Nous en donnons le fac-similé dans VAlhum
la LETTRES.
Jeux (m trois d'entre elles, et çà et là quelques passages, twutes sont ou de simple politesse et de compliment, ou correspondance daffaires, missives d'homme pressé se bornant au nécessaire, qu'il s'agisse, soit de politique, comme dans la première partie du volume, soit, comme dans la seconde, de rapides communications et consultations littéraires. De l'homme lui-même, et l'on en peut dire autant de Corneille, de la Bruyère, de Molière, il ne nous reste aucune confidence écrite, aucune de ces pages, en manière de causeries, oîi la plume court la bride sur le cou. Mais peut-être, après tout, n'a-t-il pas écrit beaucoup de ces lettres où l'on aimerait à recueillir un supplément d'informations, et, en quelque sorte, des aveux sur la vie morale de l'auteur. Outre qu'à ce point de vue il avait pu s'épancher de reste dans les Maximes, il ressemblait peu, par le caractère, par la nature et le tour d'esprit, aux grands épistoliers, aux Cicéron, aux Sévigné, aux Voltaire. Ce qui le distinguait, ce n'était point la verve, l'abondance, le trop-plein. Après les déboires de cette ambition, toujours trompée et toujours renaissante, où son plus bel âge s'était consumé, le cercle au milieu duquel il vécut suffisait sans doute à le satisfaii'e et ne laissait guère à son esprit, un peu paresseux au demeurant, le loisir et le goût de ces échappées. A partir de i665, comme nous le disons dans la Notice biogropliique, l'auteur des Maximes était devenu une sorte d'oracle, et son suffrage était recherché comme le garant de celui du public. Sans être insensible à ce genre de gloire, il prenait discrètement son rôle, parlant peu en société, avare de louanges pour lui-même* et pour les autres, ne contestant jamais*, et, dans les conversations comn^e la plume à la main, préoccupé de proportionner les termes aux choses. Bref, c'était, avant tout, un esprit sobre, observateur, réfléchi, même dans l'abandon de l'intimité, aimant à se concentrer sur un point unique. Oui se plaindrait que le temps que tant d'autres auteurs emploient à multiplier leurs ouvrages, la Rochefoucauld n'en ait usé que pour perfectionner et polir le sien ?