N'ayant eu d'autres intérêts. {Ibidem
5. Dans la querelle pour le gouvernement de Bretagne, que Richelieu avait comme légué au maréchal, et que prétendait la maison de Vendôme, Cette affaire partagea toute la cour en deux camps. « M. de Marcillac, dit la Chutre (p. 189), ayant obligation au premier, et voyant son père dans son parti, étoit prêt à s'y mettre aussi ; mais, en ayant parlé à la Reine, elle lui commanda de s'offrir à M. de Beaufort, et lui en parla comme de la personne du monde pour qui elle avoit autant (sic) d'estime et d'affection. »
MÉMOIRES. [1643] 6î
l'enipt'cher de remarquer qu'elle cléfencloit à ses serviteurs de voir son premier ministre. Je devois soupçonner (ju'elle ne me disoit pas les plus véritables raisons ; mais peut-être aussi qu'elle ne les connoissoit pas assez ellemême alors * pour me les pouvoir dire.
Cependant le cardinal Mazarin s'établissoit tous les jours auprès de la Reine, par sa propre industrie et par celle de ses amis. Ses bonnes et ses mauvaises qualités ont été assez connues et assez publiées, pendant qu'il a vécu et après sa mort, pour me dispenser de les écrire : je ne parlerai que de celles que j'ai remarquées dans les occasions où j'ai eu quelque chose à traiter avec lui. Son esprit étoit grand, laborieux, insinuant et plein d'artifice ; son humeur étoit souple ; on peut dire même qu'il n'en avoit point, et que, selon son utilité, il savoit feindre toutes sortes^ de personnages. Il savoit éluder les prétentions de ceux qui lui demandoient des grâces, en leur en faisant espérer de plus grandes ^, et il leur accordoit souvent par foiblesse ce qu'il n' avoit jamais eu intention de leur donner. Il avoit de petites vues, même dans ses plus grands projets ; et, au contraire du cardinal de Richelieu, qui avoit l'esprit hardi et le cœur timide ^, le cardinal Mazarin avoit plus de hardiesse dans le cœur que dans l'esprit. Il cachoit son ambition