d’une conduite plus délicate, ne nous est pas toujours venu de leur fond (du fond des grands). (I, 343.)

Que de dons du Ciel ne faut-il pas pour bien régner! Une naissance auguste...; ne faire jamais ni menaces ni reproches...; l'esprit facile, insinuant... ; être secret toutefois, profond...; du sérieux et de la gravité dans le public... ; punir sévèrement les vices scandaleux...; de grands talents pour la guerre; être vigilant, appliqué, laborieux...; une puissance très-absolue..….; au milieu d’ennemis couverts ou déclarés, se procurer le loisir des jeux...; un génie enfin supérieur et puissant...: ces admirables vertus me semblent renfermées dans l’idée du souverain. (1, 388-392.)

Je leur avois balbutié la veille un discours où il n’y avoit ni style ni

La BRuYÈRE., 111, 2 E

ee

sens commun, qui étoit rempli d’extravagances, et une vraie satire. (II, h4x.

D oc la pitié, la libéralité, la magnificence, sont-ce les vertus d’un homme injuste ? ou plutôt si la bizarrerie et la vanité ne sont pas les causes de l'injustice. (II, 112.)

Tout genre d’écrire reçoit-il le sublime, ou s’il n’y a que les grands sujets qui en soient capables P (I, 144.)

Voyez au Lexique, Si interrogatif, p. 337.

Qui sait parler aux rois, c’est peut-être où se termine toute la prudence et toute la souplesse du courtisan. (I, 329.)

La Be édition, la première où ce passage aït paru, met un point d'interrogation après les mots : « Qui sait parler aux rois ». Dans les suivantes, ayec la virgule, le tour : qui sait parler, semble être l'équivalent de savoir parler.

Déclarerai-je donc ce que je pense de ce qu’on appelle dans le monde un beau salut, la décoration souvent profane..., quelqu'un monté sur une tribune qui y parle familièrement ? (II, 171.)

Un homme chagrin... se plaint... de celui qui a écrit ou parlé pour lui, de ce qu’il n’a pas touché les meilleurs moyens de sa cause. (1, 68.)

L'on saura que le peuple ne paroissoit dans la ville que pour y passer avec précipitation: nul entretien, nulle familiarité; que tout y étoit farouche. (1, 23 et 24.)

Il ne manque... à l’oisiveté du sage qu’un meilleur nom, et que méditer, parler, lire et être tranquille s’appelât travailler. (L, 154 et 155.)

Le changement de tour est elliptique: « et ceci, à savoir que méditer... s’appelt, etc. »

Je ne m'étonne pas que des hommes qui s’appuient sur un atome chancellent dans les moindres efforts qu'ils font pour sonder la vérité, si avec des vues si courtes ils ne percent point, à travers le ciel et les astres, jusques à Dieu même; si ne s’apercevant point ou de l’excellence de ce qui est esprit, ou de la dignité de l’âme, ils ressentent encore moins combien elle est difficile à assouvir. (II, 238.)

Il n’y a point de vice qui n’ait une fausse ressemblance avec quelque vertu, et qu'il ne s’en aide. (I, 213 ; voyez ibidem, note 1.)

La jalousie et l’émulation s’exercent sur le même objet..…, avec cette différence que... celle-là... est un mouvement violent... ; qu’elle vamême jusques à nier la vertu dans les sujets où elle existe, ou qui forcée de la reconnoître, lui refuse les éloges, etc. (II, 40.)

Dans cette phrase, déjà citée à l’arlicle Qur, il y a sans doute une négligence qu'on s'étonne de voir maintenue dans toutes les éditions. Le sens paraît demander: « ou que forcée de la reconnoître, elle lui refuse, etc. »

J'ai dû marquer les caractères des uns et des autres (des vertueux et des vicieux), et ne me pas contenter de peindre les Grecs en général, mais même de toucher ce qui est personnel, et ce que plusieurs d’entr'eux paroissent avoir de plus familier. (I, 34.)

Le de placé devant toucher et qui fait dépendre cet infinitif du verbe contenter, est, quoique conservé dans toutes les éditions, une inadvertance, et nous l'avons marqué, aux Additions et Correclions, comme devant être effacé.

8° Périodes (voyez ci-dessus la Préface, p. xxvr et xxvir).

Les longues périodes n'abondent pas chez la Bruyère. Cependant il ne se les inter: dit pas. On en trouvera deux exemples assez frappants, de 14 lignes chacun, dès le début du Discours sur Théophraste, l’un à la page 9 du tome I : « Car sans m'étendre... difficiles à contenter »; l'autre à la page 10: « Les femmes au contraire... de leur portée ». Dans la Préface du Discours à l'Académie, deux phrases, l’une de plus de 12 lignes, l’autre de 18, remplissent toute la page 448 du tome IL ; unede même

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