Rapprochez de la maxime 22 (tome I, p. 89 et note
Lettre 55. — Portefeuilles de Fallait, tome II, fol. 149 et i5o, autographe ; cachets conservés ; au dos : « M. de la Rochefoucauld. » Publiée dans les éditions de 1818, p. 227, de iSaS, p. /(fil, de 1869, p. 326, et dans Madame de Sablé, p. 5io. Cette lettre paraît avoir été écrite en 1660.
I. Le P. Thomas Esprit, le frère aîné de l'académicien Jacques Esprit, mourut à l'Oratoire, en 1671. Voyez sur lui les Mémoires du P. Rapin (tome I, p. 4ii); Xe Port-Royal de Sainte-Beuve (tome IV, p. 200); et ci-dc5SU'^. ]). I25, la lettre 49- uotc 2.
LETTRES. i35
Monsieur son frère n'en est pas, et qu'il nous veut détromper. Je souhaite bien plus qu'il en vienne à bout que je ne crois qu'il le puisse faire. Je vous rends mille très-humbles grâces de ce que vous avez eu la bonté de dire à M. le commandeur [de] Souvré*. J'espère suivre bientôt son conseil, et avoir l'honneur de vous voir à Noël. J'avois toujours bien cru que Mme la comtesse de Maure ^ condamneroit l'intention des sentences et qu'elle se déclareroit pour la vérité des vertus*. C'est à vous, Madame, à me ^ justifier, s'il vous plaît, puisque j'en crois tout ce que vous en croyez. Je trouve la sentence de M. Esprit la plus belle du monde : je ne l'aurois pas entendue sans secours; mais, à cette heure, elle me paroît admirable ®. Je ne sais si vous avez remarqué que
a. Voyez p. 139, lettre 52, note 2.
3. Anne Donl d'Attichy, fille d'Octavien Doni, baron d'Attichy, et de Valence de Marillac, née en 1600, fille d'honneur de la reine mère Marie de Me'dicis; elle avait épousé Louis de Rochechouart, comte de Maure, cadet de la maison de Mortemart. Elle mourut en avril i663. Sur cette amie bien connue de Mme de Sablé, qui fut aussi zélée janséniste qu'elle avait été ardente frondeuse, voyez, outre Sainte-Beuve, Port-Royal (tome V, p. 71, 72, 78, 77), et V. Cousin, dans la Société française au dix-septième siècle(tonieI, p. 198 et suivantes), et ànnsV appendice xxii de Maaamede Sablé (p. 435-498). l'étude (déjà citée lettre précédente, note 3) de M. Ed. de Barthélémy sur la Comtesse de Maure.
4. On lit en effet dans une lettre de Mme de Maure à la marquise de Sablé (voyez la page 172 de l'ouvrage précité de M. Éd. de Barthélémy), datée de mars 1661, et où elle parle d'un jugement porté par elle-même sur les Maximes de notre auteur : « Il me semble, m'amour, que M. de la Rochefoucauld n'y est pas assez loué pour le lui envoyer, et du moins il y faudroit remettre quelque chose que j'ai oublié avant de dire : « Mais je trouve qu'il a fait à « l'homme une âme trop laide. » Rendez-le-moi, s'il vous plaît, m'amour, pour voir si je le pourrai rendre aussi propre pour lui qu'il peut l'être pour M. Esprit. »