Fit différents effets
2. Les éditions antérieures parlent fomente\ au singulier, ce qui fait un contre-sens.
3. Voyez, à ce sujet, les Mémoires de Retz ^ tome II, p. i5i et suivantes.
4. On sait que Mme de Longueville accoucha à l'Hôtel de Ville (dans la nuit du 28 au 29 janvier) d'un fils dont le duc do la Rochefoucauld passait, avec vraisemblance, pour être le père, et qui fut baptisé par le Coadjuteur sous le nom de Cbarlcs-Paris. Cet « enfant de la Fronde », comme l'appelle V. Cousin (/o Jeunesse de Madame de Longueville^ 3<^ édition, p. 326), périt en 1672, au passage du Rhin.
autres * ; le Cardinal soupçonna qu'elle fût de concert avec Monsieur le Prince '; et, se trouvant trop foihlc pour soutenir de si grandes affaires, il se préparoit à sortir du Royaume ; mais Monsieur le Prince le rassura bientôt, et Taigreur qu'il fit paroître contre M. le prince de Conti, contre Mme de Longucville et contre moi fut si grande, qu'elle ne laissa pas lieu au Cardinal de douter qu'elle ne fût véritable. On prit de nouvelles mesures pour affamer Paris, et le prince de Condé se chargea de Févénement d'une si grande entreprise. Le parti opposé ne négligeoit rien aussi pour sa sûreté. Le duc d'Elbeuf ', gouverneur de Picardie, s'étoit offert le premier au Parlement, et il croyoit trouver de grands avantages en se mettant à la te te du parti. Il a voit de l'esprit et de l'éloquence, mais il étoit vain, intéressé, et peu sur*.
1. M. Moreau, dans sa Bibliographie des Mazarinades (tome II, p. 53), cite un récit « burlesque et sérieux » : Histoire des esprits revenus à Saint-Germain^ où, en face du prince de Condé calme et sans peur, l'auteur représente le duc d'Orléans qui tremble, le maréchal de la Meilleraye parlant de tout brûler, et le maréchal de Gramont toujours prêt à prendre la fuite.
2. c Tous les jours, dit Montglat dans ses Mémoires (tome II, p. i5o), quelqu'un disparoissoit à Saint-Germain,... et dès qu'on étoit un jour sans être vu, on croyoit qu'on s'étoit jeté dans Paris. » Condé lui-même s'étant absenté un instant pour aller visiter un de ses quartiers éloigné d'une demi-lieue, le Cardinal, jusqu'à son retour, fut dans les transes ; il s'imaginait que Monsieur le Prince avait passé à l'ennemi. Voyez au reste, à la suite de l'extrait de Montglat que nous venons de citer, le tableau vraiment comique des défections successives et les noms des principaux transfuges qui s'enfuirent de Saint-Germain à Paris.
3. Sur Charles II de Lorraine, second duc d'Elbeuf, voyez ci-dessus la note 6 de la page 58.
4. a Très-suspect à tous ceux qui le connoissoient, sur le chapitre de la probité », dit Retz (tome II, p. 147), et il ajoute (p. 178 et 179): (( Il a été le premier prince que la pauvreté ait avili; et peutêtre jamais homme n'a eu moins que lui l'art de se faire plaindre dans sa misère. » On lit aussi dans les Carnets de Mazarin (Journal
ii8 MEiMOIRES. [1649]
L'arrivée du prince de Conti et du duc de Longueville lui donna de la jalousie ; il n'osa toutefois s'opposer ouvertement à la confiance qu'on de voit prendre en eux, mais il la traversoit avec beaucoup d'artifice^. Le duc de Bouillon ^ se joignit en même temps aux intérêts du Parlement; j'ai parlé ailleurs' de ses grandes qualités et de son mérite. Le vicomte de Turenne*, son
des savants^ i854, p. 694) • « Pour d'Elbeuf, de l'argent, et qu'il attende, »
1 . Retz raconte au long toutes ces manœuvres , où lui-même joua un rôle fort curieux : voyez le tome II de ses Mémoires^ p. 147 et suivantes.
2. Frédéric-Maurice de la Tour d'Auvergne, prince de Sedan, duc de Bouillon, né en i6o5. — « Dans les brouilleries de la cour en 1648, dit Bussy Rabutin [Mémoires^ tome I, p. 846), quatre ou cinq maisons de gentilshommes crurent que le temps étoit propice pour faire valoir leur chimère de principauté; celle de la Tour en fut une. T) — Le duc de Bouillon était peut-être le plus redoutable de tous les ennemis de Mazarin. Il avait appris la guerre sous ses oncles maternels Maurice et Henri, princes d'Orange. Son mérite était égalé par son ambition, et son ambition était sans cesse aiguillonnée par celle de sa femme, Léonore-Catherine-Féronie de Berg, qui avait un pouvoir absolu sur son esprit. Dans cette maison, on prenait le titre d'Altesse, et le fils aîné portait celui de prince de Sedan. C'était le duc de Bouillon qui avait gagné en 164I1 contre l'armée royale, la bataille de la Marfée, où périt le comte de Soissons. Arrêté, par ordre de Richelieu, en 1642, comme complice de Cinq-Mars, il avait été enfermé à Pierre-Encise et n'avait recouvré sa liberté qu'en cédant au Roi sa principauté de Sedan (pour laquelle il reçut en échange, lors de son accommodement avec la cour en i65i, les duchés d'Albret et de Château-Thierry, et les comtés d'Auvergne et d'Évreux). Il aurait même été décapité sans l'intervention de ses parents, le duc de Nassau et le landgrave de Hesse, alliés précieux pour la France dans sa lutte contre l'Empire et l'Espagne. Il mourut le 9 août i652.
3. Ce mot ailleurs prouve que cette partie des Mémoires a été composée ou revue postérieurement à la suite, où se trouve en effet (p. 427 et 428) un portrait du duc de Bouillon,
4. Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, né en 161 1, mort en 167$ ; il était très-entiché, lui aussi, de principauté.
frCre, étoit uni à lui, et il commandoit rarmce d' Allemagne. Les vertus de ce grand homme sont plus connues par ses actions que par ce que je ponrrois dire ici*, et ce qu'il a fait depuis pour la gloire du Roi et de TÉtat doit effacer la faute que Tintérct du duc de Bouillon et de sa maison et son mécontentement particulier lui firent' commettre en cette rencontre. Il entra dans les liaisons de son frère, et voulut employer rarmce qu'il commandoit pour soutenir le parti de Paris ; mais ses troupes ' suivirent leur devoir, et il fut contraint, poiu' chercher sa sûreté, de se retirer en Hollande *. Le ma-
et très-passionné pour la grandeur de sa maison. Retz dit dans le portrait qu'il trace de lui (tome II, p. 179) : « L'on l'a cru plus capa})Ie d'être à la tête d'une armée que d'un parti, et je le crois aussi, parce qu'il n'étoit pas naturellement entreprenant. Mais toutefois qui le sait ? »