‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 167 sur 610 · Qu'il auroit. {Ms. H^ réd. i · texte numérisé non relu

Qu'il auroit. {Ms. H^ réd. i

7. Les relations entre le marquis de Flamarens et le prince de Marcillac remontaient au mois de février 1649- Voici ce qu'on lit, à cette date, dans les Mémoires de Jîetz, tome II, p. 290-293 : « Le même jour (24 févrif.r)^ Fiammarin arriva à Paris pour faire un compliment, de la part de M. le duc d'Orléans, à la reine

d'Angleterre, sur la mort du roi son mari Ce fut là le prétexte

du voyage de Fiammarin; en voici la cause. La Rivière, de qui il étoit intime et dépendant, se mit dans l'esprit de lier un commerce, par son moyen, avec M. de la Rochefoucauld, avec lequel Fiammarin avoit aussi beaucoup d'habitude.... Comme M. le cardinal Mazarin faisoit croire à la Rivière que le seul obstacle qu'il

il la trouva (Vautant plus avantageuse à IM. le prince de Conti, que ce prince étant déjà résolu de clianger de condition, on ne lui faisoit rien perdre, en lui conseillant de renoncer au cardinalat * . On oblenoit aussi par cette voie tout ce que la cour refusoit à M. le prince de Conti et au duc de Longueville ; et, ce qui étoit encore plus considérable , c'est qu'en s'attachant Fabbé de la Rivière par un si grand intérêt, on engageoit M. le duc d'Orléans à soutenir, en toutes rencontres", M. le prince de Conti et IMme de Longueville.

trouvoit au cardinalat étoit M. le prince de Conti, Flammarin crut ne pouvoir rendre un service plus considérable à son ami, que de faire une négociation qui pût les disposer à quelque union. Il vit pour cet effet M. de la Rochefoucauld, aussitôt qu'il fut arrivé à Paris, et il n'eut pas beaucoup de peine à le persuader. Il le trouva au lit, très-lncommodé de sa blessure et très-fatigué de la guerre civile. Il dit à Flammarin qu'il n'y étoit entré que malgré lui, et que s'il fût revenu de Poitou deux mois devant le siège de Paris, il eût assurément empêché Mme de Longueville d'entrer dans celte misérable affaire ; mais que je m'étois servi de son absence pour l'y embarquer, et elle et M. le prince de Conti; qu'il avoit trouvé les engagements trop avancés pour les pouvoir rompre ; que sa blessure étoit encore un nouvel obstacle à ses desseins, qui étoient et qui seroient toujours de réunir la maison royale; que ce diable de Coadjuteur ne vouloit point de paix ; qu'il étoit toujours pendu aux oreilles de M. le prince de Conti et de Mme de Longueville, pour en fermer toutes les voles ; que son mal l'empêchoit d'agir auprès d'eux comme il eût fait, et que, sans cette blessure, il feroit tout ce que l'on pourroit désirer de lui. Il prit ensuite avec Flammarin toutes les mesures qui obligèrent depuis, au moins à ce que l'on a cru, M. le prince de Conti à céder sa nomination au cardinalat à la Rivière. »

1. Et il la trouva d'autant plus avantageuse à M. le prince de Conti, qu'il étoit déjà résolu de changer de condition, et qu'ainsi il ne lui faisoit rien perdre en lui conseillant de renoncer à la prétention d'être cardinal. {Ms. H^ réd. i.)

2. * Il obtenoit encore..., et, ce qui étoit le plus considérable, c'étolt qu'en liant l'abbé de la Rivière par son plus grand intérêt, il attachoit par même moyen M. le duc d'Orléans à soutenir en tout temps et en toute rencontre. {Ms. H^ réd. i.)

i4o MEMOIRES. [1649]

Ce traité fut ainsi conclu sans que Monsieur le Prince y eût d'autre part que celle que l'abbé de la Rivière lui en voulut donner * ; et parce qu'il avoit senti ^ le mal que sa division avec sa famille lui avoit causé, il souhaita' de se réconcilier avec Monsieur son frère, avec Madame* sa sœur, et même avec le prince de Marcillac ^. Aussitôt après ^, Monsieur le Prince, pour témoigner qu'il entroit sincèrement dans les intérêts de ses proches, prit un prétexte d'éclater contre le Cardinal, sur ce qu'au préjudice de la parole qu'on en avoit donnée, on refusoit au duc de Longueville le gouvernement du Pontde-l'Arche'. Les Frondeurs en eurent une grande joie*. Mais, soit que Monsieur le Prince ne pût se fier en eux^, ou qu'il ne voulût pas demeurer longtemps mal à la cour, il crut bientôt en avoir assez fait pour le monde, et se raccommoda, huit jours après *% avec le Cardi-

1. Que ce que l'abbé de la Rivière lui en voulut apprendre. (Ms. H, réd. I.)

2. Et d'autant quUl avoit senti. (Ms. B, réd. 1 et 2.) — Voyez à V Appendice^ II, v.

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