A M. ESPRIT
Je vous envoie Topera dont je vous ai parlé; je vous supplie que Mme la marquise de Sablé le ' voie, car j'espère au moins qu'elle approuvera mon sentiment, et qu'elle sera de mon côté. Vous m'avez fait un très-grand plaisir d'avoir rectifié^ les sentences. Je prétends que vous en userez de même de l'opéra et de quelque autre chose, que vous verrez, que l'on pourroit ajouter, ce me semble, à Y Education des enfants^ que Mme la marquise de Sablé m'a envoyée'. Voilà écrire en vrai au-
mettre par écrit. Il est bien possible qu'une publication de Tannée même où nous croyons que la lettre fut écrite ait été l'occasion et de la thèse d'Esprit sur Brutus et de l'attention qu'y apporte notre auteur. Il parut en ifi6o une réimpression, datée d'Amsterdam,
du fameux livre intitulé : Vindiciie contra tyrannos Stepliaiio Junio
Briito ce/ta aiictoie {^Edimbiirgi^ iSjg), qu'on avait attribué successivement à Théodore de Bèze et à Duplessis-Mornay. mais que M. Henri Chevreul, après Gisbert Voët et Bayle, revendique pour Hubert Languet, dans son Etude sur le XVI' siècle^ Hubert Languet (2^° édition, p. 172). On peut voir une courte analyse du sujet de cet ouvrage dans l'article Lakguet de la Biographie universelle de Michaud, lequel a pour auteur Weiss de Besancon.
Lettre 54- — Portefeuilles de l'allant, tome II, fol. 2o3 et 204; c'est une copie; au dos, cette mention : « Sur les Maximes. » Publiée dans les éditions de 1818, p. 282, de 1826, p. 471, de 1869, p. 341, et dans Madame de Sahlé^ p. 617. Il est probable, pai le passage relatif à un retranchement de rentes (voyez ci-dessous, note 5), qu'elle a été écrite vers 1660 ou i665; plutôt 1660 : voyez la note 6.
I . Il y a dans la copie /a, au lieu de le, — a . Rectifié corrige ratifié.
3. Voyez ci-après les lettres 64, fi5, 87, et, dans l'étude de M. Edouard de Barthélémy sur Madame la comtesse de Maure, sa
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leur, que de commencer par parler de ses ouvrages*. Je vous dirai pourtant, comme si je ne l'étois pas, que je suis très-véritablement fâché du retranchement de vos rentes*, et que si vous croyez que pour en écrire à Gourville comme pour moi-même, cela vous fût bon à quelque chose, je le ferai assurément comme il faut*. Ma femme a toujours la fièvre double quarte : il y a pourtant deux ou trois jours qu'elle n'en a point eu. Je lui ai dit le som que vous avez d'elle, dont elle vous rend mille grâces. Je pourrai bien vous voir cet hiver à Paris. Je vous donne le bonsoir.
Le 24 octobre, à Vertœil.
Au reste, je vous confesse à ma honte que je n'entends pas ce que veut dire : La vérité est le fondement et la raison de la beauté^. Vous me ferez un extrême
vU et sa correspondance (in-i8, Paris, Gay, i863, p. iSy et i58), une leUre de celle-ci à Mme de Sablé, de février i6yo-; voyez aussi Madame de Sablé (p. 106-108), où V. Cousin dit qu'il n'a pu découvrir, malgré toutes ses recherches, cet écrit de la marquise.
4. Il nous semble, c'est aussi l'avis de V. Cousin [ibidem, p. 5 17, note 3). qu'on peut conclure de ce passage et de la fin de la lettre, que la Rochefoucauld était auteur, non pas seulement de l'addition à Y Education dis enfants, mais encore du livret de l'opéra qu'il envoie à Esprit, pour que celui-ci le montre à la marquise de Sablé.
5. Si la lettre est de 1660, il s'agit ici d'un retranchement provisoire d'un quartier de rentes de l'Hôtel de Ville. Si elle avait été écrite vers i665, comme la lettre 87, où il est également question de l'ouvrage sur VEducation, ce passage devrait s'entendre de la grande réduction de rentes opérée par Colbert en 1664, à laquelle Boileau a fait allusion dans sa satire ni, et dont Mme de Sévigné se plaint dans une lettre du i"' décembre 1664 (tome I, p. 457).
6. Gourville était fort lié avec Foucquet, qui lui fit avoir la recette générale des tailles de Guyenne, et dans la disgrâce duquel il fut enveloppé (voyez les lettres 81 et 84) : ce qui porte à croire que la lettre est antérieure à l'arrestation du Surintendant (1G61).
7 C'était sans doute quelque maxime soumisepar Esprit à notre
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plaisir de me l'expliquer, quand vos rentes vous le permettront; car enfin, quelque mérite qu'aient les sentences, je crois qu'elles perdent bien de leur lustre dans un retranchement de l'Hôtel de Ville, et il y a longtemps que j'ai éprouvé que la philosophie ne fait des merveilles que contre les maux passés ou contre ceux qui ne sont pas prêts d'arriver, mais qu'elle n'a pas grande vertu contre les maux présents*. Je vous déclare donc que j'attendrai votre réponse tant que vous voudrez; mais je vous la demande aussi sur l'état de vos affaires. La honte me prend de vous envoyer des ouvrages. Tout de bon, si vous les trouvez ridicules, renvovez-lesmoi, sans les montrer à Mme de Sablé.
Ce que vous me faites l'honneur de me mander me confirme dans l'opinion que j'ai toujours eue, que l'ou ne sauroit jamais mieux faire que de suivre vos sentiments, et que rien n'est si avantageux que d'être de votre parti. Le P. Esprit* me mande néanmoins que
auteur. Voyez dans l'ouvrage de Jacques Esprit : la Fausseté des vertus humaines tom" I, p. 83-io8), le chapitre intitulé : rumour de. la vérité,