‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 101 sur 610 · Toute sorte · texte numérisé non relu

Toute sorte

3. « Le fort de M. le cardinal Mazarin étoit proprement de ravauder, de donner à entendre, de faire espérer ; de jeter des lueurs, de les retirer; de donner des vues, de les brouiller. » [Mémoires de Retz^ édition Champollion, tome III, p. 393 et 394.) — « C'étoit une des meilleures maximes de ce cardinal de ne se hâter pas dans la distribution des grâces, parce qu'ordinairement le temps le liroit d'affaire. » {Mémoires de litissy Rabutin^ tome I, p. i35.)

4. « Il étoit.... hardi dans ses projets, timide pour sa personne », a écrit plus haut (p. 3) la Rochefoucauld, en parlant de Richelieu.

et son avarice sous une modération affectée ^ : il déclaroit qu'il ne desiroit^ rien pour lui, et que toute sa famille étant en Italie, il vouloit adopter pour ses parents tous les serviteurs de la Reine, et chercher également sa sûreté et sa grandeur à les combler de biens ^.

Je voyois diminuer la confiance que la Reine avoit eue pour le duc de Beaufort et pour Tévéque de Beauvais. Elle commencoit à craindre Fhumeur rude et altière du duc de Beaufort. Il ne se contentoit pas d'appuyer les prétentions du duc de Vendôme contre le maréchal de la Meilleraye pour le gouvernement de Bretagne ; il appuyoit* encore les espérances, quelque mal fondées qu'elles pussent être, de tous ceux qui s'attachoient à lui, et il se vantoit même de son crédit aux dépens de la réputation de la Reine. Elle savoit cette conduite et elle en étoit vivement aigrie ^ ; mais elle ménageoit encore le duc de Beaufort, et ne pouvoit se résoudre de ^ l'abandonner si peu de temps après qu'elle lui avoit confié ses enfants^. Le cardinal Mazarin profitoit avec

1. Rapprochez du portrait si injuste et si dur trace' par Retz, tome I, p. 283-287,

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