‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 2)Chapitre 8 sur 256 · I. LE PRIACE DE MARCILLAC A SEllISAY · texte numérisé non relu

I. LE PRIACE DE MARCILLAC A SEllISAY

Je me doniierois T honneur d'écrire à jNIonsieur. si ie 7^

Lettre i. — Revue siir l'autographe conserve' au Dépôt des affaires étrangères (France, tome 86, fol. 5i et Ss); cachets à demi conservés. Elle a été puhlie'e pour la première fois par Y. Cousin, dans la seconde édixion de MaJa/ite Je Chevreuse (Jp[>eiuHce, p. 4'^9)i et reproduite dans les éditions suivantes. On voit, par le contenu, qu'elle est de 1687, année où la diicliesse de Clievreuse s'enfuit en Espagne. «La lettre n'est pas signée, dit Y. Cousin en note à l'endroit cité, mais l'autlienticité n'est pas douteuse : l'écriture est tout à fait celle qu'a toujours gardée la Rochefoucauld; c'est la première lettre que nous connaissions du futur auteur des Maximes. » Yoyez ci-après, p. 16, la note préliminaire de la letlre 2.

I. Serisay ou Serizay " était membre de l'Académie française, dont il fut le premier directeur (de mars i634 à janvier i638\ Gourville [Mémoires, p. 493) dit qu'il a avoit beaucoup d'esprit et étoit secrétaire de M. de la Rochefoucauld le père; » un peu plus loin (p. 49^)1 il l'appelle « homme d'esprit, mais fort bouillant. » Yoici la notice que lui consacre Pellisson dans le Catalogue des .Icadémiciens (voyez son Histoire de V Académie, édition Livet, tome I, p. 266 et 1.(17) • " -Tacques de Serisay, né à Paris [vers iSpo), intendant de la maison du duc de la Rochefoucauld. Il n'y a rien d'imprimé de lui; mais il a beaucoup de poésies et d'autres œuvres en prose à imprimer. » Le continuateur, d'OIIvet, .ijoute : « Il mourut a la Rochefoucauld [Charente) au mois de novembre i653. Du reste, il ne m'est connu par nul endroit, si ce n'est par quelques poésies, mais fort courtes et en petit nombre, imprimées dans les

•* On écrivait aussi Cerizay (voyez notre tome II, p. xxxill, et les Recueils lie Sercy, cités dans la suite de cette note); il y a un clief-li&u de ta:itoa de ce uoiQ dans l'arrondissement de Bressiiire (Dj;ix.-.Sè\-res).

i4 LETTRES.

g, ne savois que Madame" lui mande toutes les nouvelles qu'elle sait, et les particularités d'une affaire qui nous met en peine. Vous saurez donc que Mme de Chevreuse * m'a fait l'honneur de m'écrire une lettre, dont je vous envoie une copie*, à laquelle j'ai obéi en lui enrecueils de Sercy". » — On lit, aux pages gi et 92 du même tome de la même Histoire de V Académie^ que Serisay, ayant été mandé par le cardinal de Richelieu, en même temps que d'autres membres chargés, avec lui, de polir les Sentiments de t Académie sur le Cid, s'excusa de se rendre à cette invitation « sur ce qu'il éîoit prêt à monter à cheval pour s'en aller en Poitou. » Ailleurs (tome I, p. rSa) Pellisson fait de lui cet éloge, que, dans ses harangues, « il satlsfaisoit tout le monde au dernier point. » A la page 20 du même tome, il cite une lettre écrite par lui à Richelieu (22 mars i634), au nom de l'Académie. Nous avons trouvé une autre lettre du même personnage, datée de Verteuil (28 octobre 1G47), dans les Papiers de Conrart^ in-4°, tome XIV, p. 69-71 (Ribliothèque de l'Arsenal).

2. Monsieur^ à la ligne précédente, désigne le duc François V, né en i588, mort en i65o, premier duc delà Rochefoucauld, père de notre auteur. Il était alors à Paris : voyez V. Cousin, la Jeunesse de Mme de Longueville^ p. 296. On trouvera de lui, kV appendice!^ cinq lettres, plus une annexe à la lettre 3. — Madame, c'est-à-dire la mère de l'auteur, Gabrielle du Plessls-Liancourt, fille de Charles du Piessis, seigneur de Liancourt, et d'Antoinette de Pons, marquise de Gucrcheville, qui fut dame d'honneur de Marie de Médicis, et inspira une inclination passagère à Henri IV. François V de la Rochefoucauld l'avait épousée en juillet ifiii. Malherbe parle de ce futur mariage, comme tenu pour « indubitable, » dans une lettre à Peiresc, du 2 fé\Tier i fi 10 : voyez ses OEuvres, tome III, p. i34.

3. Sur Mme de Chevreuse, voyez, dans notre tome II, la note 3 de la page 4 des Mémoires.

4. Cette copie ne se trouve pas jointe à la lettre à Serisay, au Dépôt des affaires étrangères. — Au sujet des faits dont il s'agit ici, voyez, à la page i5, la note 10 de cette lettre; les pages 33 et suivantes des Mémoires; le billet de Mme de Chevreuse, inséré, ibidem^ dans la note 2 de la page 34 ', et ci-ajjrès, dans Vappendice i,

es pièces énumérées dans la note 10 de la page suivante.

« Voyez. les Poésies choisies, .'>'= jjiirtie (Paris, Sercy. 1660), p. 374, ^"J^ et iSû.

LETTRES. i5

voyant un carrosse et des chevaux pour aller à Xaintes ; mais nous avons appris par leur retour qu'elle a pris un autre chemin, comme vers Bordeaux", de sorte que, ne sachant si cette aïFaire-là n'est point de conséquence, nous avons cru qu'il en falloit donner avis à ^Monsieur. Si ce n'est rien, je serai bien aise qu'on n'en fasse point de bruit. J'ai reçu aujourd'hui de vos lettres; mais je n'en suis pas plus informé de nouvelles que j'étois auparavant. .Te vous prie de faire retirer soigneusement une caisse ^ qui est portée par la charrette de Poitiers, nui partira jeudi. Voilà toutes mes commissions pour cette heure. J'espère que vous aurez plus de curiosité d'apprendre des nouvelles, afin de pouvoir m'en instruire mieux que vous n'avez fait jusques à présent'. Je vous donne le bonsoir.

Adieu', mandez-moi toujours 1 état de votre santé.

A VertœiP, ce l'à septembre [1637*"].

Suscription : A Monsieur Monsieur de Serisa\ .

5. « Comme vers Bordeaux » est en interligne dans l'original.

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