‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 158 sur 610 · Epuisés de · texte numérisé non relu

Epuisés de

5. La Mazarinade qui rend le mieux l'état moral de Paris pendant le blocus de 1649, est celle que M. Moreau cite dans le tome II de sa Bibliographie^ sous le n^ 1619, et qui a pour titre : Le Hazard de la Manque renversé et la consolation des marchands forains. Cette pièce fort curieuse se trouve reproduite en entier dans le tome II (p. 325-33 1) des Variétés historiques et littéraires , de M. Edouard Fournier. « Les esprits les mieux sensés, y est-il dit (p. 33o), protestent hautement que tous nos desseins, nos entreprises, nos assemblées ne sont qu'une véritable comédie — Mais certes, bien que cette comédie soit agréable aux uns, elle est pourtant ennuyeuse aux autres, parce qu'elle dure trop longtemps, et que l'on y laisse briller la chandelle par les deux bouts, et que l'on fait payer double, bien que l'on ne soit placé qu'au parterre. » La même lassitude se montre dans la pièce intitulée : Sur la conférence de Ruel en mars, vers burlesques du sieur S. (Scarron), et qui commence ainsi :

Ma foi, nous en avons dans l'aile.

Les Frondeurs nous la baillent belle.

Maie peste de l'Union !

Le bled ne vient plus qu'en cbarrette.... Nous allons mourir de disette.

[Choix de Mazarinades, tome I, p. 423.)

Le lecteur curieux pourra consulter aussi les Triolets du temps,

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capacité et de la bonne toi de la plupart des généraux, reçurent ramnistie ^ bientôt après.

publies à la date du 4 mars i649i ^^ Courrier burlesque de la guerre {fe Paris, à partir du 19 février (Choix de Mazarmades , tome I, p. ^i(S et suivantes, tome II, p. lafi et suivantes), et les Contents et les Mécontents sur le sujet du temps {Bibliographie, tome I, p. a3l et aSa). Retz avoue lui-même, dans ses Mémoires (tome II, p. 3i3), que, dès le 3 mars, personne ne voulait plus payer les taxes.

I. Le prince de Marcillac figure au nombre des Frondeurs que l'on y comprit expressément. Comme il était retenu au lit par sa blessure, ce fut 3Ime de Longueville qui se chargea de traiter de ses intérêts. Le tome I du Choix de Mazarinades (p. 43 1-436) contient sous ce titre : Demandes des princes et seigneurs qui ont pris les armes avec le parlement et peuple de Paris, une pièce que Mme de Motteville a transcrite en grande partie dans le tome II de ses Mémoires (p. 400-405). « Qu'on accorde, est-il dit dans la Mazarinade, le tabouret à la femme du prince de Marcillac ; qu'on paye audit prince dix-huit mille livres par an qu'on avoit acctatumé de lever pour des fuzeliers en Poitou, quoique lesdits fuzeliers ne subsistent pas. » Marcillac eut la somme (voyez les Mémoires de Mathieu Mole, tome III, p. 487), qu'il avait d'ailleurs bien dû dépenser d'avance; mais sa femme n'eut pas le tabouret.

La Rochefoucauld, ii

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iir.

[Mars 1649 ^ février i65i.] Le * Roi avoit accordé la paix au parlement de Paris

1. Cette partie a paru pour la première fois tout entière, sous le titre : la Prison des Princes^ dans l'édition de 1689. Les éditions précédentes ne contiennent du commencement que quelques lambeaux, insérés çà et là, les uns à peu près textuellement, les autres en résumé, dans un morceau que nous donnons à Vjdppendice et qui est intitulé : Récapitulation de ce que dessus^ avec la Prison des Princes. Pour la suite, à partir de notre page 166, ledit morceau nous offre, en récit suivi, une rédaction première qui se distingue de la nôtre par des lacunes et de nombreuses et souvent considérables variantes. — Entre les parties II et III, il y a dans notre manuscrit D un intervalle d'une page et demie. A la marge se trouve, de la main de l'annotateur, ce titre : la Prison des Princes^ et cette observation : « Ici commencent les Mémoires imprimés, avec quelques différences dans le style seulement. » Cbez Renouard (1804) le litre est : Prison des Princes et Siège de Bordeaux. Les éditeurs de 1826 et de i838, réunissant nos deux parties III et IV, les font précéder simplement de ces mots : Troisième partie (1826), Deuxième partie (i838).

2. Le récit change de nature : dans toute la suite de l'œuvre, l'auteur parle de lui-même, non plus à la première, mais à la troisième personne. A partir d'ici, nous avons, comme il a été dit dans la Notice placée en tête de ce volume, quatre textes des Mémoires (cinq pour la partie III; voyez la note précédente) : d'abord celui que nous offrent la plupart des anciennes copies et les éditions antérieures à i8o4; puis trois modifications de ce texte, dues toutes trois probablement ù la Rochefoucauld lui-même, retouchant successivement son ouvrage. De ces trois retouches la première se rapproche, le plus souvent, beaucoup du texte des anciennes éditions, surtout des éditions qui ont paru de 1689 à 1804 exclusivement, et de la plupart des copies que nous avons pu voir, en particulier de la copie C de la Roche-Guyon; nous la prenons dans le manuscrit Harlay 352 de la Bibliothèque nationale (aujourd'hui Fonds français i5625); la seconde nous a été conservée, de

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et à tout ce qui avoit soutenu la guerre civile* en Tannée 1649, et la plus grande partie^ des peuples Tavoit reçue avec trop de joie pour donner sujet ^ d'appréhender qu'on les put porter une seconde lois à la révolte*. Le cardinal Mazarin, rafiermi par la protection de M. le duc d'Orléans et de Monsieur le Prince, commencoit à ne plus craindre les efiets de la haine publique, et ces deux

la manière que nous allons dire, par la même copie Harlay, et par un très-petit nombre d'autres copies, ayant entre elles , çà et là, de légères différences ; celte seconde rédaction , « avouée par l'auteur, » comme dit le titre du manuscrit Harlay, a été imprimée par les éditeurs de 1804, 1826, t838; la troisième et dernière est celle que nous reproduisons d'après le manuscrit D de la Roche-Guyon. — Nous donnons en note les variantes de ces deux retouches, surtout de la seconde, souvent, au reste, identique avec la première, en indiquant comme source ledit manuscrit Harlay, lequel porte, d'un bout à l'autre, de nombreuses corrections, substituant la seconde rédaction à la première et adoptées, pour la constitution de son texte, par l'éditeur de 1804*. Quant aux textes qui ont paru d'abord 'non sans variantes, il va sans dire) dans les diverses éditions publiées avant 1804, et qui pourraient bien avoir été modifiés, en maint endroit, surtout pour le style, les mots, tours, constructions, par les copistes et les éditeurs, nous en reproduisons, à V Appendice^ un double échantillon ; puis, pour donner partout aux lecteurs curieux de suivre tout le travail de remaniement dont les Mémoires ont été l'objet, quelque idée de cette forme première, moins authentique, nous avons marqué d'un astérisque celles de nos variantes pour lesquelles les anciennes éditions, depuis 1689, sont d'accord avec le manuscrit Harlay, et d'un double astérisque celles où l'accord s'étend aux éditions antérieures (1662-1688).

1. A tous ceux qui avoient pris son parti. {Ms. H, réd. i c? 2.)

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