AU COMTE DE GUITAUT. TôëT
Pains, le 21 mai.
Je viens d'apprendre par M. de Briolle* Taccident qui est arrivé aux couches de Madame votre femme ^. Je ne vous dis point que j'en suis aussi affligé que vousmême, parce que je crois que vous n'en doutez pas. Je vous conjure de me mander de ses nouvelles et des vôtres. Je vous ai écrit, il n'y a pas quinze jours, une assez longue lettre; je voudrois bien savoir si vos gens vous l'ont envoyée. Il n'y a rien présentement qui puisse être mandé, que l'aventure du chariot, dont je m'assure que vous êtes informé comme nous. Quand je saurai le nom des principaux acteurs, je vous le manderai. Le fils de Jarzé* a eu permission de porter le mousquet dans le régiment du Roi, commandé par M. d'Angeau*. Par ce moyen-là, il verra le Roi, et
Lettre 93. — Publiée pour la première fois dans le recueil de Lettres inédites de Mme de Sévigné (Klostermann, p. 385; Bossange,, p. 399). Antérieure à la paix de Breda (voyez ci-après, la note 5), elle paraît être néanmoins de 1667, année où mourut la première femme du comte de Guitaut.
I. Ici et dans la lettre suivante, l'orthographe des éditions de 1814 et de 1834 est Brioles : voyez ci-dessus, p. 63, lettre 34 et note 4-
a. Voyez la lettre qui précède.
3. Sur le marquis de Jarzé, voyez les Mémoires, p. 142, note 3 ; et ci-dessus, p. 53, lettre 31 et note 6. Son fils, dont il est ici question, Marie-Urbain-René du Plessis de la Roche-Pichemer, perdit un bras au siège de Philipsbourg. Voyez les Lettres de Aime de Sévigné, tome VIII, p. 307 et 208, p. 328 et 5o8.
4. Les éditions Klostermann et Bossange portent d'Anseaux\ c'est évidemment une erreur. On voit en effet dans VHislvire de la milice française du P. Daniel, 1721, in-4'' (tome II, p. 397 et SgS), que le marquis de Dangeau fut le premier colonel (1664) du régiment du
I Roi, créé en 1663, et qui n'avait eu d'abord qu'un lieutenant-co-
' louel, M. Martinet. Le Roi, dit l'autetir cilé, « trouva bon que les
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cela fait son afifaire insensiblement. La paix d'Angleterre n'est pas faite encore, et même il semble qu'elle s'éloigne^. Me voilà à bout de nouvelles. Je suis plus à vous que personne du monde.