Dans la nuit du 9 au 10 janvier i
5. Voyez le récit de Gourville (p. 221-223), et celui de Mme de
ii6 MÉMOIRES. [1649]
Le bruit de leur venue se répandit en peu de temps et fit de difFérents effets * : le peuple les reçut avec joie ; mais ceux du Parlement qui ignoroient le traité de Noisy, fomentés^ par les partisans de la cour, publioient que c'étoit un artifice, et que le prince de Conti et le duc de Longueville, liés au prince de Condé partant de proximité et par tant d'intérêts, ne se mettoient à la tête d'un parti que pour le sacrifier à la vengeance du cardinal Mazarin. Cette impression, si aisée à recevoir par un peuple timide et par le Parlement étonné , fit douter quelque temps de la sûreté de Mme de Longueville , du prince de Conti et de tout ce qui les avoit suivis'. Le Parlement rejeta d'abord leurs offres, et il ne les reçut qu'après qu'il fut instruit par le Coadjuteur, Broussel, Longueil, et par ceux qui savoient le traité. M. le prince de Conti et Mme de Longueville, pour donner plus de confiance, logèrent dans l'Hôtel de Ville, et se livrèrent entièrement entre les mains du peuple *.
La cour cependant avoit ressenti vivement la retraite du prince de Conti , du duc de Longueville et des
Motteville (tome II, p. 3o3 et 3o4), qui fait ressortir les hésitations du duc de Longueville, et qui ajoute : « Pour le prince de Marcillac, qui étoit de la partie, je ne doute pas qu'il n'allât gaiement au crime de lèse-majesté, et que ce voyage ne lui parût la plus belle et la plus glorieuse action de sa vie. j>